Comment la Turquie s'est distinguée

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Les pires années de la crise mondiale sont derrière nous et, pour la communauté internationale dans son ensemble, la Turquie fait partie des pays qui ont réussi à renouer rapidement avec une forte croissance.

Avec des taux de croissance de 9,2 % et 8,5 % en 2010 et 2011, l’économie turque affiche une performance remarquable qui la classe parmi les plus dynamiques au monde. Contrairement à la majorité des pays, la Turquie a réussi à créer 3,7 millions d’emploi depuis le premier trimestre 2009. À quels facteurs doit-elle sa résistance aux impacts de la crise mondiale ? La réponse à cette question n’apparaît pas à travers le seul prisme de la crise. Les progrès de la Turquie sont l’aboutissement de dix années de politiques menées avec détermination pour doter le pays d’une économie de marché stable, dynamique et efficace.

Rétrospectivement, deux domaines de réforme se distinguent comme ayant eu une importance particulière dans la bonne tenue de la Turquie face à la crise : la discipline monétaire et budgétaire d’une part, le renforcement du secteur bancaire d’autre part.

Pour ne pas revivre le triste scénario des années 1990, marquées par des finances publiques en déroute et une forte inflation chronique, nous avons placé la discipline budgétaire au coeur de notre programme. En alliant une discipline budgétaire inscrite dans la durée et des politiques monétaires visant la stabilité, la Turquie a considérablement amélioré la prévisibilité de ses politiques économiques et, par ricochet, la confiance dans l’économie. Cela a eu pour double effet de renforcer la confiance dans notre monnaie et de faire baisser considérablement les coûts d’emprunt, tant pour le secteur public que pour le secteur privé.

Discipline budgétaire, baisse des coûts d’emprunt et forte croissance ont ramené le ratio dette publique/PIB, selon la définition de l’Union européenne, de 74 % en 2002 à 40 % en 2008. L’espace budgétaire dégagé pendant cette période a augmenté notre marge de manoeuvre dans la crise.

Quant au secteur bancaire, sa solidité a été favorisée par une supervision renforcée et par notre cadre réglementaire, qui étaient en place avant la crise. Fort d’un niveau élevé de fonds propres et d’une très bonne rentabilité, il a ainsi pu reprendre rapidement, pendant la crise, ses activités de prêt habituelles.

La mise en oeuvre simultanée de plusieurs trains de mesures a également contribué au rebond rapide de l’économie, en limitant toute perte de confiance pouvant affecter les marchés intérieur et international. Au plus fort de la crise, des politiques de soutien adaptées, bien ciblées et opportunes ont été déployées, avec pour objectifs principaux d’empêcher toute pénurie de liquidité sur les marchés, d’augmenter le degré de confiance des investisseurs et des consommateurs, de limiter les pertes d’emploi, d’améliorer l’employabilité des chômeurs, de soutenir la recherche d’emploi et de faciliter l’accès à l’assurance-chômage.

Conscients qu’il importe de maintenir ce cap positif, nous avons annoncé en septembre 2009 un programme à moyen terme qui assurait la discipline budgétaire et la stabilité des prix. Notre ambition affirmée d’inscrire l’action publique de la Turquie dans une perspective à plus long terme a dynamisé la confiance des investisseurs et des consommateurs, ce qui a favorisé une hausse de la demande intérieure et de l’emploi. Le cercle vertueux que la Turquie a su créer entre croissance et création d’emploi a contribué au vigoureux rebond du pays après la crise mondiale.

Dans plusieurs domaines, la Turquie a réussi à surpasser de nombreux pays pendant la crise, et notre principal objectif aujourd’hui est de poursuivre sur cette voie en renforçant notre position. Notre stabilité de ces dix dernières années nous permet d’envisager des objectifs et des plans d’action à long terme. Nous allons poursuivre nos réformes pour renforcer la compétitivité et la flexibilité de l’économie turque et ainsi pérenniser et même accroître la prospérité du pays.

Voir www.mfa.gov.tr

Voir http://oecd.org/Turquie

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 290-291 T1-T2 2012




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