Femmes entrepreneurs : plus de pouvoir pour vous

Cherie Blair ©OCDE

Les discriminations à l’encontre des femmes nous pénalisent tous. Comme l’explique Cherie Blair, fondatrice de la Cherie Blair Foundation for Women, les femmes chefs d’entreprise sont une ressource économique que les pays, riches ou pauvres, ne devraient pas négliger.

Dans le monde entier, les femmes sont de plus en plus nombreuses à se mettre à leur compte et à créer leur entreprise. Dans les pays de l’OCDE, la création d’entreprise est majoritairement féminine. Le nombre des femmes titulaires d’au moins une licence a également augmenté à l’échelle mondiale. Le Printemps arabe et l’intérêt croissant pour les droits des femmes à travers le monde ont mis en lumière l’importance de l’autonomisation économique des femmes. Mais il reste beaucoup à faire.

Si aucun pays n’est parvenu à instaurer la parité des revenus entre les hommes et les femmes (dans l’UE, aux États-Unis et au Royaume-Uni, par exemple, l’écart de revenus est d’environ 20 %), les écarts entre les sexes sont beaucoup plus importants dans les pays en développement. Cet aspect est toutefois secondaire comparé aux nombreuses autres discriminations qui frappent les femmes. Celles-ci ont deux fois plus de risques de vivre dans la pauvreté, deux adultes illettrés sur trois sont des femmes, et moins de 2 % des terres mondiales appartiennent à des femmes. Cette situation a des conséquences désastreuses, non seulement sur les femmes et leur famille, mais également sur la santé et la prospérité de l’ensemble de la société.

Certaines inégalités s’enracinent aussi dans de nombreux systèmes judiciaires. Comme le dénonce ONU Femmes, les femmes ont plus de risques d’être au chômage, ou de travailler dans le secteur informel sans sécurité de l’emploi. Les femmes qui souhaitent améliorer leur condition économique ont plus de difficultés que les hommes à accéder aux connaissances, aux réseaux, aux financements et à l’éducation, selon le Rapport sur le développement dans le monde 2012 de la Banque mondiale. Les entreprises dirigées par des femmes sont beaucoup moins nombreuses, plus petites, et ont du mal à se développer.

Pourquoi est-ce un problème ? Pourquoi est-il si essentiel que les femmes puissent travailler, s’émanciper sur le plan économique et être en mesure de gagner leur vie ? Parce que des études montrent que, contrairement aux hommes, les femmes réinjectent 90 % de leurs revenus dans leur famille et leur communauté. Lorsqu’une femme est financièrement indépendante, toute sa famille en bénéficie. En prenant les décisions financières au sein de son foyer, elle est davantage maîtresse de sa vie et de celle de ses enfants. Le fait même de percevoir un salaire donne aux femmes un statut, leur permet de mieux se faire entendre au sein de leur communauté, de lutter contre les injustices et les discriminations, et d’oeuvrer en faveur de la santé et de l’éducation. Bref, des femmes autonomes peuvent changer la société, et le font.

J’ai pu constater l’ampleur des ressources gaspillées, ainsi que le rôle que peuvent jouer les femmes si elles en ont la possibilité. Au cours des déplacements que j’ai eu la chance d’effectuer lorsque mon époux était Premier ministre, parfois en sa compagnie et parfois seule, j’ai pu rencontrer des personnes, dont beaucoup de femmes, que je n’aurais sinon jamais rencontrées. J’ai connu des femmes entrepreneurs extrêmement motivées qui, malgré les préjugés et les difficultés pour obtenir des prêts, parviennent aujourd’hui à subvenir aux besoins de leur famille, à investir dans leur communauté et à dynamiser la croissance économique de leur pays. Mais ces femmes ne sont pas assez nombreuses.

C’est pourquoi j’ai créé la Cherie Blair Foundation for Women, qui soutient les femmes chefs d’entreprise au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, et c’est pourquoi je suis décidée à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour aider les femmes à vaincre les préjugés et à venir à bout des obstacles qui les empêchent de créer leur propre entreprise.

Je crois par ailleurs qu’un véritable changement à l’échelle mondiale nécessite que nous allions au-delà de la microfinance, et que nous soutenions davantage le développement des entreprises dirigées par des femmes. Trop souvent encore, les femmes sont considérées avec commisération. Les organismes d’aide s’intéressent généralement aux plus défavorisées ou à certaines « femmes remarquables » trop méconnues, alors que celles qui se trouvent dans une situation intermédiaire ne sont que rarement l’objet des stratégies de développement.

Ensemble, nous devons redoubler d’efforts pour soutenir ces femmes qui tentent de faire évoluer leur condition et de réaliser leur potentiel sur le marché du travail. Ce n’est qu’avec l’engagement et la participation de tous les secteurs que nous pourrons y parvenir. Nous devons réclamer le changement haut et fort.

L’Initiative de l’OCDE pour la parité et le Sommet 2011 des filles du G20 sont d’excellents exemples d’initiatives allant dans ce sens. Les recherches et les débats concrets menés dans le cadre de l’Initiative de l’OCDE sont explicitement axés sur la diversité dans les postes de direction et sur l’entrepreneuriat. Le Sommet des filles permet pour sa part à des individus et des organismes de mettre en commun leurs ressources au service de l’autonomisation des femmes et des filles.

Dans le contexte économique actuel, nous avons plus que jamais besoin de nouvelles sources de création d’emplois et de richesse. Nous ne pouvons nous permettre d’exclure la moitié de la population mondiale. Et les avantages de l’émancipation économique des femmes sont évidents.

Nous devons profiter de l’élan actuel pour oeuvrer ensemble à l’élaboration d’une solution coordonnée à l’échelle mondiale. Aucun organisme, gouvernement ou entreprise ne peut relever seul ce défi, qui nécessite une coopération par-delà les frontières et les secteurs. Il est temps d’agir.

Lien recommandé

Cherie Blair Foundation for Women : www.cherieblairfoundation.org

Voir www.wikigender.org 

Pour plus d’informations, rejoignez-nous sur www.oecd.org/annuel

©L’Annuel de l’OCDE 2012




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