Des politiques de l'eau durables

©Alfredo Guerrero/Notimex/AFP

L’Observateur de l’OCDE : Vous lancez l’Agenda de l’Eau 2030. À quels besoins ces réformes répondent-elles ?

Marco Antonio Velázquez Holguín : Au Mexique, le secteur de l’eau est confronté à un certain nombre d’enjeux : l’inégale distribution de l’eau à travers le pays, la dynamique des populations, le développement d’activités économiques, l’urbanisme sauvage, la dégradation des sources hydriques, la surexploitation des aquifères, les inondations et les sécheresses. Ces facteurs menacent la durabilité de nos ressources en eau. L’Agenda de l’Eau 2030 cible ces problèmes et pose les bases d’une gestion intégrée et durable de l’eau pour guider notre action sur le long terme.

Quels en sont les grands thèmes ?

L’Agenda de l’Eau 2030 est un outil visant à approfondir et consolider les politiques de gestion durable de l’eau qui ont commencé à apparaître dans notre pays au début des années 2000. Son objectif prioritaire : réussir, en 20 ans, à doter le Mexique de réserves d’eau non polluées, d’aquifères et de bassins hydrauliques équilibrés, à garantir l’accès universel à l’eau potable et aux services d’assainissement, et à protéger les zones habitées des inondations. Notre programme se fonde sur une analyse prospective de la situation dans le secteur de l’eau d’ici à 2030 pour définir les initiatives à mettre en oeuvre si nous voulons réformer le fonctionnement institutionnel et nous donner les moyens d’atteindre nos objectifs. L’Agenda de l’Eau 2030 vise à consolider notre politique de durabilité.

De tous les défis à relever, quels sont les plus pressants ?

J’en citerais quatre. Le premier est l’équilibre entre l’offre et la demande en eau : d’après les estimations, en 2030, l’écart entre offre et demande devrait atteindre 23 milliards de mètres cubes. Pour pallier ce problème en amont, des solutions techniquement réalisables et offrant le meilleur rapport coût-bénéfice ont été avancées, consistant notamment à améliorer l’efficacité de tous les usages de l’eau et à construire de nouvelles infrastructures.

Notre deuxième défi concerne la salubrité de nos réserves en eau. En 2030, nos infrastructures devront traiter 7,2 milliards de mètres cubes d’eau, ce qui revient à combler un écart de 4,3 milliards de mètres cubes.

Notre troisième défi est l’accès universel à l’eau. En 2030, 37 millions d’habitants supplémentaires devront bénéficier de ces services. Concernant les services d’assainissement, notre objectif est de 40,5 millions d’habitants supplémentaires.

Enfin, le quatrième défi est de sécuriser les zones d’habitation, notamment par des collecteurs d’eau pluviale et des ouvrages de protection contre les inondations.

De quels modèles vous êtes-vous inspirés ?

Avec la création de la Commission nationale d’irrigation en 1926, la politique du Mexique en matière d’eau a mis le cap sur l’augmentation de la distribution d’eau, pour divers usages, par la construction d’infrastructures. Dans les années 1980, le modèle étant devenu obsolète, il a été progressivement remplacé par un nouveau modèle, tourné vers un contrôle renforcé de la demande. Si ces politiques ont apporté une réponse satisfaisante aux besoins en eau du pays, elles ont aussi dû composer avec de sérieux problèmes hérités du passé, une réalité qui a incité le Mexique à placer la durabilité au coeur de sa politique de l’eau. Cette nouvelle orientation a entraîné une hausse des investissements dans les centres de traitement des eaux usées, dans le remplacement des sources d’alimentation en eau et dans la modernisation technologique des systèmes d’irrigation agricoles. Elle a aussi favorisé l’élaboration de normes sur les flux environnementaux et des études sur l’impact du changement climatique et l’atténuation de ses effets.

En quoi l’OCDE peut-elle vous aider ?

Pour que la propreté des réserves d’eau, l’équilibre entre l’offre et la demande, l’accès universel à l’eau et la protection contre les inondations deviennent réalité, l’Agenda de l’Eau 2030 prône une stratégie générale fondée sur deux axes :

a) Garantir que toutes les réserves du pays disposent d’une structure de gouvernance saine et capable de gérer les ressources en eau, en coresponsabilité et de manière durable.

b) Garantir une répartition des compétences plus équilibrée pour renforcer, réguler et offrir les services d’eau et d’assainissement nécessaires, avec une responsabilité reposant sur les trois branches du gouvernement, et pour que le système national de gestion des ressources en eau soit le plus équilibré possible et réponde aux défis actuels et futurs.

La participation des experts de l’OCDE aux travaux préparatoires des études et événements tournés vers les objectifs de l’Agenda de l’Eau 2030 serait un soutien précieux pour la Commission nationale de l’Eau du Mexique.

Voir www.conagua.gob.mx

Voir aussi www.oecd.org/fr/mexique/                        et www.oecd.org/fr/environnement/ressources/

©L'Observateur de l'OCDE n° 286 T3 2011




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016