Pour une eau propre et salubre

©Reuters/Claro Cortes

L’eau est indispensable à la vie. Pourtant, des millions de personnes restent privées d’accès à un approvisionnement régulier en eau potable. Dans les années à venir, l’accroissement de la population mondiale ne fera qu’accentuer les pressions exercées sur cette ressource, qui n’est pas inépuisable. Comment faire meilleur usage de ce bien précieux ?

« Il faut boire l’eau en pensant à la source », dit un proverbe chinois. Mais à l’échelle planétaire, comment s’assurer qu’il y a suffisamment d’eau pour répondre aux besoins des cultures, du bétail, des procédés industriels et aussi, bien entendu, pour étancher notre soif, nous laver, laver nos vêtements et notre vaisselle ?

Aujourd’hui, beaucoup de gens sont confrontés à des problèmes d’accès à l’eau. Certaines régions de l’OCDE et de nombreux pays non membres connaissent déjà de sérieuses pénuries. Compte tenu de la croissance démographique, près de la moitié des habitants de la planète, soit presque 4 milliards d’individus, devraient vivre dans des régions soumises à un fort stress hydrique en 2030, principalement dans les pays non membres de l’OCDE.

Alors que faire ? Si l’eau est une ressource précieuse, l’une des solutions est de l’évaluer à son juste prix. L’agriculture représente aujourd’hui 70 % de la consommation mondiale d’eau. Or, dans de nombreux pays de l’OCDE, l’eau à usage agricole est subventionnée. Dans ces conditions, les exploitants sont peut-être moins soucieux d’éviter les gaspillages et d’employer l’eau de façon rationnelle que s’ils payaient un prix plus réaliste. L’agriculture mondiale devra relever un formidable défi au cours des 40 prochaines années : produire près de 50 % de denrées supplémentaires d’ici 2030 et doubler la production d’ici 2050. L’urbanisation galopante, l’industrialisation et le changement climatique rendent indispensable une gestion efficiente de l’eau.

Cela vaut aussi pour la consommation d’eau des ménages dans les pays développés. Comment connaître votre véritable consommation si l’eau coule à flot dès que vous ouvrez le robinet ? La réponse est double : sensibilisation et tarification. Les études de l’OCDE montrent que la consommation baisse de 20 % lorsque l’on passe d’une redevance forfaitaire à la facturation de l’eau réellement consommée. Les autorités peuvent prescrire des mesures simples : signaler les machines à laver économes, voire accorder une réduction d’impôt à leurs acheteurs ; faire connaître le volume d’eau économisé en fermant le robinet pendant le brossage des dents ; ou encore n’autoriser à la vente et à l’installation que les chasses d’eau à double débit. La solution passe donc aussi par la sensibilisation : les usagers doivent savoir qu’ils peuvent faire avancer les choses.

Et que faire pour les milliards d’habitants des pays en développement qui peinent à trouver de l’eau potable et risquent la maladie, voire la mort, en consommant de l’eau insalubre ou la contamination par des déchets non traités ? L’infrastructure hydrique coûte cher et sa réalisation peut prendre des années, mais les retombées sont considérables.

Prenons l’exemple de Salvador, ville de 2,5 millions d’habitants, au nord-est du Brésil. Le raccordement au réseau d’assainissement des neuf dixièmes de la ville en dix ans a fait baisser l’incidence des maladies diarrhéiques chez les enfants de 22 %, et de près de 50 % dans les quartiers qui étaient les plus affectés.

Si la réalisation des infrastructures est longue et coûteuse, de simples gestes peuvent aussi contribuer à relever le défi de l’eau potable. Tandis que des additifs permettent de rendre l’eau potable, des millions de personnes apprennent à se servir de l’énergie solaire. Avec la méthode SODIS, recommandée pour son efficacité par l’Organisation mondiale de la santé, il suffit de verser l’eau dans une bouteille en plastique propre et de l’exposer au soleil pour détruire les germes responsables des maladies diarrhéiques et rendre ainsi l’eau potable. Une méthode à la fois simple et écologique.

Parallèlement, dans les pays développés, il faut entretenir et renouveler les infrastructures existantes, et réduire le gaspillage de l’eau. Ces vingt prochaines années, les États-Unis devront dépenser 23 milliards de dollars par an pour que leur infrastructure hydrique reste conforme aux normes sanitaires et environnementales. Le Royaume-Uni et le Japon devront quant à eux augmenter leurs dépenses consacrées à l’eau de 20 à 40 % pour répondre aux besoins urgents de rénovation et de modernisation des infrastructures.

Voir www.sodis.ch/index_FR et  www.oecd.org/eau

©L'Observateur de l'OCDE n° 286 T3 2011




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