Elèves dans les limbes

Ayant enseigné au Texas pendant 25 ans, je pense bien connaître les questions abordées ici, en particulier à propos de l’enseignement public dans mon État (« Lessons in resilience from PISA » sur OECD insights). J’applaudis l’idée d’Andreas Schleicher selon laquelle, pour avoir des « élèves résilients », la meilleure chose à faire est d’accroître l’aptitude des enseignants à motiver les élèves.

Pour moi, cela ne fait pas de doute : la motivation, quelle qu’en soit l’origine, est la clé du succès pour tout élève.

Il ne fait aucun doute non plus, mais peut-être suis-je très américaine à ce sujet, que la motivation des élèves vient en grande partie de leur culture : la valeur que les parents attachent à l’éducation, la motivation intrinsèque des élèves, l’influence plus ou moins forte du « c’est nul d’être un intello », qui existe dans de très nombreux établissements, l’encouragement ou non des élèves par leurs profs, le personnel éducatif, leurs parents et leurs amis à choisir les parcours les plus exigeants, ou la force des réflexes du type : « Fais espagnol, c’est plus facile que le français ». J’applaudis tous les efforts qui viseraient à aider les profs à motiver leurs élèves.

J’ai toujours aimé enseigner. La matière que j’enseigne me passionne. Je suis certaine d’avoir réussi, parfois, à pousser certains de mes élèves vers le haut. L’une d’entre eux est devenue prof à son tour et m’a dit que c’était grâce à ce que je lui avais transmis. Hélas, ce type d’écho est rare.

Je suis aujourd’hui à la retraite, mais je viens d’achever sept semaines de remplacement du jeune professeur qui me succède. Ce fut très enthousiasmant et revigorant de retrouver une salle de classe, mais cela m’a aussi rappelé que l’une des raisons de mon départ à la retraite était l’absence d’intérêt de tant d’élèves ; ils n’aiment pas apprendre. C’est désolant, en particulier parce que ce sont presque toujours les même élèves qui causent tant de problèmes de discipline en cours.

Tout l’enseignement public aux États-Unis n’est pas mauvais. Les élèves des programmes advanced placement et international baccalaureate sont en général très bien préparés.

Ce qui continue à m’inquiéter, ce sont les élèves du milieu… Les « élèves moyens », qui deviennent les exemples ou les mentors des élèves moins doués dans la « filière générale », tandis que les plus doués sont placés dans les programmes avancés mentionnés plus haut. En d’autres termes, le système offre beaucoup aux élèves de haut niveau et s’occupe bien des élèves en grande difficulté, mais il laisse souvent les élèves moyens dans les limbes. Il est dès lors aisé de comprendre pourquoi ils ne sont pas toujours très résilients.

June Ebert

Voir www.oecd.org/pisa

Voir aussi www.oecd.org/education-fr

©L'Observateur de l'OCDE n° 285, T2 2011




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