©Jack Guez/AFP

Faire fructifier la manne touristique

Israël est un lieu de villégiature apprécié, grâce à ses attractions culturelles et historiques, mais aussi pour les loisirs. Certains défis demeurent néanmoins.

Le tourisme en Israël a connu une forte croissance depuis 2006, grâce à une stabilité accrue, la croissance économique, un large effort de promotion et un intérêt mondial grandissant pour Israël en tant que destination touristique exceptionnelle. Selon l’Organisation mondiale du tourisme, la croissance du secteur s’est élevée à 12 % en moyenne ces trois dernières années, et le ministère du Tourisme estime que les revenus du secteur représentent près de 2 % du PIB.

Le directeur de l’hôtel David Intercontinental décrit un arc de cercle au-dessus du bleu de la Méditerranée, puis de la ligne de gratte-ciels qui bordent le rivage au nord de Tel Aviv. « Vous me demandez pourquoi le tourisme devrait progresser ici ? Et pourquoi pas ? Voyez vous-même : le soleil, la mer qui longe des plages de sable fin, et une économie florissante ! », s’exclame David Cohen.

Son homologue au Sheraton, quelques kilomètres plus au nord, est tout aussi confiant. « Notre taux d’occupation ? Supérieur à 80 % en moyenne, et en haute saison, pour juillet-août, l’hôtel est complet ! La croissance devrait se maintenir entre 10 % et 15 % par an », explique Jean-Louis Ripoche, qui dirige l’hôtel. Le Sheraton prévoit de construire de nouveaux hôtels à Tel Aviv et à Jérusalem, notamment un hôtel-boutique haut de gamme à Jaffa, le premier équipé d’une cuisine non cachère.

Le ministère du Tourisme ne cache pas son enthousiasme : « 2010 a été une année record, avec 4,3 milliards de dollars de chiffre d’affaire pour le tourisme, près de quatre fois plus qu’en 2002, où il s’élevait à 1,2 milliards de dollars », explique le ministre du Tourisme, Stas Misezhnikov.

D’ici à 2015, le ministère du Tourisme estime que les revenus du secteur auront grimpé de 43 %, pour atteindre 6,1 milliards de dollars, issus de quelque cinq millions de visiteurs. Quel est le moteur de cette croissance ? Les spécialistes du secteur citent de nombreuses raisons.

Tout d’abord, Israël a l’indéniable avantage d’abriter plusieurs lieux sacrés des religions du Livre. Le pays tire parti du tourisme religieux, et plusieurs projets dans ce domaine sont mis en place ou prévus.

L’essor économique est un autre facteur puissant. Les voyageurs d’affaires représentent une bonne partie des touristes en provenance de l’étranger, et la demande croissante dans les secteurs de l’ingénierie, des industries de pointe et des industries vertes devrait entraîner une augmentation des déplacements des cadres.

Le tourisme est également alimenté par les marchés émergents. Pour développer le nombre de visites, Israël a conclu des accords de coopération avec plus de 30 pays émergents ou non, et les résultats ont été positifs. Le ministre Stas Misezhnikov note qu’« il y a eu une augmentation significative du nombre de visiteurs russes en Israël depuis 2005, et nous voyons maintenant arriver de plus en plus de touristes en provenance d’Amérique du Sud, d’Europe centrale et d’Extrême-Orient. »

Israël présente une concentration unique de sites historiques, culturels, religieux et naturels ; c’est aussi l’une des destinations les plus développées de la région, dotée d’une infrastructure moderne et offrant une grande variété de services et d’installations.

Depuis quelques années, le pays jouit d’une certaine prospérité et d’une certaine stabilité, mais il lui reste à faire évoluer les perceptions, en particulier concernant la sécurité. Pour M. Misezhnikov, « nos visiteurs potentiels gardent certaines idées reçues sur la sécurité. Nous dépensons plus de 55 millions de dollars chaque année pour nous positionner en tant que destination touristique attrayante et exceptionnelle. C’est un processus lent, cumulatif, qui nous permettra à terme d’atteindre nos objectifs. »

Israël souffre en outre de la réputation d’être une destination relativement chère par rapport aux autres pays méditerranéens comme la Turquie, le Maroc ou la Tunisie. À l’opposé, Israël impressionne par l’excellence de ses infrastructures et de ses services, de même que par sa cuisine raffinée et ses sites magnifiques, un cocktail qui garantit d’en avoir pour son argent.

Quelques obstacles demeurent cependant, comme l’insuffisance du trafic aérien ou du nombre de lits disponibles. Les restrictions en matière de construction à Tel Aviv ont ralenti la croissance hôtelière, expliquent les directeurs du Sheraton et du David Intercontinental. « Il faut aussi prendre en compte l’explosion de l’immobilier », ajoute Jean-Louis Ripoche. « Ce n’est pas bon pour l’investissement hôtelier ou les prix des chambres ». Voilà sans doute pourquoi il n’y a pas eu de construction de nouveaux grands hôtels ces quinze dernières années.

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Mais le problème qui menace le plus le développement touristique d’Israël est celui des récents événements politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, à l’issue incertaine, qui pourraient limiter le développement touristique à court et à moyen terme.

Néanmoins, le ministère du Tourisme continue à encourager les investisseurs. Israël dispose aujourd’hui de plus de 400 hôtels offrant plus de 42 000 chambres. Huit nouveaux hôtels sont en cours de construction, à Jérusalem, Herzliya, Ashdod, Netanya, Rehovot, Nazareth et Mitzpe Ramon.

Dans l’ensemble, l’augmentation du nombre des visiteurs étrangers de ces dernières années et la croissance soutenue du chiffre d’affaire du secteur laissent entrevoir un bel avenir à l’industrie du tourisme en Israël. Selon Alain Dupeyras, chef de l’unité Tourisme au sein du centre de l’OCDE pour l’Entrepreneuriat, les PME et le Développement local, « l’ouverture du ciel israélien aux compagnies aériennes low-cost stimulera sans doute puissamment le tourisme en Israël. »

Mediaside

Références

OCDE (2010), Tendances et politiques du tourisme de l’OCDE 2010, Paris

OCDE (2009), L’impact de la culture sur le tourisme, Paris

OCDE (2006), Innovation and Growth in Tourism, Paris

Voir le site du Ministère du Tourisme israélien : www.goisrael.com/Tourism_Fra

Voir aussi www.oecd.org/israel-fr

©L’Observateur de l’OCDE n°285, T2 2011




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