La stratégie économique d'Israël

Entretien avec Yuval Steinitz, Ministre des Finances d’Israël

©OCDE

Il y a un an, à la réunion 2010 du Conseil de l’OCDE au niveau des Ministres, Israël a été formellement invité à devenir membre de l’OCDE, au terme de trois ans de négociations d’adhésion. Peu après, en septembre 2010, Israël est officiellement devenu le 33e pays membre de l’organisation. L’Observateur de l’OCDE a recueilli le point de vue du ministre israélien des Finances, Yuval Steinitz, sur les défis économiques de son pays. 

L’Observateur de l’OCDE : Quels sont les grands défis économiques actuels pour Israël ?

Yuval Steinitz : Nos principaux défis sont l’intensification de la concurrence pour nos exportations, les performances insuffisantes de notre système éducatif et les inégalités de revenus, relativement fortes. Dans notre budget 2011-2012, nous nous efforçons d’améliorer l’éducation, la santé et la protection sociale. En outre, ce budget vise à favoriser le secteur des hautes technologies, à renforcer la croissance et à améliorer l’intégration des Juifs ultra-orthodoxes (les Haredim) et des Arabes Israéliens à la population active. Les dépenses publiques devraient augmenter de 2,6 % en 2011 ainsi qu’en 2012, du fait des nouvelles règles budgétaires. 

Quelles sont vos priorités stratégiques ?

Nous continuons de mettre l’accent sur les mesures favorisant une croissance économique vigoureuse, une progression du taux d’activité, une amélioration du système éducatif et une réduction des écarts de revenus entre le centre du pays et les régions périphériques. En outre, nous élaborons actuellement une stratégie budgétaire à long terme autour de plusieurs axes :

• L’éducation, qui sera le moteur de notre croissance à long terme ;

• L’encouragement des ultra-orthodoxes et des Arabes Israéliens à intégrer davantage le marché du travail, en les aidant à acquérir compétences et opportunités d’emploi ;

 • La stimulation de l’esprit d’entreprise en réduisant les lourdeurs administratives et en rationalisant la réglementation ;

• L’investissement de plusieurs milliards de shekels dans les infrastructures de transport, y compris les routes et les chemins de fer, avec le souci particulier de relier la Galilée au Néguev.

En quoi adhérer à l’OCDE était important pour Israël et qu’est-ce que cette adhésion peut lui apporter ?

Notre adhésion à l’OCDE a déjà engendré des progrès économiques et amélioré l’image économique de notre pays. Cela a aussi été bénéfique au fonctionnement de plusieurs secteurs de la société et de l’économie israéliennes – notamment l’environnement, l’éducation et l’emploi. Notre modernisation et nos progrès constants s’inscrivent dans notre engagement à participer aux examens par les pairs de l’OCDE, ainsi qu’à aligner notre politique de réglementation sur les normes de l’organisation.

Le processus d’adhésion à l’OCDE nous a déjà encouragés à adopter diverses normes et réformes. Nous prenons appui sur l’expérience des pays membres lorsque nous formulons nos politiques et lorsque nous les appliquons, en matière environnementale, par exemple. Le fait d’être membre de l’OCDE est un facteur d’amélioration continue de l’efficience des pouvoirs publics, notamment grâce aux rapports annuels, aux examens par les pairs et aux riches compétences de l’organisation. Nous entendons tirer pleinement profit de ce que l’OCDE a à nous offrir. L’OCDE est aussi un forum unique en son genre, où nous pouvons étudier nos expériences et pratiques exemplaires respectives et trouver des solutions à des problèmes communs.

L’OCDE célèbre cette année son 50e anniversaire. Selon vous, que peut apporter Israël à l’organisation dans les années qui viennent ?

Israël partage avec les autres pays membres les valeurs fondamentales d’une économie de marché ouverte et du pluralisme démocratique. Notre pays compte le plus grand nombre de scientifiques, d’ingénieurs et de start-up technologiques par habitant, et connaît les plus fortes dépenses de R-D par habitant. Grâce à ses réalisations dans les technologies de l’information, la gestion de l’eau, la biotechnologie industrielle et l’agriculture fondée sur la connaissance, Israël peut contribuer à rehausser le niveau de vie par l’innovation. Nous croyons aussi que les autres pays de l’OCDE peuvent s’inspirer de nos mécanismes budgétaires modernes et novateurs – y compris notre nouveau modèle de budget biennal. Nous espérons aussi contribuer activement aux groupes de travail de l’OCDE sur une variété de sujets.

De manière plus générale, quels sont pour vous les grands enjeux économiques mondiaux ?

À court terme, les risques de détérioration de la situation restent préoccupants, en particulier concernant les finances publiques à l’échelle mondiale, l’incertitude liée à un abandon prématuré des politiques budgétaires et monétaires expansionnistes et, enfin, la possibilité d’une accélération de l’inflation et d’un renchérissement des produits de base. Par ailleurs, nous surveillons étroitement les tensions encore présentes dans le secteur financier ainsi que les déséquilibres de l’économie mondiale.

Pour en savoir plus sur l’invitation d’adhésion d’Israël à l’OCDE, voir www.oecd.org/mcm2010-fr et www.oecd.org/adhesion

Voir aussi www.finance.gov.il

Pour marquer le premier anniversaire de son adhésion à

l’OCDE, un dossier spécial sur l’économie d’Israël paraîtra dans L’Observateur de l’OCDE n° 285, T2 2011

©L’Observateur de l’OCDE n° 284 T1 2011 

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