50 ans d’échanges et de coopération : travaux en cours

Le Canada est une nation de commerce. Ce pays vaste, riche en ressources naturelles et relativement peu peuplé, a des prédispositions naturelles pour le commerce. Mais le Canada a su aussi exploiter ce potentiel et peut aujourd’hui s’enorgueillir d’une main-d’oeuvre hautement qualifiée et diplômée, d’une infrastructure physique et financière bien développée, d’un cadre réglementaire transparent et prévisible et d’un degré élevé d’ouverture au commerce et à l’investissement.

Le pays jouit par conséquent d’une activité commerciale dynamique, les exportations comme les importations dépassant 500 milliards de dollars par an. Le stock d’investissement direct étranger au Canada croît encore plus vite que les échanges et s’établit actuellement à plus de 500 milliards de dollars, tandis que les investissements directs canadiens à l’étranger sont un peu plus élevés. Le PIB par habitant avoisine 40 000 dollars, contre une moyenne de 34 000 dollars pour la zone OCDE, et le chômage, qui touchait 6,5 % de la population active avant la crise, a culminé à 8 % en 2010.

La performance économique récente du Canada est encore plus impressionnante compte tenu de la crise économique mondiale. Toutefois, le succès passé n’est pas un gage de réussite pour l’avenir, et le paysage mondial évolue rapidement. Le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie répondent peut-être mieux à la définition d’économies émergées que d’économies émergentes, tandis qu’un certain nombre d’autres pays en développement, en particulier en Asie, commencent eux-mêmes à émerger. Quant aux pays développés – notamment ceux de l’Union européenne, le Japon et les États-Unis, ainsi que le Canada – ils s’adaptent aux mutations que ces évolutions induisent.

La mondialisation entraîne une fragmentation internationale de la production et des chaînes de valeur mondiales. Les entreprises externalisent et délocalisent pour optimiser leur production, réduire leurs coûts et, de manière générale, améliorer leur compétitivité. Les biens et services intermédiaires – utilisés pour d’autres productions – constituent aujourd’hui la majeure partie des flux commerciaux, représentant 56 % des échanges de produits et 73 % des échanges de services dans la zone OCDE. Cela a des conséquences énormes. Les obstacles à l’importation destinés à préserver les emplois nationaux empêchent les entreprises d’accéder aux biens, aux services et au savoir-faire dont elles ont besoin pour soutenir la concurrence internationale ; les barrières commerciales, loin de protéger les emplois, les font disparaître. Les décideurs publics doivent reconnaître les avantages induits aussi bien par les importations que par les exportations.

C’est ce que fait le régime canadien de droits de douane applicable aux produits agricoles et industriels, avec des droits moyens généralement inférieurs à 3 % et plus de deux tiers des lignes tarifaires bénéficiant d’un taux nul. Il y a toutefois des exceptions qui méritent attention, notamment les produits agricoles soumis à la gestion de l’offre, pour lesquels les droits de douane peuvent dépasser 100 %, et certains produits agricoles et industriels, dont les droits de douane augmentent suivant le degré de transformation. Le Canada a toujours participé activement aux travaux de l’OCDE sur les échanges et l’agriculture, et ces questions ont été examinées de près. Il existe déjà une somme considérable d’études sur le développement d’autres types possibles de politiques agricoles qui iraient dans le sens des intérêts nationaux du Canada sans restreindre les échanges.

Le Canada participe également aux travaux de l’OCDE sur les échanges de services. Comme dans de nombreuses économies développées, le secteur des services au Canada a pris de l’ampleur ces 50 dernières années et représente aujourd’hui près de trois quarts de l’activité économique et près de la moitié de l’emploi.

Pourtant, à l’échelle mondiale, la part des services dans le commerce international reste stationnaire, à des niveaux relativement bas. Contrairement aux droits de douane appliqués aux frontières, les mesures visant les activités de services opèrent « à l’intérieur des frontières » et sont difficilement quantifiables : il s’agit notamment d’obstacles à l’établissement commercial, sous forme de limitations des participations étrangères et d’obligations de créer des co-entreprises, ou d’obligations d’enregistrement et de procédures d’octroi de licences à caractère discriminatoire. On sait donc peu de choses des effets des différentes politiques dans les divers secteurs de services et selon les pays. Le Canada apporte un fort soutien aux travaux lancés récemment à l’OCDE en vue de remédier à ce manque d’informations. Notre objectif est d’établir un « indice de restrictivité pour les échanges de services », étayé par une base de données sur les réglementations. Cet outil fournirait aux décideurs les informations permettant d’identifier les obstacles, d’améliorer le contexte dans lequel s’exerce l’action publique et de mener des négociations multilatérales en vue de libéraliser les échanges de services. Ces travaux ne sont possibles qu’avec la participation pleine et active des principaux fournisseurs de services du monde.

Ce ne sont là que deux domaines sur lesquels le Canada et l’OCDE travaillent en étroite collaboration depuis des années, dans l’intérêt mutuel du Canada et de l’économie mondiale. Les échanges semblant devoir gagner encore en importance comme moteurs du progrès mondial dans les années à venir, un renforcement de la coopération internationale permettra d’accroître encore les avantages de l’expansion des échanges pour tous.

Voir www.oecd.org/tad-fr et www.oecd.org/fr/canada/

©L'Observateur de l'OCDE n° 284, mai 2011




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