Bâtir l’avenir ensemble

Secrétaire général de l’OCDE

Nous célébrons le 50e anniversaire de l’OCDE alors que la pire crise financière et économique de notre génération touche à sa fin. Le temps est venu de faire le point et de nous poser les bonnes questions. Pourquoi n’avons-nous pas su éviter la crise ?

Nous devons tirer toutes les leçons de la crise. Revenir au « business as usual » ne résoudra pas nos problèmes actuels : un chômage massif, en particulier chez les jeunes, le creusement des inégalités, des finances publiques en mauvaise posture ou encore l’envolée des prix des produits alimentaires et des matières premières, mais aussi des défis planétaires tels que le changement climatique, la pauvreté, ou encore la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique. Nous devons promouvoir un modèle économique qui réponde à toutes ces questions. Il doit prendre en compte l’environnement, l’égalité des chances et la redistribution, de même que les retombées des échanges, de l’investissement et des migrations. Surtout, nos modèles doivent accorder une priorité absolue au bien-être des populations.

La crise nous enjoint de remettre en cause les idées reçues, y compris les nôtres, et d’aborder les problèmes mondiaux à travers des analyses et des approches plus audacieuses. L’OCDE n’est pas restée inactive. Nous avons par exemple attiré l’attention des décideurs sur les inégalités, et conçu des outils économiques pour gérer l’environnement. Nous sommes également en pointe face aux enjeux démographiques et migratoires. Ce ne sont là que quelques exemples et, forts de tels atouts, nous pouvons contribuer à relever de nombreux défis mondiaux. La croissance reste essentielle, mais la recherche de nouvelles sources de croissance plus vertes, plus équitables et plus respectueuses de l’égalité hommes-femmes est notre objectif commun.

C’est pourquoi la recherche d’une croissance verte et inclusive doit imprégner notre réflexion. Créer des emplois décents, favoriser l’égalité des chances et combattre l’exclusion sociale, telle est notre préoccupation. Nous devons donner la priorité aux « cinq E » : emploi, éducation, entrepreneuriat, égalité et environnement.

S’ils doivent « penser structurel » pour débloquer la croissance, les décideurs doivent également « penser social » ; le bien-être des générations futures dépendra d’une action conjuguée sur ces deux fronts, allant des politiques actives du marché du travail et des politiques d’équité ciblant les plus vulnérables, jusqu’aux politiques de la famille, de l’égalité des sexes et de solidarité intergénérationnelle ainsi que de sécurisation de l’avenir de nos enfants, en passant par l’investissement dans les compétences et l’apprentissage tout au long de la vie. Nous devons insister davantage sur nos relations avec les partenaires sociaux pour atteindre ces objectifs communs.

Le développement est une autre de nos priorités stratégiques. C’est le « D » de l’OCDE : de fait, l’organisation a toujours promu les politiques au service du développement. Nous devons continuer d’échanger connaissances, analyses et conseils avec nos partenaires émergents et en développement, notamment pour réaliser de concert les Objectifs du millénaire pour le développement. À l’heure du basculement de la richesse et de la puissance mondiales, nous devons écouter ces pays davantage et tirer les leçons de leur expérience.

Lors de notre réunion du Conseil au niveau des ministres du 50e anniversaire, nous avons proposé d’élaborer une stratégie globale de l’OCDE pour le développement avec les économies émergentes, et de travailler dans un contexte plus structuré, et sur un pied d’égalité, dans une perspective à moyen et à long terme. Nous devons en outre collaborer plus étroitement avec d’autres partenaires en Amérique latine, en Asie du Sud-Est, en Afrique, en Europe du Sud-Est et, du fait notamment des événements récents, avec les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Dans cette région, nous concentrerons nos efforts sur les mesures prioritaires à prendre pour favoriser la croissance, mais aussi l’intégration, l’investissement, la gouvernance, l’emploi, l’égalité des chances et l’égalité entre les sexes, afin d’apporter une réelle contribution à la transition.

Pour bâtir l’avenir ensemble, nous devons travailler de façon plus cohérente avec les autres organisations internationales, tout en soutenant les travaux du G8 et du G20. Si davantage d’interactivité et d’échanges mutuels entre les pays et entre les organisations internationales nous auraient été utiles avant la crise, ils sont aujourd’hui indispensables. En renforçant nos partenariats et nos réseaux, nous pourrons donner un nouvel élan au multilatéralisme et rendre plus efficace l’action des pouvoirs publics à l’échelle de la planète

Cependant, cette efficacité ne doit pas seulement être mesurée à l’aune de la croissance, mais aussi en fonction du bien-être des citoyens. Comment mesurer celui-ci ? Dans cette optique, nous avons lancé au cours de la Semaine du 50e anniversaire de l’OCDE l’indice « vivre mieux ». Cet instrument inédit permettra à tout un chacun d’évaluer son bien-être selon ses préférences. Les pouvoirs publics comme les citoyens pourront tirer parti de ces précieuses informations pour élaborer les politiques et obtenir de meilleurs résultats. L’initiative « vivre mieux » donnera plus de moyens à tous ceux qui souhaitent édifier un monde plus fort, plus sain et plus juste.

Le slogan « Des politiques meilleures pour une vie meilleure » n’est pas un simple souhait d’anniversaire. Il exprime la détermination de l’OCDE à oeuvrer en faveur du bien-être de tous, partout dans le monde.

www.observateurocde.org/angelgurria et www.oecd.org/secretairegeneral

©L’Observateur de l’OCDE n° 284, T1 2011




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