Le parcours de l’aide au développement

Au cours des 50 dernières années, le monde a connu des progrès inégalés en termes de bien-être. Mais ceux-ci ont été inégaux, et les indicateurs de progrès peuvent masquer des chiffres absolus médiocres.

Ainsi, tandis que la proportion de personnes souffrant de la faim a été réduite de moitié entre 1970 et 2007, et que l’alphabétisation des jeunes et des adultes a progressé de plus de 10 % entre 1988 et 2000, près d’un milliard de personnes souffrent encore de la faim, et 1,4 milliard d’individus vivent dans une pauvreté extrême.

Par ailleurs, certaines crises majeures – dont la dernière crise économique mondiale – ont des répercussions sur les pays en développement, déjà confrontés à des défis urgents, comme la sécurité alimentaire, la santé et le changement climatique.

Contribuer à relever ces défis est l’une des missions fondamentales de l’OCDE, comme son nom l’indique. La réussite du développement dépend de bien plus que de l’aide. Le commerce, l’investissement, la sécurité, le capital humain, la coopération fiscale et la corruption sont des questions fondamentales qui doivent être traitées.

Le Groupe d’aide au développement a été créé en 1960 pour être un lieu d’échange et de consultations entre donateurs. Il comprenait alors 11 pays membres. Après la création de l’OCDE en septembre 1961, il fut rebaptisé Comité d’aide au développement (CAD), entamant ainsi une histoire très riche. Celle-ci est retracée dans une nouvelle brochure, intitulée Le 50ème anniversaire du CAD : retour sur les dates marquantes, également disponible en ligne, qui retrace 50 réalisations, souvent avant-gardistes, liant l’aide au développement à l’égalité entre les sexes, à l’environnement, à la résolution des conflits, et appelant les pays les plus riches à relever le défi.

Le CAD a contribué à définir le programme d’aide international en soutenant les objectifs d’aide des Nations unies de 1964, qui appelaient les pays à verser 0,7 % de leur revenu national en aide bilatérale aux pays en développement. En 1962, le CAD a lancé une série d’examens par les pairs de l’aide au développement, et a publié son premier Rapport annuel sur la coopération pour le développement, qui présente les chiffres de l’aide et les questions relatives au développement.

Il y a eu plusieurs défis. Prenons la question de l’aide liée, des fonds accordés sous condition d’être utilisés pour acheter des biens et services au pays donateur. Dès 1974, 10 pays du CAD ont décidé de « délier » les prêts bilatéraux pour le développement et, en 1991, le CAD s’est associé à la communauté du crédit à l’exportation pour limiter l’utilisation de l’aide liée. La proportion de l’aide déliée a augmenté depuis, de 46 % à la fin du XXème siècle à 82 % en 2008.

L’égalité des sexes est une autre question majeure. Le CAD a organisé sa première réunion sur l’intégration des femmes au développement en 1975, et ses Lignes directrices sur les femmes dans le développement de1989 prévenait que le développement durable n’est possible que si les besoins et intérêts des femmes et des hommes sont pris en compte dans la planification et la mise en place des projets et programmes. Au-delà de la réduction de la pauvreté, le CAD a élargi ses objectifs d’aide à la lutte contre la corruption dans les marchés publics, à la prévention des conflits violents et à la résolution des problèmes critiques comme le maintien de la paix dans des États fragiles, touchés par des conflits. En 2001, les travaux du CAD ont servi de base à deux réunions spéciales sur la difficile reconstruction et les défis humanitaires en Afghanistan (2002) et en Irak (2003), réunissant des acteurs apparemment antagonistes autour d’une même table pour traiter de préoccupations communes liées la paix et la sécurité.

Dès 1986, le CAD a évalué l’impact environnemental potentiel des projets d’aide. En 1995, il appelait de ses voeux une stratégie globale de développement, centrée sur la réduction de la pauvreté. Ceci a jeté les bases des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) établis par les Nations unies, le FMI, la Banque mondiale et l’OCDE en 2000.

Depuis 2005, l’augmentation des objectifs et promesses d’aide a encore mobilisé l’attention, avec des engagements internationaux de viser une APD représentant 0,51 % du RNB. Ceci s’est accompagné de nouvelles initiatives pour compléter l’aide, notamment les programmes d’aide au commerce encourageant les pays en développement à prendre en charge leurs besoins d’aide liée au commerce, et pour favoriser un dialogue transparent sur l’efficacité des actions menées.

Puis, en 2008, à Accra, le débat s’est porté sur l’importance de l’efficacité de l’aide, et a mené au Programme d’action d’Accra, comprenant des engagements pour améliorer la coordination, la responsabilité mutuelle et la participation des citoyens.

L’émergence de la Chine a également modelé le programme du développement, et depuis 2008, l’OCDE travaille à renforcer la coopération en Afrique à travers le groupe d’étude CAD-Chine

Pour plus d’informations sur l’histoire de l’aide au développement à l’OCDE, voir www.oecd.org/cad et www.oecd.org/developpement

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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