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Croissance et développement : pour qui ?

Il n’y a pas de potion magique pour le développement humain. Plutôt que d’essayer de reproduire les expériences passées, nous devons nous concentrer sur les nouvelles opportunités. Plutôt que d’essayer d’appliquer des recettes politiques, nous devons adapter des principes généraux à des contextes locaux.

Et nous devons affronter de nouveaux défis majeurs – le changement climatique en particulier – et construire des institutions mondiales, démocratiques et responsables, pour y faire face. Notre analyse doit s’approfondir, et nous devons attentivement étudier les multiples dimensions des objectifs du développement.

L’indice de développement humain de l’ONU, par exemple, a représenté l’une des premières tentatives pour élargir le débat sur la manière dont nous mesurons le développement. Au cours du temps, la communauté du développement a évolué, d’une position initiale, plutôt simpliste, qui considérait l’accroissement du PIB comme un synonyme du développement, à une panoplie d’indicateurs servant à classer la manière dont les pays et les individus se portent. Ces dernières années, le débat s’est accentué avec la commission Stiglitz-Sen-Fitoussi et le travail de l’OCDE sur la mesure du progrès des sociétés.

À l’OCDE, nous reconnaissons l’importance des mesures ; cellesci représentent tout simplement notre moyen de définir le succès. Dans ce contexte, nous considérons qu’il est essentiel de prendre en compte les multiples facettes des résultats de développement – et pas juste la pauvreté, ou les niveaux de croissance des revenus. La croissance est un moyen, non une fin en soi. Le Rapport sur le développement humain des Nations Unies (RDH) confirme cette vérité essentielle, et précise aussi qu’il n’existe pas de voie unique vers la réussite. Chaque pays doit avoir la liberté, la capacité et les ressources pour trouver ses propres solutions à ses problèmes de développement.

À cet égard, il est très positif de constater l’intérêt croissant du G20 pour le développement. Ayant assisté au sommet de Séoul en novembre dernier, j’ai eu la chance de voir les dirigeants mondiaux confirmer que le comblement des écarts de développement était un élément central de leur coopération économique. C’est une bonne nouvelle, pour au moins deux raisons. Premièrement, les pays du G20 sont les plus grandes économies mondiales et des partenaires majeurs pour les pays à faible revenu (PFR). Ce qu’ils décident compte donc beaucoup pour la croissance des PFR. Deuxièmement, les pays du G20 apportent de nouvelles perspectives et idées au débat sur le développement – et notamment leurs propres expériences et talents en termes de développement, enrichissant ainsi la liste des options disponibles pour les PFR afin de concevoir leurs stratégies et politiques de développement.

À Séoul, le G20 a adopté le Consensus de développement pour une croissance partagée, ainsi qu’un plan d’action comprenant neuf piliers pour promouvoir la croissance des PFR. Les pays du G20 disposent d’une position unique pour faire avancer le programme international de développement et contribuer à la réalisation des OMD. Dans ce but, ils peuvent : améliorer leurs propres politiques ; partager leurs expériences de développement ; fournir de l’aide au renforcement des capacités ; et offrir des conseils stratégiques aux organisations internationales, renforçant ainsi l’efficacité du système multilatéral. Il est essentiel que tout ce travail se fasse dans l’objectif ultime d’améliorer l’impact des politiques du G20 sur la croissance des PFR.

L’OCDE – comme le G20 – adopte une approche globale du développement, du partage des connaissances, de l’apprentissage mutuel et de la cohérence des politiques, plaçant le développement au coeur de notre travail et faisant participer l’ensemble des acteurs concernés. Avec des décennies d’expérience du développement, nous sommes heureux d’être mandatés par le G20 pour travailler avec les Nations Unies, la Banque mondiale et d’autres organisations internationales, afin de mettre en oeuvre le plan d’action. Nous pensons que nos contributions pourront aider le G20 à identifier les stratégies gagnantes pour promouvoir la croissance et lutter contre la pauvreté, pour mieux évaluer l’impact des politiques menées par les pays du G20 sur la croissance des PFR, et trouver des moyens d’en maximiser les retombées positives.

L’approche du développement du G20 est sous-tendue par une croyance fondamentale en l’importance centrale de la croissance. C’est une bonne démarche, la croissance étant une composante nécessaire du développement, mais il est également important de se souvenir que le taux de réduction de la pauvreté dépend du modèle, et pas seulement du rythme, de la croissance. L’un des principaux message du RDH – qui sera, je le sais, suivi par le G20 – est que la croissance ne se traduit pas automatiquement en d’autres aspects du développement. Et il n’y a pas non plus de seuil minimum de croissance pour le développement d’un pays.

À l’OCDE, nous sommes désireux de partager notre expérience de ce qui rend la croissance positive pour les pauvres – il s’agit d’une question que nous étudions depuis des années au CAD et dans son Réseau sur la réduction de la pauvreté. De manière plus générale, nous continuerons à insister sur la mesure du progrès des sociétés, car les peuples, comme le remarque le RDH, sont la vraie richesse des nations.

Adapté et traduit du blog OECDinsights.org, 22 novembre 2010. Voir les travaux de l’OCDE sur la réduction de la pauvreté sur www.oecd.org/cad/pauvrete Projet « Mesurer le progrès des sociétés »: www.wikiprogress.org/index.php/Global_Project Voir www.oecd.org/developpement

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