Renforcer la gouvernance, restaurer la confiance

Pendant plus de deux décennies, la croissance économique mondiale et le développement ont été largement alimentés par la mondialisation – l’ouverture des marchés financiers et de produits, ainsi que l’intégration d’économies émergentes, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, à l’économie mondiale. Ce processus a été bouleversé par la crise financière de 2008, « la première crise de la mondialisation » selon certains.

La crise a révélé de sérieuses failles dans la mondialisation, et notamment un échec de la gouvernance et de la réglementation internationales à s’adapter aux changements profonds du monde. Face à la fragilisation, voire la disparition de certains moyens de subsistance, la confiance publique s’est mise à vaciller et les populations ont réclamé une meilleure gestion, plus sûre, de leurs économies. L’OCDE a soutenu ces appels, et a averti, en 2009, contre un retour au statu quo. Certains changements commencent à émerger.

Mettre en place de nouveaux systèmes de gouvernance prendra du temps, mais certains indices de la tournure qu’ils pourraient prendre apparaissent clairement. Considérons, par exemple, le G20, qui rassemble les pays développés et les économies émergentes autour de la même table de négociations, remplaçant ainsi de fait le G8.

La crise financière a révélé d’autres failles de gouvernance, en particulier dans le domaine de la réglementation financière, ainsi qu’au sein des banques et des institutions financières. Croyant avoir vaincu le risque, les banques se sont gavées d’emprunts, et les actionnaires et les conseils d’administration ont échoué à – ou peutêtre n’ont pas pu – en comprendre les implications. Après tout, quel gouvernement, quel particulier, ne comptait bénéficier également du boom, en investissant dans de nouveaux services ou en achetant un nouveau logement ? Chacun connaît maintenant le résultat, et les contribuables de nombreux pays membres de l’OCDE paieront le prix de cette imprudence et de ce manque de vigilance dans les années à venir. Les autorités de réglementation auraient dû se méfier, mais dans de nombreux pays, elles étaient trop aveuglées par les lueurs prometteuses de l’innovation financière. Lorsque la vérité a jailli de la crise, l’effondrement de la confiance entre institutions financières qui en a résulté a mené à la paralysie des crédits aux entreprises et aux consommateurs, ainsi qu’aux autorités publiques, aggravant ainsi la récession qui a suivi. Seul un immense effort commun de la part des gouvernements du G20 a permis d’éviter un effondrement total et une éventuelle dépression.

L’impact de la crise a incité les gouvernements et les autorités de réglementation à agir également sur le long terme. Au niveau national et international, de nouvelles réglementations financières ont été élaborées et mises en place. Mais il reste beaucoup à faire, car les conditions bancaires dans la zone OCDE restent fragiles. La crise a aussi permis de tirer d’autres leçons de gouvernance, et a suscité une détermination nouvelle, alimentée en grande partie par les initiatives de l’OCDE, pour lutter contre l’évasion fiscale et éradiquer la corruption. La nécessité de telles actions est évidente.

La lutte contre cette crise a mis les gouvernements à rude épreuve et les a rendu vulnérables en cas de nouvelle crise : il est donc impératif que la réglementation financière fonctionne et qu’elle affermisse les fondamentaux de l’activité bancaire ; les comportements comme l’évasion fiscale et la corruption, qui privent les gouvernements de revenus fiscaux, pervertissent l’activité économique et nourrissent les inégalités et le sous-développement, doivent être supprimés. Afin de garder la confiance des électeurs, les gouvernements doivent aussi pouvoir les rassurer. Les responsables politiques savent que la confiance et la bonne gouvernance sont essentielles au progrès de nos économies. Si nous ne parvenons pas à les restaurer, la prochaine crise pourrait être encore plus grave.

Voir « De la crise à la reprise » sur www.oecd.org/reponsecrise

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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