Préserver l’avenir

Direction de l'emploi, du travail et des affaires sociales

Selon Des débuts qui comptent ! Des emplois pour les jeunes, les jeunes sont deux fois plus susceptibles de connaître le chômage que le travailleur moyen. C’est un gaspillage de ressources que les économies ne peuvent guère s’autoriser aujourd’hui.

Les jeunes ont été touchés de manière disproportionnée par les suppressions d’emplois lors de la crise économique mondiale. Au troisième trimestre 2010, le taux de chômage moyen des jeunes dans l’OCDE représentait 18,5 % de la population active âgée de 15/16 à 24 ans, avec près de 3,5 millions de jeunes chômeurs supplémentaires par rapport au même trimestre 2007.

Cependant, le chômage ne rend pas compte de toutes les difficultés des jeunes, car bon nombre d’entre eux n’apparaissent même pas dans les statistiques du marché du travail après leurs études. Les taux de chômage des jeunes devraient rester élevés dans la zone OCDE en 2011, avant de fléchir légèrement, à 17 %, en 2012, soit plus du double du taux de chômage total (8,6 % en octobre 2010).

Par ailleurs, les jeunes, après leurs études, peuvent avoir des revenus plus bas (jusqu’à 8 % de moins dans certains pays) que les travailleurs ayant 20 ans de carrière. En outre, ceux qui vont sortir du système d’enseignement dans les années à venir devraient avoir plus de mal à trouver du travail que les générations précédentes.

Les pays ne peuvent se permettre de gaspiller leurs ressources les plus précieuses en les laissant inemployées. Dans les pays où la population vieillit, les dégâts sont encore plus importants. Comment les gouvernements peuvent-ils aider les jeunes à trouver du travail ?

Ils devraient s’inspirer des politiques qui ont été efficaces dans d’autres pays. Par exemple, il est essentiel de cibler les jeunes les plus à risque, notamment ceux qui quittent le système scolaire sans qualification, qui sont issus de l’immigration ou qui vivent dans des zones défavorisées.

Des programmes d’intervention précoce et une aide efficace à la recherche d’emploi ont permis d’obtenir de bons résultats dans des pays comme le Danemark, les Pays-Bas et le Japon. Les programmes d’aide à la recherche d’emploi présentent en effet le meilleur rapport coût/efficacité pour les jeunes prêts à travailler, et de nombreux pays de l’OCDE ont recruté de nouveaux personnels au cours de la crise afin de mieux aider les jeunes chômeurs.

L’apprentissage et les programmes d’enseignement et de formation professionnels semblent être des passerelles efficaces entre l’école et le travail, notamment pour les élèves de l’enseignement secondaire. Les gouvernements devraient renforcer ces programmes, comme en Autriche, en Allemagne et en Suisse – et, de plus en plus, en Australie et en France. Ils pourraient également recourir à des subventions temporaires pour encourager les entreprises à recruter des jeunes ayant achevé leur apprentissage, en ciblant les candidats les moins qualifiés et les petites entreprises.

Ces mesures actives devraient être complétées par une extension temporaire du filet de sécurité, essentielle pour prévenir le risque de pauvreté. Par exemple, dans la loi de 2009 relative à la reprise (Recovery Act), les États-Unis prévoient d’allouer des fonds fédéraux aux États pour étendre la couverture du droit à indemnités aux personnes sans emploi ayant peu travaillé, notamment les jeunes.

Les risques d’une génération « sacrifiée » ont incité bon nombre de gouvernements à prendre des mesures énergiques, notamment en augmentant les fonds des programmes ciblant les jeunes sur le marché du travail. Dans un contexte de redressement timide et d’augmentation des pressions budgétaires, il est essentiel de conserver la dynamique. Cependant, les pouvoirs publics ne peuvent pas tout faire ; il faut une aide et des incitations bien coordonnées de la part des employeurs, des syndicats, des ONG et d’autres acteurs.

L’amélioration des perspectives d’emploi pour tous les jeunes devrait être la priorité de l’ensemble des pays de l’OCDE en 2011. Nos économies ne peuvent se permettre de sous-estimer l’importance de ce problème, qu’il est nécessaire de régler pour notre avenir.

Voir www.oecd.org/emploi/jeunes

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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