Soigner les budgets

Directeur, division de la santé de l'OCDE

La charge croissante des dépenses de santé sur les budgets publics ne date pas d’aujourd’hui. Au cours des 15 années avant le début de la crise financière, les dépenses de santé par habitant ont augmenté de plus de 4 % par an en termes réels dans la zone OCDE – beaucoup plus rapidement que les revenus réels.

Presque tous les pays de l’OCDE auront bientôt une couverture maladie quasi-universelle, ce qui constituera un fait historique. Mais les dépenses de santé représentent aujourd’hui plus de 9 % du PIB en moyenne, dont près des trois-quarts sont financés sur fonds publics. Il n’est donc pas étonnant que l’on s’intéresse aux budgets de santé pour réduire les dépenses publiques, dans un effort de maîtrise des déficits publics et de la dette. Les ministres de la Santé des pays de l’OCDE et d’autres pays se sont réunis en octobre 2010 à ce sujet.

Des coupes importantes ont récemment été opérées dans les dépenses de santé de pays comme l’Estonie, l’Islande et l’Irlande. Certaines réductions sont intervenues en Europe méridionale et orientale. Cependant, les dépenses de santé n’ont, pour l’essentiel, pas été touchées dans la plupart des pays et devraient rester inchangées dans de nombreux pays, du moins au cours des prochaines années. Les pays qui ont réduit leurs dépenses de santé ont, en général, préservé les dépenses consacrées à la prévention – l’un des moyens les plus économiques d’améliorer la santé. Ces pays ont cherché à préserver l’accès à des soins de qualité, par exemple en convenant de réductions des salaires des personnels de santé plutôt que de réductions d’emploi. Ils ont limité les dépenses pharmaceutiques, notamment en encourageant le recours aux génériques, et ont différé les nouveaux investissements.

Dès lors, pourquoi l’évolution des dépenses de santé a-t-elle peu de chances de contribuer au rétablissement des finances publiques ? Si ces dépenses ont rapidement augmenté, c’est parce que la demande a augmenté, du fait des nouvelles technologies, des attentes plus grandes de la part des patients et du vieillissement de la population. Ces pressions se maintiennent. Des dépenses constantes apparaissent donc en fait comme une réduction. De fait, l’expérience suggère qu’il est possible de limiter les dépenses de santé pendant quelques années, mais que les pressions sous-jacentes finissent par l’emporter.

En Islande, par exemple, de nouvelles réductions impliqueront presque inévitablement des fermetures d’hôpitaux – chose extrêmement difficile à faire lorsque les hôpitaux locaux sont de gros employeurs, et que les médecins expérimentés risquent d’aller poursuivre leur carrière ailleurs. Abaisser les remboursements de pharmacie, comme en Espagne, en Grèce et ailleurs, permet de réaliser des économies ponctuelles, mais tous les pays savent que les gains de santé futurs dépendent de la poursuite des innovations dans les traitements. Aussi urgent que soit le défi budgétaire actuel, le défi majeur pour les pays est néanmoins de réformer leurs systèmes de santé, de façon à optimiser la dépense à l’avenir pour pouvoir continuer à fournir des services de santé de qualité à tous pour un coût raisonnable.

Pour en savoir plus, voir www.oecd.org/sante

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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