Une révolution du XXIème siècle

C’est un moment historique pour le Chili et l’Amérique latine. Ayant rejoint tardivement la révolution industrielle du XIXème siècle, nous nous sommes retrouvés à la traîne du développement. Nous ne pouvons être en retard pour cette nouvelle révolution, la révolution du XXIème siècle, celle de la société du savoir, de la technologie et de l’information.

Cette révolution est à notre porte et sera très généreuse avec les pays qui l’adoptent, mais indifférente, voire cruelle, pour ceux qui l’ignorent et la laissent passer.

Comment ferons-nous? Tout d’abord, nous consoliderons les trois grands fondements indispensables au développement et aux opportunités : une démocratie stable, vivante et participative ; une économie sociale de marché caractérisée par la libre concurrence et l’ouverture sur le monde ; et un État fort et efficace qui combat la pauvreté et promeut une plus grande égalité des chances.

Cependant, ces trois éléments ne suffisent pas à édifier des fondations solides. Au XXIème siècle, il faut aussi investir dans les piliers d’une société moderne. Je pense au développement du capital humain, qui est notre plus précieux trésor ; à la promotion de l’innovation et de l’entrepreneuriat, qui sont nos seules ressources réellement inépuisables ; à l’investissement dans la science et la technologie, qui nous ouvriront des perspectives insoupçonnées à l’avenir ; et à la promotion de marchés et de sociétés plus dynamiques et plus flexibles, qui nous permettront de prendre la tête des changements futurs plutôt que de nous laisser distancer en essayant de les comprendre.

D’un autre côté, nous vivons à l’ère du numérique, où les frontières matérielles et les distances géographiques ont quasiment disparu. Par conséquent, il nous faut nous intégrer plus profondément dans l’économie mondiale et mieux maîtriser la mondialisation afin d’éviter qu’elle ne nous gouverne. Les crises financières ne sont plus contenues par les frontières nationales et se répercutent au niveau régional, voire mondial. Les maux de la société moderne, comme le terrorisme, le trafic de drogues et le crime organisé, se jouent des démarcations territoriales ou juridictionnelles. Toute tentative pour contrer efficacement le réchauffement de la planète, les catastrophes naturelles, les urgences sanitaires, la faim et l’extrême pauvreté, requiert une action beaucoup plus attentive, concertée et efficace de la communauté internationale.

Les nations doivent affronter rapidement les défis de la société moderne ; mais les institutions internationales, notamment les Nations unies et celles qui sont nées des accords de Bretton Woods, comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, doivent également s’adapter à la nouvelle réalité si elles veulent y jouer un rôle de premier plan, et non rester de simples témoins des évolutions du XXIème siècle.

En 2010, le Chili a fêté le bicentenaire de son indépendance. Sur les 198 nations que compte le monde, seules 20 peuvent se targuer d’autant d’années d’indépendance. Le temps est venu d’évaluer les progrès accomplis, mais surtout de faire le pas supplémentaire nous permettant de concrétiser les objectifs et les rêves que nos ancêtres ont toujours poursuivis sans jamais les atteindre : faire du Chili un pays développé, exempt de pauvreté, et offrant à tous ses enfants de réelles chances d’accéder au bien-être matériel et spirituel. À cette fin, notre gouvernement met en oeuvre un ensemble d’audacieuses réformes, aux objectifs ambitieux et aux échéances précises.

Premièrement, nous voulons renouer avec une croissance annuelle de 6 %, qui devrait nous permettre d’atteindre un niveau de PIB par habitant équivalent à celui des pays d’Europe du Sud et de l’Est en 2018.

Deuxièmement, nous comptons créer un million d’emplois entre 2010 et 2014. Il nous faudra quasiment doubler le rythme des créations d’emploi de ces dernières années, et totalement intégrer les femmes au marché du travail.

Troisièmement, nous sommes déterminés à améliorer la qualité de notre système éducatif à tous les niveaux, de même que les possibilités de formation continue offertes à nos travailleurs.

Quatrièmement, nous nous orientons vers un système garantissant à tous les Chiliens l’accès rapide à des soins efficaces pour un prix décent, dans le secteur public comme dans le secteur privé.

Cinquièmement, nous inscrivons notre politique de lutte contre la criminalité dans une perspective plus globale, notamment en mettant l’accent sur la prévention et la réinsertion.

Sixièmement, nous souhaitons approfondir notre démocratie et la rendre plus vivante, transparente et participative. À cet effet, nous nous attacherons à faire voter les plus de trois millions de jeunes qui ne prennent actuellement pas part aux élections, et à étendre le droit de vote aux Chiliens vivant à l’étranger.

Enfin, nous sommes déterminés à vaincre la pauvreté avant la fin de cette décennie, et à nous débarrasser de l’extrême pauvreté au cours de la présente législature. Nous mettons ainsi en place un « revenu éthique familial » afin de compléter les gains des ménages les plus démunis et de leur permettre d’échapper à la pauvreté.

Tels sont les sept grands axes de notre gouvernement. Des objectifs élevés, nobles et ambitieux, mais tout à fait réalisables en l’espace d’une génération, la nôtre, celle du bicentenaire.

Depuis 50 ans, l’OCDE est une source généreuse et indispensable de conseils sur les bonnes pratiques et les politiques publiques propres à aider les pays membres et non membres à atteindre des objectifs semblables à ceux de notre gouvernement. Cette solide base de connaissances apportera au Chili un soutien essentiel pour bâtir les fondations qui lui permettront de devenir une nation développée dans ce nouveau monde, où les clés du développement sont le savoir, l’information, la technologie et l’innovation.

Voir www.gobiernodechile.cl et www.oecd.org/chili

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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