Les critères du Bonheur

La croissance économique n’est pas une fin en soi : des niveaux de productivité plus élevés et un revenu national en hausse n’importent que dans la mesure où ils contribuent à l’amélioration du niveau de vie et du bien-être de la population.

Il n’y a là rien de nouveau : la Convention de l’OCDE de 1960 dit explicitement que l’enjeu de la croissance est d’améliorer le bien-être des populations. Cependant, s’il existe des méthodes bien établies pour mesurer la croissance économique – le PIB ou les dépenses publiques, par exemple –, il est moins évident de quantifier le bien-être des individus.

Comment savoir si le bien-être d’un pays ou d’un groupe de personnes s’améliore ? Et comment identifier les facteurs qui permettent ces améliorations ? De meilleures mesures du bien-être et de la qualité de vie sont nécessaires pour améliorer les politiques. Les statisticiens de l’OCDE se sont donc mis au travail.

Le bien-être ne signifie pas la même chose pour tout le monde, et il faut donc, pour le mesurer, commencer par convenir des éléments à prendre en compte. La plupart des gens diraient que le bonheur est une part essentielle du bien-être – certains disent même que c’est le seul aspect qui compte. Mais il est complexe de mesurer le bonheur. Par exemple, nos humeurs peuvent varier selon notre personnalité, les circonstances, ou même selon l’heure de la journée. Et le bonheur peut n’être qu’un raccourci pour désigner un éventail d’éléments composant le bien-être subjectif des individus, parmi lesquels des expériences positives de joie ou de fierté tirée de succès, et des expériences négatives de douleur ou de chagrin.

Des enquêtes menées aux États-Unis, au Japon et en Europe montrent que les niveaux agrégés de satisfaction à l’égard de la vie sont restés plus ou moins stables depuis plusieurs décennies, malgré la progression des niveaux de vie. D’après certains chercheurs, une fois que les individus ont atteint un certain niveau de confort, les améliorations ultérieures n’ont plus beaucoup d’impact sur l’évaluation de leur situation. Mesurer et interpréter le bonheur et autres aspects du bien-être subjectif est une entreprise complexe ; des enquêtes ont été menées, mais on a pour l’instant peu essayé d’incorporer ces méthodes aux pratiques gouvernementales. Cependant, il devient évident que toute tentative de mesurer le bienêtre doit prendre en compte la façon dont les individus perçoivent leur propre existence. Mais comment ?

Car considérer uniquement le bien-être subjectif pose un problème philosophique : si les individus se déclarent heureux bien que vivant dans la pauvreté ou l’isolement, par exemple, leur situation doit-elle pour autant cesser de préoccuper la sphère politique ? L’individu estil toujours le meilleur juge de son propre bien-être ?

La meilleure façon de se faire une représentation équilibrée du bien-être est de combiner mesures subjectives et données objectives pour les différents domaines qui contribuent au bien-être d’un individu. Ces données objectives comprendraient le niveau de vie matériel ( notamment le revenu, la consommation et la richesse) ; la santé ; l’éducation ; les activités personnelles rémunérées ou non ; les questions politiques ; les relations sociales ; la qualité de l’environnement ; et la sécurité physique et économique.

Autre priorité, la production de statistiques plus détaillées (microdonnées), qui permettront de dépasser les moyennes nationales et de comprendre les différences entre régions géographiques et groupes sociaux. En améliorant la qualité, la disponibilité et la rapidité d’obtention des données dans ces différents domaines, nous pourrons mieux comprendre les relations entre des changements dans différentes parties de nos vies, et leur impact sur notre bienêtre général. Et concevoir ainsi des politiques meilleures pour une vie meilleure.

Projet « Mesurer le progrès des sociétés » : www.oecd.org/progress

© L' Annuel de l'OCDE 2011




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