Les défis de santé après la crise

Torgeir Haugaar, Norwegian Defence Media Centre

Au lendemain de la crise financière, les gouvernements doivent à la fois répondre aux pressions à court terme qui s’exercent sur les budgets de la santé et remplir leurs obligations à long terme, afin de fournir au public des services de santé de plus en plus performants. Trouver le juste équilibre entre ces deux exigencies n’est pas chose facile.

La crise financière pourrait accentuer les inégalités sociales en matière de santé entre nos pays et au sein de chacun d’entre eux. Pour éviter les inégalités, il faut intégrer la dimension santé à toutes les politiques.

Ces défis sont à l’ordre du jour de la réunion ministérielle de l’OCDE à Paris, en octobre 2010. Celle-ci devrait être riche d’enseignements pour tous les ministres de la santé. Quant à la crise économique, sans doute nous offre-t-elle l’occasion de repenser nos priorités en matière de santé.

En tant que ministre de la Santé, je suis confrontée à plusieurs défis. La Norvège et les autres pays de l’OCDE sont très intégrés à l’économie mondiale. Les défis sont donc communs à de nombreux pays. La transition démographique, avec l’accroissement du nombre des personnes âgées, est un enjeu majeur. Dans certains pays, la proportion de personnes de plus de 80 ans devrait doubler d’ici 2040. L’allongement de la durée de la vie est une grande réussite pour nos systèmes de santé. Mais une population vieillissante nécessitera d’autant plus de services de santé et de soins. En outre, nous sommes confrontés à la difficulté de financer des coûts croissants avec une proportion plus faible d’actifs.

Dans le même temps, la charge de la maladie évolue dans la plupart des pays de l’OCDE. Le nombre de patients souffrant de maladies chroniques comme le diabète augmente rapidement. Davantage de gens souffrent de problèmes mentaux. L’obésité progresse. Ce sont autant de défis pour nos systèmes de santé.

Un défi majeur consiste à organiser les systèmes de santé de façon à maximiser la santé tout en optimisant la dépense. Si un maximum de ressources sont dépensées à un stade précoce, on peut concentrer davantage les efforts sur la prévention, comme celle concernant le diabète, par exemple, et réduire ainsi le coût global.

Les maladies les plus courantes aujourd’hui sont souvent liées au mode de vie – tabagisme, consommation abusive d’alcool, surpoids et manque d’entretien physique. Plusieurs pays de l’OCDE sont parvenus à faire baisser le nombre de fumeurs, mais il faut faire plus. Cette réussite doit aussi nous conduire à trouver les moyens de lutter contre l’obésité et la consommation abusive d’alcool.

Le gouvernement norvégien s’apprête à engager une réforme de la santé mettant l’accent sur la prévention et les interventions précoces. Les soins de santé primaires sont une composante clé de nos systèmes de santé. L’une des grandes questions est le niveau de coordination entre les soins de santé spécialisés et les soins primaires. Trop de patients sont hospitalisés parce qu’ils n’ont pas été suffisamment pris en charge au niveau local. Cela coûte cher et n’est pas bénéfique pour les patients. Nous savons aussi que souvent, les groupes les plus vulnérables ne bénéficient pas des services auxquels ils ont droit.

Nous ne devons pas laisser les conséquences de la crise financière creuser les inégalités sociales en matière de santé. Au contraire, nous devons saisir cette occasion pour réformer et améliorer nos systèmes de santé. Prévention, soins primaires solides et coordination accrue sont les clés qui nous permettrons de nous adapter aux évolutions démographiques et aux nouvelles pathologies.

Voir le site du ministère norvégien de la Santé : http://hod.dep.no

Voir aussi www.oecd.org/sante/ministerielle


©L'Observateur de l'OCDE n°281, octobre 2010




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