©REUTERS/Gonzalo Fuentes

De la reprise à une croissance pérenne

Les défis économiques structurels et la préparation de la reprise, tels étaient les thèmes dominants des débats lors de la réunion du Conseil au niveau des ministres 2010, présidée par M. Silvio Berlusconi, Président du Conseil italien. Parmi les autres questions à l’ordre du jour : les défis budgétaires, l’emploi, la croissance verte, l’innovation, le développement, les échanges et l’investissement, ainsi que le progrès social. Résumé des conclusions.

« Une tâche essentielle », ainsi les ministres ont-ils qualifié l’assainissement des finances publiques, dans un contexte de deterioration budgétaire majeure de la plupart des pays de l’OCDE sous l’effet de la crise. Les ministres ont jugé nécessaire l’adoption de plans d’assainissement « crédibles et transparents », qui ne mettent pas en péril la croissance. Soucieux d’éviter une reprise sans emploi, les ministres ont reconnu la « contribution majeure » de l’OCDE en matière d’emploi, en coopération avec des instances telle que l’Organisation internationale du travail. L’emploi, le vieillissement démographique et les déséquilibres internationaux, entre autres, nécessitent des réformes structurelles. Les ministres ont réaffirmé leur volonté d’agir sur ce plan, reconnaissant au passage « l’avantage comparatif » du travail de l’OCDE sur les politiques structurelles.

Les ministres ont souligné l’importance de l’économie verte, source de croissance potentielle susceptible de favoriser le développement tout en répondant aux défis environnementaux. L’innovation joue, elle aussi, un rôle fondamental, au même titre que les échanges. Les ministres se sont déclarés résolus à « faire en sorte que les mesures prises en vue d’instaurer une croissance verte soient compatibles avec [leurs] obligations en matière de commerce international. » Ils ont par ailleurs salué l’élaboration en cours d’une stratégie pour une croissance verte par l’OCDE, en attendant son rapport en 2011. Il devra être étroitement associé à la Stratégie de l’OCDE pour l’innovation, dont le rapport final a été remis aux ministres lors de la réunion de 2010. Les ministres ont reconnu que l’innovation recouvraient plusieurs dimensions, qu’il s’agisse de la formation, de l’entrepreneuriat ou de la recherche publique. Le rapport trace les grandes orientations des futurs travaux.

Les échanges et l’investissement sont traditionnellement à l’ordre du jour de la réunion. Cette année, les ministres ont constaté qu’en dépit de la crise, le protectionnisme ne s’était pas répandu « aussi largement que nombre d’observateurs l’avaient craint », et ce, notamment grâce aux efforts de coordination internationale. Toutefois, il importe de rester vigilant. Les ministres ont affirmé leur attachement à une conclusion rapide du Cycle de négociations commerciales de Doha.

Ils se sont également félicités du lancement officiel de la mise à jour des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et de leur contribution à « la conduite responsable des entreprises ». Dans cet esprit, les pays membres, ainsi que le Brésil, l’Estonie, la Fédération de Russie, Israël et la Slovénie, ont adopté une Déclaration sur la probité, l’intégrité et la transparence dans la conduite des affaires et de la finance internationales.

La coopération économique internationale est déterminante pour la croissance et le développement. Les ministres ont réaffirmé leur engagement à atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en 2015, ainsi qu’à assurer le suivi des engagements en matière d’aide internationale. Ils ont reconnu la nécessité de progrès rapides dans des domaines tels que l’efficacité des système fiscaux dans les pays en développement et la lutte contre la fraude fiscale extraterritoriale.

Bien entendu, le progrès ne se mesure pas uniquement à l’aune de la croissance économique, et les membres ont invité l’OCDE à formuler des propositions pour de plus amples travaux sur une mesure plus globale du progrès social.

Enfin, ils ont salué la contribution de l’OCDE à diverses instances internationales comme le G20 et le G8, et ont encouragé l’Organisation à poursuivre son travail de qualité. RJC

*Note : Plusieurs ministres d’économies non-membres ont été invités à participer à la RCM, dont les quatre pays candidats à l’adhésion à l’OCDE – l’Estonie, Israël, la Fédération de Russie et la Slovénie – ainsi que les cinq pays du programme d’Engagement renforcé de l’OCDE : l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde, l’Indonésie et la République populaire de Chine. Les ministres d’Argentine et de Hong Kong, Chine, ont été invités au titre d’observateurs réguliers à la session sur les échanges. Diverses organisations internationales ont elles aussi participé à la séance plénière en tant qu’observateurs : l’Association européenne de libre échange (AELE), la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux (BRI), le Conseil de l’Europe, le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Comité consultatif économique et industriel auprès de l’OCDE (BIAC) et la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC) étaient quant à eux invités au titre d’experts.

Le texte intégral des conclusions de la RCM 2010, ainsi que la Déclaration sur la probité, l’intégrité et la transparence dans la conduite des affaires et de la finance internationales, le Rapport intérimaire de la stratégie pour une croissance verte et le Rapport aux ministres sur la stratégie de l’OCDE sont disponibles sur www.oecd.org/mcm2010-fr

Voir www.oecd.org/fr/economie/ et www.oecd.org/fr/croissanceverte/

©L'Observateur de l'OCDE n°280, juillet 2010




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