Biocarburants : une deuxième chance

La production de biocarburants a quadruplé entre 2000 et 2008, mais les critiques à leur encontre semblent avoir suivi le même rythme. Selon de nombreux experts, la production de ces carburants, à base de cultures comme les céréales, la canne à sucre et les huiles végétales, concurrence les cultures alimentaires et en augmente le prix. De plus, le défrichement et les moyens employés pour cultiver les biocarburants pourraient aboutir à accroître plutôt qu’à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’attention se tourne aujourd’hui vers les biocarburants dits de seconde génération. Selon les cultures et les techniques utilisées, ils n’entraîneraient pas de telles conséquences. Mais la prudence reste de mise, selon Sustainable Production of Second-Generation Biofuels: Potential and perspectives in major economies and developing countries. La plupart des biocarburants de seconde génération, encore au stade de la recherche-développement dans quelques pays développés et certains pays émergents comme le Brésil, la Chine et l’Inde, sont produits à partir de végétaux lignocellulosiques qui peuvent soit être cultivés à des fins énergétiques, soit être tirés de résidus agricoles ou sylvicoles. Cette dernière méthode aurait de grands avantages sur les biocarburants de première génération, ne nécessitant pas de nouvelles surfaces et ne concurrençant pas les cultures alimentaires.

L’ouvrage estime le coût de la commercialisation des biocarburants de seconde génération à entre 125 et 250 millions de dollars, qui pourraient être obtenus par des investissements directs étrangers comme par des financements nationaux dans la plupart des huit pays étudiés – Brésil, Cameroun, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud, Tanzanie et Thaïlande. Ces pays disposent d’ailleurs souvent d’ingénieurs qualifiés parfaitement aptes à élaborer des biocarburants. Mais il existe encore beaucoup d’inconnues, y compris l’impact de cette production sur l’environnement, qui dépend de la méthode de conversion des plantes agricoles et des conditions spécifiques aux différents sites, comme le climat, le type de sols et la gestion des cultures. L’utilisation de la terre doit être préparée et planifiée avec précaution, pour éviter des changements néfastes à l’environnement ou causant l’augmentation des prix alimentaires. L’introduction de cultures énergétiques non-indigènes pourrait également menacer la biodiversité locale. L’ouvrage recommande d’intensifier la R&D pendant les 10-15 prochaines années, ainsi que de mettre en oeuvre des analyses plus détaillées, comprenant une feuille de route pour développer ces technologies, une évaluation de l’impact de la production commerciale de biocarburants de seconde génération et de meilleures données sur les surfaces arables disponibles.

ISBN 978-92-64-08424-7 (disponible en anglais uniquement)


©L'Observateur de l'OCDE N° 278 mars 2010




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016