L'économie d'Israël

OCDE Observateur

Le Premier ministre d’Israël, Benyamin Nétanyahou, montrant un rapport de l’OCDE PoolNew/Reuters

Des politiques de l’éducation et de l’emploi plus actives, en particulier en direction des minorités, sont nécessaires pour améliorer les performances économiques d’Israël et remédier à ses profondes divisions sociales.

Telles sont les principales conclusions de Review of Israel’s Labour Market and Social Policies (Examen des politiques du marché du travail et des politiques sociales en Israël) et d’une Étude économique d’Israël de l’OCDE (version française à paraître), publiés dans le contexte des négociations pour l’adhésion d’Israël à l’OCDE. L’économie israélienne a surmonté la crise, avec une croissance supérieure d’environ 0,5 % aux prévisions pour 2009.

Mais certaines faiblesses demeurent, en particulier en matière de protection sociale. Selon la Review of Israel’s Labour Market and Social Policies, un Israélien sur cinq vit dans la pauvreté, aucun pays de l’OCDE n’atteignant un tel taux. La pauvreté touche surtout les groupes les plus jeunes et ceux qui connaissent la plus forte croissance : environ la moitié des Arabes israéliens et 60 % des Haredim (Juifs ultraorthodoxes) ont un revenu disponible inférieur à la moitié de la médiane nationale, contre un peu plus de 10 % du reste de la population. Cela reflète un faible niveau d’emploi, en particulier pour les femmes arabes et les hommes haredis, et des retraites de base peu élevées. Les Arabes, les Haredim et les travailleurs étrangers sont ceux qui exercent la majorité des emplois précaires et/ou mal rémunérés.

Équivalant à 16 % du PIB, les dépenses publiques consacrées en Israël aux mesures sociales sont faibles par rapport à la moyenne de 21 % des pays de l’OCDE, et il semble indispensable de les augmenter pour pouvoir employer plus de personnes issues des groupes sous-représentés.

Pour ce faire, l’OCDE recommande d’investir davantage dans les mesures actives du marché du travail et de faire en sorte que, pour les travailleurs faiblement qualifiés, le travail soit préférable aux prestations. L’OCDE suggère que les pouvoirs publics créent des opportunités d’emploi équitables pour les minorités dans le secteur public et dans le secteur privé, et qu’ils assurent un meilleur respect de la législation du travail et des conditions minimales d’emploi.      

En matière d’éducation, l’OCDE suggère de réduire les inégalités touchant les Arabes israéliens et d’encourager les Haredim à renforcer leurs qualifications professionnelles.

L’Étude économique émet également des réserves quant à l’intervention de la Banque d’Israël sur les marchés des changes et à la supervision directe de certains marchés financiers par le ministère des Finances. Elle souligne que, malgré la nécessité d’augmenter les dépenses dans certains domaines, notamment en matière de politique sociale, les autorités israéliennes devraient néanmoins alléger la dette publique et supprimer les dépenses publiques les moins efficaces. L’Étude formule également plusieurs recommandations de politique fiscale, en invitant à la prudence concernant les nouvelles mesures de baisse des impôts sur le revenu et sur les sociétés, et préconise de mettre fin aux dépenses fiscales non-prioritaires.


Voir www.oecd.org/israel-fr 

©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277 décembre 2009-janvier 2010




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