Éolien marocain

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Le 2 novembre, le Maroc a lancé un programme d'énergie solaire de 9 milliards de dollars. Le programme inclut cinq centrales qui devraient produire une capacité totale de 2000 MW d'ici 2020, l'équivalent d'environ 40 % de la production d'électricité du pays.

Cela montre que la région MENA prend l'énergie solaire au sérieux. Mais, jusqu'ici, c'est dans l'éolien que les vrais progrès ont été réalisés. Le Maroc a commencé à s'intéresser aux énergies renouvelables en 1982, lorsque le Centre pour le développement de l'énergie renouvelable (CDER) a été fondé. Au milieu des années 1980, avec l'aide d'USAID, le Maroc a répertorié ses ressources éoliennes et les régions ayant le meilleur potentiel : celle de Tétouan, au nord, et celle de Tarfaya, à l'ouest. La vitesse moyenne du vent dans ces deux régions dépassait largement les huit mètres par seconde. Les investisseurs ont pointé le bout de leur nez.

Une dizaine d'années plus tard, Al Koudia al Baida, un autre site au nord du pays, a acueilli le premier parc éolien, avec l'aide d'investisseurs allemands. L'Offi ce national de l'électricité, ONE, a accepté de rester propriétaire du parc, tout en y achetant de l'électricité pendant 20 ans. Le projet, qui génère 50 MW, a coûté quelque 60 millions de dollars. Un deuxième parc, plus petit, a été ouvert sur le même site en 1996, et deux parcs plus grands ont été ouverts dans d'autres régions. Au sud, Cap Sim, d'une capacité de 60 MW, a été ouvert en 2007. Un autre parc, à Tanger, représente un grand progrès, avec sa capacité prévue de 140 MW. Plusieurs autres parcs, d'une capacité totale de 300 MW, vont être installés près de Tarfaya d'ici 2012, des entreprises privées ayant accepté d'acheter leurs réserves.

Selon l'ingénieur Mustapha Enzili, chef des ressources et de l'ingéniérie au CDER : « Les années 1990 étaient celles de la prospection et de la préparation, les années 2000 celles du développement des premiers parc éoliens, et les années 2010 devraient être celles de l'extension du réseau. »

Aujourd'hui, les enterprises industrielles peuvent produire leur propre électricité et vendre le surplus à ONE. Le cimentier Lafarge est en tête dans ce domaine, ayant installé un parc éolien d'une capacité de 32 MW. Certaines compagnies minières et sidérurgiques prévoient également de produire 1000 MW d'ici 2012 grâce à desparcs éoliens près de Tanger, Laâyoune et d'autres sites. L'Offi ce national de l'eau potable est également en train d'effectuer une étude de faisabilité pour une centrale de dessalement à Tan-Tan utilisant un parc éolien de 10 MW. Au total, le Maroc pourrait produire plus de 1500 MW d'énergie éolienne d'ici 2012.   MF

©L'Observateur de l'OCDE n° 275, novembre 2009 




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