Encourager l'investissement

La région MENA recèle un immense potentiel de croissance économique et de développement. L'amélioration des politiques et des pratiques favorables à l'investissement aidera grandement à concrétiser ce potentiel.

Ces dernières années, les entrées d'investissement étranger dans la région MENA sont montées en flèche.  La région a attiré quelque 14 milliards de dollars d'investissement direct étranger (IDE) en 2003, et ce chiffre a plus que quadruplé en l'espace de trois ans seulement, approchant les 60 milliards de dollars  en 2006. Au cours de la même période, le PIB réel dans la région MENA n'a cessé de croître. En outre, le taux d'emploi a fait un progrès impressionnant de 4,5 % par an entre 2000 et 2005.

Si ces résultats sont encourageants, les marges de progression restent importantes. L'investissement dans la région MENA demeure concentré  dans un petit nombre de secteurs d'activité, comme les hydrocarbures, l'immobilier et les activités liées au tourisme, tandis que d'autres secteurs restent à l'écart.

En outre, on constate des disparités régionales criantes : certains pays, comme les Émirats arabes unis, l'Égypte et l'Algérie, reçoivent une fraction beaucoup plus élevée de l'investissement entrant que leurs voisins MENA. Par ailleurs, la région doit créer 100 millions d'emplois supplémentaires entre 2000 et 2020 pour fournir un emploi à tous les nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Enfin, la région MENA n'a pas été épargnée par les effets de la crise économique mondiale. On estime que l'IDE dans cette région pourrait chuter de 30 % en 2009. La balance des comptes courants des principaux pays producteurs de pétrole de la région est déjà durement touchée par la chute des prix du pétrole au cours de la récente récession, ce qui restreint la marge de manœuvre pour les réformes et réduit les budgets d'investissement dans les services publics. Avec le ralentissement de la croissance économique provoqué par la crise, le chômage devrait également s'accroître.

Les responsables publics devront agir sur plusieurs fronts afin de stimuler la reprise économique à court terme et d'orienter la région vers  une croissance économique durable. Il leur faudra impérativement bâtir un environnement propice à l'investissement.

Maintenir l'ouverture des marchés à l'investissement étranger est une priorité. De nombreux pays du MENA pourraient faire davantage pour lutter contre la discrimination entre investisseurs nationaux et étrangers, et accroître la transparence et la prévisibilité des politiques d'investissement, notamment en ce qui concerne les restrictions à l'IDE, les procédures de sélection et d'approbation, et les mécanismes d'expropriation. L'ouverture de nouveaux secteurs aux capitaux étrangers  pourrait donner une impulsion à ceux dont le potentiel n'est pas pleinement valorisé par le seul investissement national, et ainsi favoriser la diversification et la résilience des économies du MENA.

Améliorer l'accès aux financements dans la région MENA est également important pour permettre la reprise économique, notamment des petites et moyennes entreprises qui peinent à obtenir des crédits avec la crise économique actuelle. À court terme, les mesures d'aide gouvernementale pourraient améliorer l'accès aux financements, mais d'autres initiatives sont nécessaires pour faciliter les opérations des sociétés étrangères de capital-investissement et de capital-risque, ainsi que des entreprises multinationales impliquées dans de grands projets d'investissement.

L'établissement de partenariats public-privé efficaces est déterminant pour mobiliser des fonds au service de projets d'investissement à long terme, comme dans les domaines des télécommunications, de l'électricité, des transports, des infrastructures dans le secteur de l'eau et de l'assainissement, et des prestations de services. Améliorer la prévisibilité des politiques d'investissement et renforcer la transparence du processus de décision est essentiel au succès de ces projets et de ces partenariats.

En matière d'emploi, les décideurs doivent améliorer la qualité des établissements d'enseignement dans la région pour des publics de tous âges, y compris quant à la formation professionnelle, et promouvoir l'équité dans l'accès à l'éducation des hommes et des femmes. Les politiques doivent être élaborées en concertation étroite avec les entreprises, afin que les qualifications des diplômés répondent aux besoins présents et futurs du marché du travail régional, et que les travailleurs soient compétitifs, compétents et capables d'adaptation. Ces initiatives auront pour effet de résorber le chômage, de conserver la main-d'œuvre et d'attirer dans la région les investisseurs étrangers en quête de travailleurs qualifiés.


Voir www.cbi.org.uk

*Fondé en 1962 en tant qu'organisation autonome, le Comité consultatif économique et industriel auprès de l'OCDE (BIAC) est l'organisme officiellement reconnu par l'OCDE comme le représentant des milieux d'affaires de ses pays membres. Le BIAC regroupe les principales fédérations d'entreprises dans les pays membres de l'OCDE et dans plusieurs pays non membres. Voir le site www.biac.org

©L'Observateur de l'OCDE n° 275, novembre 2009 




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