L'économie coréenne

Cliquer pour agrandir

La Corée a été l'un des pays de l'OCDE les plus durement touchés par la crise mondiale, alors même que son secteur financier était relativement sain. La crise a frappé de plein fouet une économie qui était devenue ces dernières années l'une des plus performantes du monde développé, l'instabilité des marchés de capitaux et la chute brutale du taux de change rappelant la crise asiatique de 1998.

Les inquiétudes sur l'ampleur de la dette extérieure coréenne et les sorties d'investissements étrangers ont provoqué une dépréciation du taux de change effectif de 30 % entre juillet 2008 et fin février 2009. Cela a entraîné une forte baisse du prix des actions et une érosion du patrimoine des ménages. Malgré la faiblesse du taux de change, les exportations ont plongé de plus de 30 % en taux annuel au dernier trimestre 2008, entraînant une vive contraction de la production.

Mais la situation s'améliore. L'économie coréenne a été parmi les premières de la zone OCDE à se stabiliser. Au premier trimestre 2009, elle a enregistré une légère croissance, sous l'effet de plusieurs facteurs. Premièrement, la dépréciation du won a renforcé la compétitivité internationale de la Corée en rendant ses exportations moins coûteuses, ce qui a renforcé ses positions même sur des marchés en contraction. Deuxièmement, la Banque de Corée est intervenue rapidement en abaissant son taux directeur de 5,25 % en août 2008 jusqu'à un taux sans précédent de 2 % en février 2009, stimulant ainsi le crédit aux PME et aux ménages. Troisièmement, la relance budgétaire mise en oeuvre à partir du second semestre 2008 a commencé à produire des effets. Les achats publics de biens et de services et les investissements dans la construction, notamment d'infrastructures publiques, ont affiché une croissance à deux chiffres au premier trimestre 2009. En avril 2009, une nouvelle impulsion est venue d'un budget supplémentaire représentant 1,7 % du PIB, à destination des chômeurs, des ménages à faible revenu et des PME.

Indépendamment de la relance budgétaire et monétaire, les autorités ont pris un certain nombre de mesures pour atténuer l'impact de la crise financière mondiale sur le pays. Fin 2008, elles ont conclu des accords d'échange de devises avec les grands pays et ont garanti la dette extérieure des banques nationales jusqu'à concurrence de 100 milliards de dollars, décision qui a contribué à apaiser les craintes à l'égard de la dette extérieure coréenne. Le won a rebondi depuis mars, même s'il reste très en-deçà de son niveau de juillet 2008.

Les autorités ont aussi agi de façon préventive pour limiter l'impact négatif éventuel de la récession économique sur le système financier. Elles ont injecté des capitaux dans sept banques et créé un fonds de 40 000 milliards de won (4 % du PIB) pour racheter des créances douteuses.

Toutes ces initiatives se sont révélées payantes : elles ont permis une stabilisation de la production et un redressement marqué de la confiance des entreprises et des consommateurs, qui dépasse désormais le niveau observé avant la crise, en septembre 2008. Les conditions sur les marchés de capitaux se sont également stabilisées, grâce à une reprise des émissions obligataires des entreprises et à une remontée du prix des actions.

En résumé, l'économie coréenne semble remonter la pente, avec toutefois certains facteurs négatifs comme l'impact durable de la contraction de l'emploi. Par ailleurs, les exportations représentent environ la moitié de l'économie coréenne. Cela signifie que les perspectives dépendent fondamentalement du commerce mondial, qui ne devrait connaître qu'une reprise très progressive.

Pour plus de détails sur les performances économiques de la Corée, contacter Randall.Jones@oecd.org.

Pour les dernières prévisions sur la Corée, voir les Perspectives économiques de l'OCDE n°85, à paraître, ou www.oecd.org/perspectiveseconomiques.

L'ensemble des travaux de l'OCDE sur la Corée est disponible sur www.oecd.org/coree

©L'Observateur de l'OCDE n° 273, juin 2009




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016