Une croissance responsable pour une industrie mondiale

Directeur général de la Stratégie environnementale de Boeing Commercial Airplanes, The Boeing Company

©Reuters/Gregg Newton

Devant la croissance du transport aérien en termes du nombre d’appareils ou de passagers, l’industrie a engagé avec franchise un important dialogue sur la manière de continuer à croître de manière responsable tout en réduisant encore son impact sur l’écosystème mondial.

L’industrie de l’aviation est habituée aux défis. Chaque jour, nous surmontons des obstacles technologiques pour innover au bénéfice de nos clients, tout en gérant notre activité dans des conditions de marché dynamiques et exigeantes. Confrontés à des coûts de carburant sans précédent, nous devons maintenant nous attaquer à un nouveau défi : réduire les émissions de CO2.Pourquoi insister sur le CO2 ? C’est l’un des gaz à effet de serre qui a la plus longue durée de vie, et le seul gaz couvert par le Protocole de Kyoto qui soit produit par l’aviation, laquelle compte pour environ 2 % des émissions anthropiques. Notre industrie s’attaque directement au problème avec des mesures ambitieuses pour maintenir de faibles niveaux d’émissions, sans perdre de vue d’autres enjeux comme la qualité de l’air local ou le bruit. Les dirigeants de cette industrie se sont récemment réunis à Genève pour signer une déclaration exprimant leur volonté d’agir pour le climat en stabilisant leurs émissions malgré la croissance du trafic, tout en aspirant à un avenir sans émissions. En tant qu’industrie, nous estimons que la technologie et l’innovation nous permettront d’améliorer les performances des générations actuelles et futures d’avions.Les compagnies aériennes font leur part et intensifient leurs efforts, notamment en nettoyant leurs appareils entre les vols, ou en demandant aux autorités qui gèrent le trafic aérien d’optimiser les réseaux de routes, pour améliorer leur efficacité énergétique et d’exploitation. Plusieurs transporteurs aériens ont commencé à mettre en rapport les itinéraires demandés avec ceux qui leur ont été effectivement attribués, pour conclure que leur efficacité énergétique aurait pu être de 10 % supérieure si l’on avait accédé à leurs demandes. D’autres compagnies aériennes améliorent les performances de leurs flottes en y apportant des améliorations technologiques ou en faisant l’acquisition d’avions plus économes en carburant afin de se défaire des appareils vieillissants, plus gourmands.Chez Boeing, notre engagement environnemental commence au stade de la recherche-développement. Nous veillons à ce que notre stratégie environnementale soit clairement et rigoureusement définie. Dans notre approche, nous devons prendre en compte la nécessité d’améliorer nos performances environnementales sans perturber la circulation des personnes et des biens à travers le monde.La mise en service d’avions novateurs comme le 787 Dreamliner et le 747-8 Intercontinental permettra sous peu de réduire sensiblement le bruit et les émissions, et de montrer aux passagers que l’aviation fait sa part. En misant sur l’innovation, nous contribuons à apaiser le sentiment de culpabilité que commencent à éprouver les voyageurs dans certaines régions d’Europe.Mais les performances environnementales ne résultent pas uniquement de la conception des avions. Elles procèdent d’un effort délibéré qui nous amène à constamment améliorer l’efficacité énergétique pour nos clients. À l’heure de la flambée des prix des carburants, c’est une simple question de logique commerciale, qui bénéficie en plus à l’environnement. En effet, un litre de carburant non consommé, c’est 3,2 litres de CO2 en moins dans l’atmosphère.Pour réduire la consommation de carburant, la conception du 787 utilise la fibre de carbone, qui le rend plus léger que les avions de taille comparable. Cette diminution du poids réduit la résistance aérodynamique, permettant au Dreamliner de consommer moins de carburant (par passager) que ses concurrents, d’où une réduction immédiate et mesurable des émissions de CO2. Les gains d’efficacité de l’appareil se traduisent également par une atténuation de 60 % de l’empreinte acoustique. De fait, les programmes 787 et 747-8 reposent sur une approche visant à faire en sorte que l’impact de ces deux appareils sur le climat soit plus faible que celui de leurs prédécesseurs. Dans d’autres domaines technologiques, Boeing contribue à guider l’industrie vers la commercialisation d’une nouvelle génération de carburants durables d’origine végétale ayant une empreinte carbone plus faible et n’entrant pas en concurrence avec les ressources alimentaires et foncières. Ce nouveau type de biocarburant – ou biojet – laisse entrevoir d’intéressantes perspectives du point de vue du cycle de vie. Les carburants d’origine végétale absorbant le CO2 pendant leur croissance, ils peuvent réduire la dépendance de l’industrie aérienne à l’égard des carburants fossiles tout en permettant une réduction de 50 à 80 % du CO2 au cours de leur durée de vie. Voilà un progrès remarquable pour l’industrie et pour sa capacité à soutenir des destinations où les parts du tourisme, du commerce et de l’aviation dans le PIB sont importantes.Nous avons déjà réalisé le premier vol commercial au biocarburant pour prouver que cela était possible, et deux autres vols sont programmés. En outre, nous avons récemment effectué le premier vol utilisant la technologie propre et silencieuse de la pile à hydrogène. Mais les solutions demandent du temps et il faudra attendre encore entre 5 et 7 ans pour une utilisation commerciale des biocarburants, voire davantage pour les applications de la pile à combustible, puisque ses bases technologiques sont encore en développement.Enfin, nous continuons de militer pour l’amélioration du système mondial de transport aérien. Même les avions les plus perfectionnés ne pourront répondre aux attentes s’ils doivent évoluer dans un système désuet caractérisé par des circuits d’attente, des annulations de vols et des réseaux de routes sous-optimisés. C’est pourquoi nous avons récemment annoncé, conjointement avec Airbus, que nos entreprises collaboreront pour accélérer l’amélioration du système mondial de gestion du transport aérien afin d’en éliminer les causes évitables de congestion.Il s’agit d’un enjeu sensible à l’égard duquel nous avons tous un rôle à jouer. Les hommes veulent pouvoir se déplacer librement à travers le monde, sans se sentir indûment coupables. Lorsque nous aurons remplacé les informations erronées par des faits, des données et des solutions technologiques novatrices, nous pourrons enfin affirmer avoir résolu efficacement l’un des éléments de la problématique du changement climatique. L’aviation prend progressivement des mesures pour améliorer ses performances, et Boeing continuera d’être écologiquement responsable en démontrant son engagement par une action concrète.Voir www.boeing.frL’Observateur de l’OCDE n° 267, mai-juin 2008


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