Pécher par excès

Globalisation and Fisheries

La pêche a beau être une activité économique ancienne, elle n’en est pas moins au premier plan de la mondialisation. Il y a d’abord l’aspect commercial : un merlu attrapé sur les côtes néo-zélandaises par un bateau japonais peut être transformé en Chine avant d’être transporté sur un marché à Londres ou Paris.

La pêche est également un secteur très sensible, les stocks halieutiques connaissant des pressions renforcées par le fait que plus de personnes à travers le monde veulent manger du poisson, souvent même à un prix élevé. La distribution des bénéfices le long de la chaîne de valeur prête aussi à discussion. Pour des poissons comme le thon ou le Saint-Pierre, il y a au moins 10 dollars de différence entre le prix payé par le consommateur dans un pays développé et celui reçu par l’exportateur dans un pays en développement. Le prix à la consommation du filet est environ 250 % plus élevé que le prix à l’exportation. Pourtant, la valeur ajoutée après l’exportation est minimale.

Tout au long de la chaîne logistique mondiale, des pêcheurs aux détaillants, il existe des pressions concurrentielles. Prenons les restaurants Darden aux États-Unis, qui se fournissent dans plus de 30 pays. Dans Globalisation and Fisheries, Darden souligne que pour maintenir une consommation par tête de 7,35 kg par an aux États-Unis, il faudra environ 400 000 tonnes supplémentaires de produits de la mer. Il s’agit d’une augmentation de 15-20 %.

Les pêcheurs travaillent dur pour répondre à ces demandes, mais l’inconvénient est que cette concurrence mène à des situations de surpêche, qui affectent l’équilibre des écosystèmes et la vie aquatique, et menacent la biodiversité. Par exemple, les infestations de méduses sur les plages méditerranéennes sont dues à un déclin du stock de thon. Ces modifications influencent aussi le changement climatique, à travers la réduction de la capacité des océans à absorber le carbone et le transport des poissons sur des marchés lointains.

Ce livre rend compte de différentes expériences et points de vues, et chacun admet la nécessité d’une gestion durable et responsable des pêcheries. Mais cela sera-t-il suffisant pour que les décideurs arrivent à des résultats, que ce soit sur les investissements, les réformes du marché ou la réglementation ? Les consommateurs n’attendent pas : Tesco, le plus gros détaillant britannique, a récemment déclaré que les 70 000 produits vendus dans ses enseignes seront étiquetés afin que les consommateurs puissent comparer les coûts en carbone de la même manière qu’il le font pour le nombre de calories. Il faudra voir si ce genre d’initiatives, qui bénéficiera sûrement au merlu local, peut assainir le marché mondial de la pêche.

ISBN 9789264037762

©L’Observateur de l’OCDE n° 266, mars 2008




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