Vers des politiques intégrées

ministre des Transports de Finlande et Présidente du premier Forum international des transports à Leipzig en mai 2008

©Gouvernement finlandais

Les transports contribuent très largement aux émissions de CO2. Les décideurs publics peuvent-ils faire évoluer les choses ? Anu Vehviläinen, ministre des Transports de Finlande et Présidente du premier Forum international des transports à Leipzig en mai 2008, nous répond.

L’Observateur de l’OCDE : Quelles doivent être selon vous les priorités auxquelles les ministres des transports devraient s’attaquer dans la lutte contre le changement climatique ?Anu Vehviläinen : Avant tout, cette lutte nécessite une stratégie intégrée. N’oubliez pas que les transports, bien qu’étant un secteur à part entière, sont surtout un service intermédiaire qui procure de la valeur ajoutée à d’autres domaines de la vie humaine et à d’autres activités économiques. La réduction de la demande de transport, des volumes du trafic et des émissions qui y sont liées doit donc, à l’évidence, être étayée par les autres politiques concernées, notamment la planification foncière, la politique fiscale, la politique industrielle et la politique d’aménagement du territoire. Nous avons donc besoin d’une approche intégrée et d’une plus grande cohérence entre ces politiques.Dans une stratégie intégrée, tous les types d’instruments – économiques, législatifs ou techniques, y compris les carburants alternatifs – sont mis en oeuvre aussi activement et largement que possible afin de réduire les émissions liées aux transports. Les instruments économiques, en particulier, peuvent et doivent être utilisés davantage pour influencer les comportements en matière de transports et les choix des consommateurs.La Finlande prend-elle actuellement des mesures innovantes dont, selon vous, les enseignements seraient profitables à tous ?L’une des initiatives récentes principales a été l’adoption par le gouvernement finlandais, le 1er janvier 2008, d’un nouveau régime de différenciation des taxes en fonction des émissions de CO2. Chaque gramme de CO2 fait varier cette taxe, et par conséquent le prix de la voiture. Ces trois derniers mois, les émissions de CO2 des nouvelles voitures particulières immatriculées ont déjà diminué assez radicalement (d’environ 10 %), largement grâce à ce régime. En moyenne, les émissions de CO2 des voitures nouvellement immatriculées ont représenté quelque 179 g/km en 2007, mais 163 g/km de janvier à mars 2008.La taxe annuelle sur les véhicules à moteur fera l’objet d’une différenciation analogue à partir du début de l’année 2010. En vue de renforcer l’impact positif de notre modification de la taxe sur les choix des consommateurs, nous prévoyons de lancer un nouveau système d’étiquetage écologique des voitures particulières, plus riche en informations, qui reprendrait la notation ABCDEF déjà largement utilisée pour l’éco-étiquetage des appareils électroménagers.Autre exemple, les accords volontaires d’efficacité énergétique et d’économies d’énergie conclus avec des opérateurs de transport, notamment quatre associations de transporteurs de marchandises et d’opérateurs de transports publics. Notre objectif est d’atteindre au moins 9 % d’amélioration de l’efficacité énergétique dans le fret et les transports en commun sur la période 2008-2016. Cela nécessitera des critères de performance énergétique dans la passation de marchés de services de transport, l’extension de l’écoconduite et des mesures techniques, par exemple sur la pression des pneus, les contrôles ou l’entretien des véhicules. Enfin, je souhaite mentionner la forte part de marché des transports en commun dans l’aire métropolitaine d’Helsinki. Environ 70 % des trajets centre-banlieue aux heures de pointe s’effectuent par les transports publics. Ces services sont assurés à des tarifs très compétitifs, surtout pour les abonnements mensuels ou annuels, et se révèlent de surcroît très fiables, fréquents et de haute qualité dans la zone d’Helsinki.Quels messages voudriez-vous que les ministres et le public retiennent de la conférence de Leipzig ?Les émissions liées aux transports sont en hausse dans le monde entier et risquent de neutraliser les réductions des émissions de CO2 réalisées dans d’autres secteurs. La politique des transports et le secteur lui-même doivent assumer leur part du fardeau dans la lutte contre le changement climatique. À long terme, la technologie et les carburants alternatifs nous aideront à réduire le bilan carbone des transports, mais à court et à moyen terme, il faut prendre un large éventail de mesures. Comme je l’ai souligné, nous devons employer une stratégie intégrée et cohérente pour changer le cours des choses. Le public devrait être mieux informé de l’influence des transports sur le climat. Étant tous automobilistes ou usagers des transports, nous avons, par nos choix quotidiens, une grande influence sur les émissions liées aux transports. Le changement dépend de nous tous. Il faut bien comprendre que si nous, ministres des transports, nous battons résolument contre le changement climatique, le soutien de chaque citoyen est nécessaire dans cette tâche ardue.Visitez le site du ministère des Transports finlandais : www.mintc.fi/ (également en anglais), et celui de Mme Vehviläinen : www.anuvehvilainen.fi©L’Observateur de l’OCDE n°267, mai-juin 2008


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