L’OCDE face aux défis mondiaux

Premier ministre du Japon

©Reuters/Issei Kato

Alors que l’économie mondiale est en proie à de nombreuses et diverses turbulences, les pays de l’OCDE s’appliquent à rechercher des solutions face à ces défis.
Ils s’inquiètent en effet du futur de l’économie mondiale après la crise des crédits à risques, des effets du changement climatique et de la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires, ou encore de l’éventualité de ne pas pouvoir atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) de lutte contre la pauvreté.Le sommet du G8, qui se tiendra du 7 au 9 juillet à Toyako, Hokkaido, au Japon, constituera l’une des principales tentatives de réponse à ces défis. L’économie mondiale, l’environnement, le changement climatique, le développement et l’Afrique, et autres questions politiques, seront abordées lors de cette rencontre.Conséquence de la crise des crédits à risques et de l’ascension vertigineuse des prix du pétrole, le ralentissement de l’économie mondiale est déjà une réalité. L’évolution des techniques financières et l’absence de réelle gestion du risque ont entraîné un effet de contagion par le biais de la titrisation. Nous devons renforcer la stabilité du système financier international par l’adoption de mesures visant notamment à améliorer la transparence des institutions financières en matière de risque et à revoir le rôle des systèmes de notation.Face à ces turbulences financières, nous pouvons tirer les leçons de l’expérience douloureuse de l’éclatement de la bulle économique au Japon. En premier lieu, il est impératif de réagir rapidement. Ensuite, il faut tuer dans l’oeuf tout risque d’évolution vers une contraction du crédit. À cet égard, je salue les efforts des autorités financières pour analyser les causes de la récente tourmente sur les marchés financiers et de la hausse des prix pétroliers, et pour examiner les mesures appropriées à moyen ou à long terme.L’économie mondiale est aussi confrontée à une escalade des prix alimentaires. Les populations les plus vulnérables sont de plus en plus menacées par la faim et la malnutrition. Des pans entiers de la population de nombreux pays sont désormais touchés par cette montée des prix, source de tensions sociales. L’aide humanitaire d’urgence doit être associée à des perspectives de développement socio-économique à plus long terme. Il va sans dire que cette situation compromet gravement les possibilités d’atteindre les OMD. Je pense que le Sommet de Toyako devra être empreint d’un sentiment d’urgence. Pour faire face au problème, le Japon a décidé d’apporter en avril une aide alimentaire d’urgence de 100 millions de dollars par l’intermédiaire du Programme alimentaire mondial (PAM). Le Japon a déjà versé environ 68 millions au PAM en 2008.La question du changement climatique sera absolument prioritaire au Sommet de Toyako. L’année dernière, le Japon a proposé l’initiative « Cool Earth 50 » appelant à réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2050. Lors du Forum économique mondial en janvier, j’ai également proposé le programme « Cool Earth Promotion » en trois volets.Premièrement, en ce qui concerne le modèle de l’après-Kyoto, j’appelle l’ONU à examiner la stratégie et les mesures à adopter pour parvenir à une diminution des émissions de gaz à effet de serre, et à leur réduction de moitié d’ici 2050. Afin d’assurer cette diminution, il sera indispensable de créer un système auquel chacun participe, notamment les principaux émetteurs.Deuxièmement, sur le front de la coopération internationale en matière d’environnement, j’ai proposé de fixer un objectif d’amélioration de l’efficacité énergétique de 30 % d’ici 2020. Le Japon va aussi créer un nouveau mécanisme de financement, le « Partenariat Cool Earth », à hauteur de 10 milliards de dollars, pour aider les pays en développement à faire reculer leurs émissions tout en assurant leur croissance économique.Le troisième volet concerne l’innovation. Le Japon accélérera le développement de technologies sobres en carbone comme les centrales au charbon à émission zéro, la production d’énergie solaire à haut rendement, etc.L’OCDE est l’un des meilleurs et des plus importants « laboratoires d’idées » au monde. Elle peut apporter beaucoup à la communauté internationale dans les défis que nous affrontons. Elle a une longue et remarquable expérience de l’analyse des questions transversales. Le changement climatique n’est pas seulement une question à caractère économique, il concerne aussi le développement et la diffusion des technologies, et influence largement nos modes de vie. J’espère que l’OCDE nous apportera une analyse équilibrée s’appuyant sur une évaluation réaliste des coûts et avantages des diverses mesures pour réduire les émissions de CO2.La Réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres portera également sur des questions organisationnelles comme l’élargissement, l’engagement renforcé et les contributions financières. À l’heure de la mondialisation, les défis que nous venons d’évoquer ne peuvent plus être gérés efficacement par les seuls pays membres de l’OCDE. Il est donc très important que l’OCDE renforce sa coopération avec les économies non membres par des programmes d’ouverture et d’engagement renforcé. Il y a quelques années, lors de la réunion ministérielle, le Japon avait posé cette question sur l’avenir de l’OCDE : « Aujourd’hui, l’OCDE est à la croisée des chemins. Deviendra-t-elle une organisation internationale dotée d’une réelle influence mondiale ? » Si l’Organisation veut être à la hauteur de ses pays membres et de la communauté internationale, je pense que la seule réponse possible doit être un « oui » sans réserve.© L’Observateur de l’OCDE n° 267, mai-juin 2008


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