La feuille de route de Bali

Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU, devant la Conférence de Bali sur les changements climatiques, en décembre 2007
©L’Observateur de l’OCDE n° 264/265, décembre 2007-janvier 2008

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, à Bali en décembre 2007, fut chargée en enjeux politiques et en émotions. Mais a-t-elle donné des résultats, et que reste-t-il à faire ? L’ambassadeur de Nouvelle-Zélande pour le Changement climatique nous donne son point de vue.

Adrian Macey, ambassadeur de Nouvelle-Zélande pour le Changement climatique, ministre des Affaires étrangères et du Commerce.Au cours d’une dernière journée très intense, un accord a finalement été trouvé lors de la dernière journée de la conférence des Nations unies à Bali sur les changements climatiques. Que prévoit-il exactement ? Débarrassé de l’ambiguïté constructive nécessaire pour atteindre un consensus, l’accord admet la nécessité de réductions mondiales des émissions, pour lesquelles les pays développés doivent jouer un rôle moteur, et demande aux pays en développement des contributions quantifiables en contrepartie d’une assistance technologique, financière et d’adaptation. L’engagement de s’attaquer aux émissions liées à la déforestation constitue un autre aspect important.Il ne s’agit pas encore véritablement d’une réelle feuille de route, plutôt d’un croquis d’itinéraire traversant un territoire inconnu. Les deux années de négociations à venir devront créer les routes et les repères nécessaires. C’est un défi intimidant sur une si courte période, mais l’OCDE et ses pays membres ont un rôle central à jouer.La Nouvelle-Zélande salue le caractère exhaustif des conclusions de la conférence sur les dispositions post-2012. Notre propre contribution à cette exhaustivité est notre système d’échange de droits d’émission. Il entrera en vigueur l’an prochain et concernera l’ensemble des secteurs économiques et des gaz à effet de serre à l’horizon 2013. D’ailleurs, la loi instituant ce système a justement été adoptée en première lecture par notre Parlement – avec seulement deux voix contre – pendant la conférence de Bali. La Nouvelle- Zélande joue également un rôle de premier plan dans la recherche sur les émissions de gaz à effet de serre autres que le CO2 provenant des animaux d’élevage, lesquelles n’ont guère retenu l’attention jusqu’ici sur le plan international alors qu’elles peuvent représenter 25 % ou plus des émissions totales, 50 % dans le cas de la Nouvelle- Zélande. Nous avons créé le réseau international LEARN (Livestock Emissions Abatement Research Network) pour faire avancer cette recherche.Comment l’OCDE peut-elle, en tant qu’organisation, contribuer à la feuille de route de Bali ? Ses atouts majeurs sont ses capacités analytiques et son engagement avec certains des principaux pays en développement et économies émergentes. En tant que lieu de dialogue et non de négociation, l’OCDE dispose d’une plus grande liberté pour étudier les problèmes avec les pays en développement partenaires. Nombreuses sont aujourd’hui les instances qui s’occupent de changement climatique. L’OCDE n’a aucun besoin de reproduire le travail déjà effectué par d’autres, comme la conception des bases du régime post-2012, lesapproches sectorielles de la réduction des émissions ou l’amélioration des mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto.L’Agence internationale de l’énergie (AIE), organisation apparentée à l’OCDE, joue un rôle fondamental dans l’étude de l’aspect le plus important du changement climatique, l’avenir des approvisionnements et de la production énergétiques. Créé en 1994 pour traiter des questions analytiques, le Groupe d’experts OCDE/AIE de l’Annexe I de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) joue également un rôle important, de l’élaboration d’orientations pour la notification normalisée à des activités préparant le terrain pour des échanges de droits d’émission et d’autres instruments de marché prévus dans le Protocole de Kyoto. Les experts de l’environnement, des échanges et du développement participent également.Le besoin apparaît néanmoins de franchir un nouveau palier dans le traitement du changement climatique à l’échelle de l’OCDE, en instaurant une coordination plus poussée dans le cadre de priorités stratégiques, en phase avec les besoins des négociations sur l’après-2012. Des lacunes restent à combler, dont beaucoup relèvent de la sphère économique. L’OCDE pourrait continuer à travailler sur les sujets suivants : modélisation des incidences macro et micro-économiques ; échanges et changement climatique ; instruments financiers ; évaluation des coûts de l’atténuation ; arrangements possibles en matière de partage de la charge pour assurer que les différents pays font des efforts comparables ; critères pour éclairer la participation des pays en développement.En réglant certaines de ces questions délicates, on contribuerait utilement à transformer le croquis de Bali en véritable feuille de route.©L’Observateur de l’OCDE n° 264/265, décembre 2007-janvier 2008


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