Vers une meilleure économie mondiale

Secrétaire général de l’OCDE
Lors du Sommet de Heiligendamm en juin, et à la réunion ministérielle de l’OCDE au mois de mai à Paris, l’avenir de l’économie mondiale était dans tous les esprits. La raison en est simple : la configuration économique et politique de la planète a changé, et il devient évident que seule une intensification de la coopération entre les principaux acteurs mondiaux permettra d’avancer sur les grands dossiers. Nous avons commencé à réagir.
La réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres, présidée cette année par le vice-Premier ministre et ministre des Finances de l’Espagne, M. Pedro Solbes, s’est penchée sur ces questions cruciales.Prenons l’innovation. Bien que vitale pour la compétitivité, la productivité et le progrès, elle reste trop faible dans trop de pays. Les gouvernements doivent exploiter toutes les dimensions de l’innovation, depuis l’enseignement et le recrutement des chercheurs jusqu’aux droits de propriété intellectuelle, en passant par l’investissement public et privé. La nouvelle Stratégie de l’OCDE pour l’innovation devrait les aider, en leur fournissant un cadre approprié. À l’instar de la Stratégie pour l’emploi, elle s’appuiera sur des faits pour identifier des pratiques exemplaires.Le changement climatique compte parmi les défis que l’innovation peut nous aider à résoudre. De nouveaux efforts seront nécessaires pour réduire les émissions de carbone. L’OCDE, avec son organisation sœur, l’AIE, contribuera à établir un cadre d’action utilisant une pluralité de moyens, dont ceux du marché.Les défis planétaires peuvent exiger de douloureuses réformes, et l’économie politique de la réforme est un art difficile. Les pays peuvent apprendre de leurs expériences respectives de la conception des politiques, des communications et des partenariats, par exemple. L’OCDE a beaucoup à offrir en la matière, et elle intensifiera ses travaux susceptibles de soutenir les gouvernements dans leurs réformes.L’OCDE doit également contribuer à un meilleur fonctionnement de toute l’économie mondiale, et y associer le plus grand nombre. Le progrès passe par l’ouverture des échanges. Le cycle de Doha, s’il connaît une issue heureuse, améliorera les perspectives de développement de nombreux pays. Au-delà de Doha, il faudra notamment relever les défis de l’ajustement à la concurrence et de la libéralisation des services et des échanges alors qu’existent déjà une multitude d’accords multilatéraux, bilatéraux et régionaux. Les pays membres auront besoin de nous sur ces questions.L’intérêt que présente l’Organisation pour nos partenaires mondiaux ne repose pas seulement sur les échanges et le développement. Afin d’élargir notre sphère d’influence en défendant des politiques économiques judicieuses et une bonne gouvernance, nous devons bâtir une structure plus ouverte sur le monde et des liens plus étroits avec des pays d’importance économique stratégique.Nos pays membres ont décidé d’entamer des discussions d’adhésion avec le Chili, l’Estonie, Israël, la Fédération de Russie et la Slovénie.La Résolution adoptée par le Conseil en mai invite sans ambiguïté l’OCDE à « renforcer la coopération avec le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud dans le cadre de programmes d’engagement renforcé en vue de leur adhésion éventuelle. »Ces pays sont aujourd’hui les « locomotives » de la croissance mondiale. Nos pays membres estiment que si les politiques et activités de ces pays ont un impact sur l’OCDE, notre expérience en matière de bonnes pratiques peut en retour leur être profitable. Nous coopérons déjà étroitement avec certains de ces pays, mais souhaiterions maintenant construire une relation plus structurée. Accueillir de nouveaux membres à l’OCDE constituera un événement capital. Mais nous n’en sommes pas encore là, et le processus sera assurément jalonné de difficultés techniques et politiques. Le processus d’adhésion implique des engagements, des ressources et une réforme institutionnelle et financière.Le processus ne s’arrêtera pas avec l’adhésion de ces pays. D’autres relations stratégiques devront être développées, notamment avec des pays d’Asie du Sud-Est.Lors de leur réunion en mai, les ministres ont aussi évoqué les possibilités de collaboration renforcée avec le G8 et notamment l’appui que l’OCDE peut apporter aux efforts de ces pays pour instaurer un dialogue renforcé avec les grandes économies émergentes.L’idée fait son chemin depuis le Sommet du G8 du mois de juin. Le G8 renforcera ses relations avec cinq pays – l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et le Mexique – le « groupe O5 ». L’OCDE servira de plateforme pour ce qui est devenu le Processus de Heiligendamm. Il s’agit d’une avancée décisive, qui doit beaucoup à la détermination de la Chancelière Angela Merkel et de son sherpa au G8, Bernd Pfaffenbach. Nous sommes fiers d’apporter notre pierre à l’édifice.Notre collaboration est logique. Les pays du G8 sont tous membres de l’OCDE, à l’exception de la Russie, qui souhaite d’ailleurs adhérer. Dans le « groupe O5 », le Mexique est membre de l’OCDE, et les quatre autres pays figurent dans notre programme d’engagement renforcé. Les thèmes de discussion retenus – investissement, droits de propriété intellectuelle, développement et énergie – confirment ces affinités naturelles.L’ouverture représente une réponse historique à l’évolution de notre monde. L’objectif est d’améliorer les pratiques nationales et internationales, d’apaiser les tensions et de resserrer la coopération pour mettre en place une économie mondiale à la fois meilleure, plus juste et plus dynamique. Nous pouvons y parvenir, et l’OCDE, en devenant un « pivot de la mondialisation » efficace, doit jouer un rôle décisif à cet égard.
Pour accéder à la version intégrale du résumé de la Présidence, et pour plus d’informations sur le Processus de Heiligendamm, voir www.oecd.org/mcm2007-fr et www.g-8.de.
Voir d'autres articles par Angel Gurría
©L’Observateur de l’OCDE Nº 262 Juillet 2007


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