Le choix écologique de la Chine

Lancement de l’initiative « choix écologique »
Le 22 mars 2007, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, 21 ONG environnementales chinoises ont lancé une initiative commune, sur le thème du « choix écologique », en direction de l’immense population de consommateurs que compte le pays. Tous les Chinois sont invités à prendre en considération les performances environnementales des entreprises dans leurs décisions d’achat quotidiennes. Trop souvent, les produits de marque dissimulent des pratiques polluantes illicites. Il appartient aux consommateurs de faire preuve de discernement et d’utiliser leur pouvoir d’achat individuel pour inciter ces entreprises hors-la-loi à revoir leurs pratiques écologiquement préjudiciables.
La Journée mondiale de l’eau était un jour approprié pour ce coup d’envoi. La Chine est confrontée à des problèmes préoccupants de pollution hydrique. Les volumes importants d’eaux usées rejetés par les entreprises polluantes sont pour beaucoup dans les menaces qui pèsent sur la santé publique et sur des ressources en eau déjà limitées. Certaines entreprises enfreignent les normes contraignantes sur les eaux usées au point de provoquer de graves accidents de pollution et d’imposer des coupures d’eau. Pourtant, au lieu d’avoir à répondre de leurs actes répréhensibles, les coupables affichent toujours de brillants résultats commerciaux. La fonction indicatrice du marché est faussée. Faute du moindre rappel à l’ordre, les pratiques s’éloignent toujours plus des exigences environnementales. En l’absence de pénalités financières, les entreprises polluantes gagnent des parts de marché alors qu’elles se soustraient à leurs obligations de protection de l’environnement. Notre inertie en tant que consommateurs à l’égard des pollueurs profite aux entreprises et nous pénalise. À terme, la pollution imputable à la production compromet la qualité de la vie et le bien-être collectif.Les conditions propices à la réussite de l’initiative de « choix écologique » sont aujourd’hui réunies en Chine. Tout d’abord, les consommateurs peuvent choisir parmi de nombreuses marques bien connues. Ensuite, les services de protection de l’environnement relaient les informations émanant du gouvernement et des instances officielles. L’Institut de recherche pour le public et l’environnement a ainsi recensé près de 5 000 entreprises en infraction avec les normes sur les rejets polluants. Il s’agit, dans la plupart des cas, de petites et moyennes entreprises locales, mais beaucoup de grands acteurs industriels et de multinationales sont également concernés.Nous espérons que les consommateurs prêteront attention à la liste des entreprises polluantes et seront vigilants envers certaines marques. La prochaine fois qu’ils feront un choix, nous espérons qu’ils pourront repérer les produits provenant d’entreprises fautives et faire un « choix écologique », en envoyant un signal clair aux entreprises. Les consommateurs peuvent exercer une réelle pression commerciale et, au bout du compte, amener les pollueurs à prendre la mesure des effets dommageables d’une pollution illégale sur leur image de marque et leur part de marché. Sous l’influence des consommateurs, les entreprises devront tôt ou tard se conformer aux normes sur les rejets et se soucier davantage de préserver l’environnement.Parallèlement, nous appelons les géants de la distribution et de l’industrie à renforcer la gestion de leurs chaînes de production en confrontant la liste de leurs fournisseurs et celle des pollueurs, puis en soumettant à des vérifications rigoureuses les fournisseurs non conformes aux normes. Les entreprises qui optent pour une gestion écologique de leur chaîne de production et veillent à l’application de procédés « verts » à tous les stades, de la production jusqu’au marché, gagneront la confiance et le soutien des consommateurs sensibilisés à l’environnement.Sans ignorer le rôle déterminant que jouent les entreprises dans la prospérité économique et le progrès social du pays, nous estimons qu’elles ne sont pas pour autant autorisées à répercuter sur la collectivité les coûts environnementaux de leurs procédés de fabrication. Nul ne peut s’affranchir des lois et réglementations sur l’environnement, ni dans le cadre d’une activité familiale ni dans celui d’une grande entreprise multinationale. Nous espérons que les entreprises en infraction se rendront aux pressions du public, mettront fin à leurs rejets illégaux et s’efforceront d’améliorer leurs pratiques environnementales. La confiance et la fidélité du public sont à ce prix. Notre coalition, forte de 21 ONG chinoises, s’attache activement à mobiliser des ressources ; nous ne ménagerons aucun effort pour apporter nos avis et nos connaissances spécialisées aux entreprises désireuses d’améliorer leurs performances environnementales.Nous comptons bien que le « choix écologique » pèsera véritablement sur le marché, et aidera ainsi les organismes de protection de l’environnement, à tous les niveaux d’administration, à maîtriser plus efficacement la pollution. Le « choix écologique » va assurément dans le sens d’un marché juste et équitable – dans lequel les entreprises écologiquement responsables restent compétitives et financièrement prospères. Nous espérons qu’il amorcera une dynamique incitant les entreprises commerciales à réduire la production de déchets et à économiser l’énergie, et donnera une nouvelle orientation positive au développement économique de notre nation. Grâce au « choix écologique », le public pourra défendre et protéger son droit à un environnement sain, et revoir couler des eaux pures sous un ciel d’azur.
L’initiative « choix écologique » a été lancée à l’initiative des ONG suivantes : Village mondial de Pékin ; Volontaires pour une planète verte ; Amis de la nature ; Gardes de la rivière Huai ; Île verte ; Centre d’assistance juridique aux victimes de la pollution ; Association pour la promotion du développement durable (Pékin) ; Gardiens de la nature ; Association de défense de l’environnement et du public ; Institut sur l’environnement mondial ; Nature sauvage de Chine ; Fonds pour la préservation de la nature du Xinjiang ; Voix verte du Hebei ; Amis de l’écologie (Tianjin) ; Fédération des volontaires écologistes (Chongqing) ; Bassin du Yunnan ; Le chameau à la cloche verte (Gansu) ; Mouvement vert de la rivière Han (Hubei) ; Réseau d’action environnementale Pierre verte (Nanjing) ; L’oeil vert (Wenzhou) ; Institut de recherches pour le public et l’environnement.
  • Voir le site de l’Institut de recherche pour le public et l’environnement : www.ipe.org.cn
©L’Observateur de l’OCDE No. 261, Mai 2007


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