Innovation, croissance et équité

Vice-Premier ministre d’Espagne et président de la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres
« L’innovation : programme d’action de l’OCDE pour la croissance et l’équité » : voici le thème de la réunion ministérielle du Conseil de l’OCDE les 15 et 16 mai prochains. Il reflète ce que beaucoup de gouvernements considèrent comme des priorités.
Parvenir à une croissance durable et soutenable est sans doute un objectif majeur pour les pays de l’OCDE, mais les problèmes d’équité comptent aussi. Leur pertinence intrinsèque peut être débattue sur le plan politique, mais l’équité a une incidence sur l’agenda économique, car elle peut influer sur le soutien de l’opinion aux politiques de croissance.La théorie économique souligne de plus en plus l’importance de l’innovation comme moteur de la croissance, par opposition à une simple accumulation de capital. L’innovation contribue à accroître le revenu par habitant par son effet direct sur le bien-être, mais aussi de façon indirecte : chaque innovation contribue à la masse des connaissances, favorisant ainsi le progrès et le bien-être. Étant donné l’importance de ses externalités positives, l’innovation est l’un des rares domaines dans lesquels la nécessité de l’action publique fait l’unanimité. La réunion du Conseil traitera des moyens les plus appropriés pour exploiter ces externalités afin d’améliorer le bien-être sociétal.La croissance et l’équité rejoignent d’autres questions à l’ordre du jour de cette réunion ministérielle, comme le rôle de l’OCDE dans le monde. En presque cinquante ans, l’OCDE a contribué de manière significative au développement de l’économie de marché et de la bonne gouvernance à travers le monde ; son influence restera déterminante sur la scène internationale. Mais, à l’heure où d’autres organisations internationales repensent leur rôle devant les mutations du monde, il convient que l’OCDE fasse de même. Par exemple, nous devons examiner les principaux enjeux et défis concernant les échanges internationaux, dans le contexte des négociations du cycle de Doha. Avec son savoir-faire considérable en la matière, l’OCDE a un rôle à jouer dans ce domaine, tout en respectant les attributions de l’Organisation mondiale du commerce.Les questions de l’élargissement de l’OCDE, de l’accueil de nouveaux États membres et du renforcement des liens avec d’autres pays et d’autres régions sont également importantes. Plusieurs pays ont fait connaître leur désir de rejoindre l’Organisation, et il apparaît nécessaire de renforcer la collaboration avec des pays émergents et d’autres régions.Le débat portera sur les travaux réalisés dans l’Organisation suite au mandat sur l’élargissement qui lui a été confié lors de la réunion ministérielle de 2006, et devrait contribuer à renforcer l’influence de l’Organisation sur la scène internationale.Lors de cette réunion, les ministres aborderont également un sujet trop souvent négligé : l’économie politique de la réforme. En d’autres termes, comment les gouvernements peuvent faire face aux difficultés pratiques qu’ils rencontrent lorsqu’ils s’efforcent de mettre en œuvre des réformes, notamment pour améliorer la croissance et l’équité. Nul n’ignore que les transformations économiques structurelles, même si elles sont positives sur le bien-être à moyen et long terme, peuvent entraîner un recul à court terme pour la société, et pénalisent presque toujours certaines catégories de citoyens. Il peut donc y avoir des résistances politiques à la réforme qui entravent, voire interdisent l’adoption de mesures importantes. Pour réussir, la stratégie de réforme doit traiter ces obstacles. L’agencement temporel des réformes, l’élaboration d’une stratégie de communication appropriée et éventuellement la mise en place de compensations pour les groupes lésés sont autant de moyens d’action à considérer. La contribution essentielle de l’OCDE continuera à être constituée de recommandations sur les politiques à mettre en place, mais l’examen de ces problèmes d’économie politique représentera un complément précieux au mandat de base de l’Organisation. Le Conseil au niveau des ministres s’est fixé un ordre du jour ambitieux et d’une grande portée qui, j’en suis persuadé, contribuera à soutenir la dynamique que le Secrétaire général Angel Gurría a su initier à l’OCDE. Nous ferons tout notre possible pour le mener à bien. L’Observateur de l’OCDE N°261, Mai 2007 


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