Fret propre

Renforcer le transport par voies navigables : Aller de l’avant grâce à la coopération paneuropéenne
La plupart des transports de marchandises s’effectuent par rail et par route. Cependant, compte tenu de pressions environnementales et financières croissantes, l’attention se tourne à nouveau vers le transport fluvial.
Aux États-Unis par exemple, 500 milliards de tonnes-kilomètres de fret ont été acheminées par voie navigable en 2003, le triple de ce volume par route, et le quadruple par rail. L’Europe compte plus de 30 000 kilomètres de voies navigables reliant des centaines de villes et de régions industrielles. Néanmoins, le transport routier reste prédominant. En Allemagne, par exemple, 58 milliards de tonnes-kilomètres ont été transportées par voie navigable en 2003, contre 291 milliards par route et 79 milliards par voie ferrée. En Grande-Bretagne, le volume acheminé par voie navigable atteignait à peine 0,2 milliard de tonnes-kilomètres. Le transport fluvial représente tout juste 6,5 % du volume total des transports au sein de l’UE, et 3,9 % dans l’ensemble de l’Europe.Ces chiffres ont récemment incité la Conférence européenne des ministres des Transports (CEMT) à réfléchir à la relance d’initiatives pour exploiter les fleuves et canaux existants sur le territoire européen. Les raisons en sont nombreuses.La première est l’efficacité. Pour chaque litre de carburant consommé, une tonne de marchandises peut être transportée par barge sur 127 km. Cette distance est de 97 km par train et 50 km par camion. Une moindre consommation d’énergie, une grande fiabilité, des accidents plus rares, des économies de stockage et l’acheminement de cargaisons jusqu’à des zones difficilement accessibles font des barges, respectueuses de l’environnement, un choix de transport attrayant. La capacité de chargement d’une barge est 15 fois supérieure à celle d’un autorail et 60 fois supérieure à celle d’un semi-remorque. Il n’est pas étonnant qu’Airbus ait choisi la voie fluviale pour expédier à Toulouse les grosses pièces de son nouvel avion de 555 places.Comme l’indique le rapport de la CEMT, Renforcer le transport par voies navigables, la création d’un marché paneuropéen du transport fluvial est une perspective encore lointaine. Ce mode de transport est plus lent et les infrastructures doivent être développées. Il est également nécessaire d’harmoniser les réglementations et les procédures aux niveaux international et interrégional. Cette évolution appelle des règles équitables pour les entreprises, un marché plus libre et une concurrence loyale, au lieu du contexte très réglementé et presque monopolistique que connaissent actuellement plusieurs pays.Le développement du transport par voies navigables n’a pas que des avantages et, sur le plan politique, le creusement de canaux peut être sujet à controverse. Les propositions visant à construire un canal partant du Rhin pour traverser la France en empruntant la Saône jusqu’au Rhône ont rencontré beaucoup d’opposition, même dans les villes situées sur son tracé, et ont été abandonnées. Ces protestations n’étaient pas sans fondement : le trafic fluvial pollue l’eau et l’air, et il est bruyant. Par ailleurs, il fait concurrence aux activités de loisirs (navigation de plaisance, ski nautique, pêche…) qui influent, entre autres, sur les valeurs foncières, l’utilisation des sols et le tourisme. De surcroît, le transport de marchandises porte préjudice aux écosystèmes. Comme le signale une autre publication de la CEMT, Voies navigables et protection de l’environnement, les barrages, les écluses et le dragage peuvent faire varier le niveau de l’eau, son débit, et la géomorphologie du lit d’un cours d’eau, modifiant ainsi la sédimentation et l’érosion.Malgré tout, le transport par voies navigables reste plus écologique que les modes de transport terrestres, et surtout que le routier. Le second rapport affirme que les émissions atmosphériques seraient d’au moins 10 % supérieures en Europe si les 440 millions de tonnes de marchandises acheminées par voies navigables étaient transportées par route. Rééquilibrer le partage en faveur des voies navigables serait un défi. Pour y contribuer, il est utile de poursuivre l’adaptation des réseaux afin de répondre aux préoccupations environnementales actuelles. Renforcer le transport par voies navigables : ISBN 9282113566Voies navigables et protection de l’environnement : ISBN 9282113485L'Observateur de l'OCDE, N° 257, octobre 2006


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