Fusion d'avenir?

©André Faber

La fusion nucléaire pourrait-elle être la solution à nos problèmes énergétiques futurs ? C’est ce que pensent les scientifiques. Depuis des années, des expériences montrent comment la réaction de fusion, au lieu de faire éclater le noyau comme le fait la fission, force deux noyaux à former un noyau plus lourd, libérant de l’énergie au cours du processus.

La fusion est une technologie prometteuse. Comme la fission nucléaire, elle ne rejetterait pas de CO2. Les déchets produits seraient inoffensifs. De plus, le combustible (le deutérium, un isotope de l’hydrogène) est abondant puisqu’on le trouve dans l’eau de mer. Il serait fusionné avec le tritium, un isotope à durée de vie courte que l’on peut tirer du lithium, également abondant. Surtout, la fusion, imitant les réactions à l’œuvre au centre du soleil, promet d’être une source d’énergie inépuisable.Il y a pourtant un problème : les réactions durent rarement plus de quelques secondes, et l’on n’a pas encore réussi à mener des expériences à une échelle suffisamment importante pour tester le potentiel de la fusion comme source de puissance contrôlée.ITER, ou International Thermonuclear Experimental Reactor (Projet international de réacteur expérimental à fusion nucléaire), consiste à construire une immense installation scientifique de recherche et de démonstration à Cadarache, dans le sud de la France. Comme toute grande entreprise scientifique présentant des enjeux et des coûts importants, la politique internationale a joué un rôle primordial. Bien qu’ITER ait été conçu dans les années 80 par la Russie, la France et les États-Unis, le traité instituant l’organisation qui supervisera le projet n’a été signé que le 21 novembre 2006 par la Commission européenne, la Corée, les États-Unis, le Japon, membres de l’OCDE, et par la Chine, l’Inde et la Russie.Le dispositif de Cadarache appartient à la famille des « tokamaks » russes dans lesquels le gaz est confiné dans une chambre par un champ magnétique et porté à des températures extrêmement élevées. L’objectif est de produire ainsi 500 MW.La fusion ne produit pas de déchets radioactifs, mais les parois de la chambre restent contaminées plusieurs années. La réaction de fusion est néanmoins considérée comme sûre car il n’y a dans la chambre que la quantité de combustible nécessaire pour entretenir la réaction. Celle-ci peut donc être facilement interrompue. Selon les prévisions, l’installation ITER sera achevée en 2016 et sera exploitée une dizaine d’année avant d’être mise hors service. L’objectif est de « faire la démonstration de la faisabilité scientifique et technologique de l’énergie de fusion », et l’installation de Cadarache ne produira pas d’électricité pour une utilisation externe.Pour Fatih Birol, économiste en chef à l’Agence internationale de l’énergie, ITER est un projet fantastique, mais la fusion nucléaire ne fait pas encore partie des options énergétiques envisageables. « Elle pourrait figurer un jour dans les bouquets énergétiques nationaux, mais quand ? Dans le contexte du réchauffement climatique, 50 ans sont déjà une longue période ».  RJCVoir www.iter.org  et www.itercad.org L’Observateur de l’OCDE Nº 258/259, Décembre 2006


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