Recherche femmes scientifiques

©ACJA-Fonds Curie & Joliot-Curie

Marie Curie fut l’une des plus grands scientifiques du XXème siècle. Avec la découverte du radium, cette scientifique franco-polonaise a ouvert la voie à la physique nucléaire et au traitement du cancer. En 1903, elle obtint avec deux autres personnes le prix Nobel de physique et fut la première femme en Europe à obtenir un doctorat dans cette même discipline. Huit ans plus tard, elle reçut le prix Nobel de chimie. Plusieurs autres distinctions lui furent également attribuées, notamment aux États-Unis. Un siècle plus tard, la réussite de Marie Curie semble vraiment exceptionnelle, notamment en matière d’égalité des sexes.

Les femmes ne sont pas absentes des activités scientifiques. Elles sont par exemple bien représentées dans l’enseignement supérieur et la recherche. Mais les femmes exerçant une profession scientifique sont plus rares, entre 25 et 35 % du personnel de recherche. Pourquoi cela, alors qu’il y a eu une augmentation des femmes diplômées en sciences et ingéniérie ces dernières années ?Les ministres des Sciences des pays de l’OCDE ont intérêt à combler l’écart entre la participation grandissante des femmes dans les études supérieures et la formation à la recherche, et leur part dans les emplois scientifiques. En effet, il est aujourd’hui important de trouver les moyens d’attirer, de recruter et de retenir les femmes dans les carrières scientifiques, étant donné la progression de la demande de spécialistes, le vieillissement de la main-d’œuvre scientifique et un déclin de l’intérêt des jeunes pour ces disciplines.Selon Ester Basri, analyste à l’OCDE, « les femmes ont fait des progrès significatifs dans les sciences, aussi bien dans la main-d’œuvre que dans les études. Mais il faut faire plus par la promotion de trajectoires professionnelles alternatives et de l’entreprenariat, par exemple ».La difficulté de concilier carrière et éducation des enfants, et notamment la mobilité exigée des chercheurs en début de carrière, est l’une des raisons avancées pour expliquer la faible proportion de femmes aux postes scientifiques de haut niveau. Les données disponibles confirment que les femmes scientifiques et ingénieurs réussissent moins bien leur carrière universitaire que leurs homologues masculins. Aux États-Unis, à peine plus d’un tiers des enseignants d’université sont des femmes. Ce chiffre est beaucoup plus faible dans les pays de l’Union européenne, ainsi qu’en Australie et en Corée (14,5 %). Les femmes représentent également moins de 20 % du personnel universitaire supérieur dans la majorité des pays de l’Union européenne. En conséquence, rares sont les modèles de femmes parmi les chercheurs et enseignants de haut niveau susceptibles d’inciter d’autres femmes à suivre leur exemple.La situation n’est pas totalement négative. La population de femmes chercheurs a augmenté. Aux États-Unis, l’effectif d’hommes dans les sciences et l’ingénierie a augmenté de 4,9 % entre 1998 et 2002, contre 4,2 % pour les femmes. Certes, les femmes n’entrent que pour 30 % dans l’effectif de diplômés en sciences et en ingénierie dans les pays de l’OCDE, mais ce chiffre est une moyenne. Les femmes représentent, il est vrai, moins de 30 % des diplômés en informatique et 40 % des diplômés en sciences physiques. En revanche, dans de nombreux pays de l’OCDE, elles représentent plus de 60 % des diplômés en sciences de la vie. Les femmes tendent donc à être nombreuses dans des domaines comme la biologie, la santé, l’agriculture et le domaine pharmaceutique, et moins en physique, en informatique et en ingénierie.Dans les pays de l’OCDE, les femmes chercheurs travaillent en majorité dans le secteur public alors que les hommes trouvent des emplois dans l’industrie. La part de celles qui travaillent dans le secteur privé n’est que de 17,5 % dans l’Union européenne et de 6 % au Japon. Aux États-Unis, cependant, près des deux tiers des femmes chercheurs ont un emploi privé. Les efforts des pouvoirs publics, les nouvelles technologies et les campagnes pour la diversité au sein de l’industrie contribuent à combler cet écart entre hommes et femmes. Certains pays mettent en œuvre des mesures pour accroître l’effectif de femmes diplômées en sciences et d’autres s’emploient à maintenir les femmes dans ce secteur une fois qu’elles ont obtenu leur diplôme. Selon Mme Basri, « la garde des enfants pose souvent problème. Même dans les pays où les gouvernements offrent ce type de services, les femmes veulent avoir plus d’autonomie et d’autorité dans les laboratoires. » La plupart des pays de l’OCDE essaient de favoriser la particpation des femmes dans les sciences, sur plusieurs plans. Cependant, avertit un expert de l’OCDE, « une approche par sexe n’est pas la seule solution. Après tout, les problèmes de garde affectent aussi les jeunes pères. Une approche cohérente est nécessaire. Il faut comprendre pourquoi les femmes restent à l’écart de la science et de la recherche en général. » ABReferences
  •  Pour en savoir plus sur les travaux de l’OCDE sur les femmes et les sciences,  contacter Ester.Basri@oecd.org
  •  OCDE (à paraître), Women in Scientific Careers: Unleashing the Potential, Paris
  • Wessel, Rhea (2005), “Breaking through the lab-glass ceiling”, Science/Business, 27 octobre 2005.
  • “Women in Science, Engineering and Technology: Strategies for a Global Workforce”, réunion de l’OCDE organisée en septembre 2006, voir www.oecd.org/sti/stpolicy
 Pour en savoir plus sur les découvertes de Marie Curie, voir www.nobelprize.org
©L’Observateur de l’OCDE, n°257, octobre 2006©


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Chômage 5.7% septembre 2017
Mise à jour: 14 nov 2017

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