L’économie indienne

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Les dernières Perspectives économiques de l’OCDE présentent pour la première fois une évaluation des perspectives économiques à court terme de l’Inde, qui s’ajoute à celles d’autres pays non membres incontournables, le Brésil, la Chine et la Fédération de Russie. L’Inde a connu l’une des plus fortes croissances au monde au cours des cinq dernières années. Toutefois, avec une population légèrement moins nombreuse que celle de la Chine et des revenus moyens sensiblement inférieurs, la puissance économique indienne reste inférieure de moitié à celle de la Chine, même si elle est deux fois plus importante que celles du Brésil ou de la Russie.
Depuis 2003, l’économie indienne a bénéficié d’une forte reprise cyclique, favorisée par le retour à des précipitations normales et la hausse consécutive de la production et des revenus agricoles. La croissance de la production s’établissait en mars 2006 à 8,4 % en moyenne sur trois ans. La consommation privée a enregistré une forte hausse, mais les exportations ont également atteint un bon niveau, l’augmentation concernant un certain nombre de secteurs de fabrication et non uniquement les ventes de services de technologie de l’information. Sur fond de demande finale forte, l’investissement a fortement progressé, en particulier dans le secteur des entreprises privées (dont la formation de capital fixe reste toutefois faible). Dans l’ensemble, la demande totale a augmenté de 12 % sur l’exercice 2004 et sans doute de plus de 9 % sur l’exercice 2005.En dépit de l’expansion des capacités, l’offre intérieure n’a pas été en mesure de satisfaire l’augmentation de la demande : en effet, la progression de l’offre a été inférieure de quelque 2,5 points de pourcentage à celle de la demande au cours des trois dernières années, l’écart étant comblé par des importations qui s’inscrivent de ce fait en hausse. De plus, les termes de l’échange se sont dégradés, sous l’influence de la hausse des prix du pétrole, si bien que la balance des opérations courantes a chuté de quasiment 5 points de pourcentage du PIB entre l’exercice 2003 et l’exercice 2005, entraînant un ralentissement du rythme d’accumulation de réserves. La hausse des importations a peut-être aussi contribué à alléger les pressions sur les ressources intérieures et sur l’inflation.Cela étant, l’impact de la hausse des cours mondiaux du pétrole ne s’est pas fait encore pleinement ressentir, dans la mesure où les pouvoirs publics n’ont pas autorisé les sociétés pétrolières, en majorité détenues par l’État, à relever leurs prix pour les aligner sur ceux du marché mondial. Selon les estimations du gouvernement, en février 2006, ces restrictions ont pesé sur les profits des compagnies pétrolières à hauteur d’un montant équivalent à 1,1 % du PIB. Par ailleurs, les recettes publiques ont également souffert d’une réduction des taxes et droits sur les produits pétroliers bruts et raffinés.Confrontée à la hausse rapide de la demande intérieure et dans un contexte d’expansion monétaire et d’augmentation des crédits supérieures aux objectifs, la banque centrale a commencé à durcir sa politique en 2005. Parallèlement, la banque centrale a tenté de freiner la hausse des concours au marché immobilier en augmentant la pondération de risque des prêts consentis à ce secteur afin de se prémunir contre une résurgence des créances douteuses, lesquelles avaient fortement diminué, revenant de 4,4 % en 2003 à 2 % des avances (nettes des provisions) à la fin de 2005.La très forte progression des recettes et les hausses modérées des dépenses ont permis de remettre les finances de l’administration centrale sur les rails en 2005. Les gouvernements des États ont également réussi à réduire leurs déficits, si bien que le déficit budgétaire combiné de l’administration fédérale et des États devrait passer de 8,5 à 6,8 % du PIB entre 2003 et 2007, ce qui devrait permettre à l’endettement total combiné de l’administration fédérale et des États rapporté au PIB de diminuer de 4 points de pourcentage entre 2003 et 2007. Une réforme significative de la fiscalité indirecte a été mise en oeuvre par les États, avec l’introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée, et par le gouvernement central qui a pris des mesures pour élargir l’assiette de cette taxe avant la fin de la décennie. Cela devrait contribuer à réduire les obstacles au commerce intérieur. En 2006-2007, le durcissement de la politique monétaire et de la politique budgétaire devrait exercer un effet de ralentissement sur la croissance économique. Dans le secteur des entreprises, il semble probable que la diminution des financements disponibles et la hausse des taux d’intérêt vont peser sur l’augmentation des investissements, tandis que la hausse des stocks devrait également arriver à son terme. Toutefois, la progression de la consommation privée pourrait bien ne faiblir que modérément, car la croissance des revenus demeure forte. Dans le même temps, l’économie indienne poursuit son intégration dans l’économie mondiale, grâce à la poursuite de la réduction des droits de douane. Au total, la hausse de la production devrait s’essouffler et revenir de 8,5 % en 2005 à 7 % en 2007. Sous l’effet de cette diminution de la croissance, l’inflation devrait rester inférieure à 5 %, tandis que le déficit de la balance des opérations courantes pourrait se stabiliser aux alentours de 3 % du PIB.OCDE (2006), Perspectives économiques, n° 79, Paris, juin.


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