Femmes d’affaires

Les obstacles à l’égalité hommes-femmes sont bien enracinés, et culturellement difficiles à bousculer. Cependant, les dirigeants, le monde des affaires et la société civile ont un rôle à jouer dans l’évolution des mentalités. Le bénéfice pourrait en être considérable.
Ce message était au centre de l’atelier sur l’entrepreneuriat féminin organisé à Istanbul, dans le but de sensibiliser les dirigeants des secteurs public et privé à l’importance de l’entrepreneuriat féminin pour la croissance économique. Ainsi que l’a souligné Nimet Çubukcu, la ministre turque de la Condition féminine, la libération de l’énergie et de la capacité d’initiative des femmes en matière de création d’entreprise constituerait un vecteur important de prospérité.La ministre a souligné le grand nombre de femmes qui, dans les pays méditerranéens, s’interdisent de créer des entreprises en raison de pressions notamment sociales. En Turquie, a-t-elle indiqué, 10 % seulement des employeurs sont des femmes, et 66 % des entreprises féminines n’ont qu’un salarié. « Les femmes sont essentielles pour le développement de la région », a-t-elle ajouté, « les soutenir dans leur fonction d’entrepreneur stimulera le développement social et économique ».Au cours de cet atelier, organisé par le Centre de l’OCDE pour l’entrepreneuriat, les PME et le développement local (CFE), les gouvernements ont été appelés à soutenir les efforts de création et d’animation d’entreprises par des femmes, dans le cadre d’une stratégie de création d’emplois et d’investissement. Les participants ont réclamé des mesures de soutien au crédit pour les femmes entrepreneurs et au développement de données statistiques pour élaborer des stratégies spécifiques en faveur de l’entrepreneuriat féminin.Les participants à l’atelier, qui faisait partie d’une initiative MENA-OCDE élargie sur l’investissement et la gouvernance à l’appui du développement, ont également invité les gouvernements à consacrer des ressources pour promouvoir et encourager l’entrepreneuriat féminin, au moyen par exemple de campagnes publicitaires.L’atelier a demandé aux gouvernements une amélioration du cadre réglementaire et législatif relatif aux femmes, notamment le droit de la propriété et la liberté entrepreneuriale. Il faut aussi introduire ou renforcer les lois contre la discrimination sexuelle, et intégrer les questions d’égalité des sexes dès la conception des programmes et des politiques publiques. Lors d’une prochaine étape, les conclusions de cet atelier seront incorporées dans une série de projets de recommandations qui seront soumis, sous la forme de propositions de mesures, à une réunion ministérielle du Programme MENA-OCDE pour l’investissement prévue en novembre 2005 à Amman.Cet atelier était organisé les 11 et 12 juillet 2005 au Centre d’Istanbul de l’OCDE pour le développement du secteur privé. Pour plus d’information, veuillez contacter observer@oecd.org ou consulter www.oecd.org/cfe-frL’Observateur de l’OCDE n° 250, juillet 2005


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