À bon voisinage, bonnes affaires

Améliorer la performance sociale est dans l’intérêt des entreprises.
En juin 1769, le potier Josiah Wedgewood ouvrait une nouvelle fabrique, Etruria, près de Stoke-on- Trent. Celle-ci faisait appel à la technologie la plus récente, reposait sur la culture classique et appliquait l’idée novatrice de responsabilité sociale vis-à-vis des travailleurs : près de la fabrique, M. Wedgewood avait construit un village où ses ouvriers pouvaient vivre décemment. Plus d’un siècle plus tard, George Cadbury faisait bâtir au village de Bourneville des logements sociaux pour les ouvriers de sa chocolaterie et leurs familles.Les deux hommes étaient convaincus qu’une protection sociale était positive pour les travailleurs, la collectivité et donc, en définitive, l’entreprise. Ils étaient à l’avant-garde de ce que nous appelons aujourd’hui la responsabilité sociale des entreprises, ou performance sociale.L’approche de Shell s’inscrit dans cette tradition, même si, à notre époque, le principe ne repose plus sur le paternalisme, mais sur le partenariat et la responsabilité. Il ne s’agit plus seulement de prendre en charge nos salariés, mais aussi de gérer l’impact de nos activités sur la collectivité au sein de laquelle nous travaillons. L’ un des éléments fondamentaux du développement durable est de gérer efficacement cet impact aussi bien sur le court terme que sur le long terme.Cet impact est souvent positif, mais il peut également être négatif, surtout au niveau local, où la population peut être directement affectée par nos activités. Il est donc très important de ne pas commettre d’erreur.Répondre aux besoins et aux demandes de tous nos partenaires s’avère parfois difficile lorsque les attentes sociales et le champ de la responsabilité des entreprises évoluent constamment. De plus, chaque communauté est unique. Malgré tout, un principe se vérifie toujours, et c’est ce principe qui guide notre action : se comporter en bon voisin est bénéfique pour l’entreprise.Comment être un bon voisin ? Pour définir une attitude rationnelle, il suffit de s’inspirer des situations quotidiennes. Pour témoigner de l’amitié à votre voisin, sans doute n’auriez-vous pas l’idée de peindre la porte de sa maison en bleu lorsqu’il est au travail. En revanche, peut-être lui demanderez-vous son avis avant de choisir la couleur de votre propre porte.Cet exemple illustre bien notre approche. Premièrement, essayer de savoir ce que nos voisins pensent et souhaitent au lieu de choisir à leur place. Deuxièmement, écouter et intégrer leurs avis sur la manière dont nous gérons notre entreprise. Il s’agit tout simplement d’écouter et de réagir.L’expérience nous montre que cette règle aboutit à de meilleures décisions et à une meilleure conception des projets.Shell Canada détient une participation de 60 % dans Athabasca Oil Sands Project, gisement à ciel ouvert qui couvre près de 10 % des besoins pétroliers du Canada. Ce gisement est situé près de la communauté aborigène de Fort McKay. Depuis 8 000 ans, cette région abrite les activités saisonnières de pêche, de chasse et de cueillette des aborigènes. Shell a toujours étroitement collaboré avec cette communauté, en lui donnant pleinement accès aux plans du projet et en recherchant son avis sur l’impact social et environnemental prévisible.Cette implication des partenaires locaux dès l’élaboration du projet a été très fructueuse pour Shell et pour cette communauté. Depuis que la production a commencé, en 2002, plus de 600 salariés permanents ont été recrutés pour travailler sur le site, et plus de 70 % des embauches ont eu lieu en Alberta. Des contrats d’une valeur de plus de 50 millions de dollars ont été attribués aux entreprises aborigènes, et ce chiffre ne cesse de croître. Créer des opportunités pour la population locale tout en assurant à nos activités une main-d’ oeuvre qualifiée est dans l’intérêt des deux parties. Ce n’est plus le paternalisme de l’ère industrielle ; c’est un partenariat du XXIe siècle. Des initiatives d’ampleur plus modeste ont aussi leur utilité. Lorsque nous sommes confrontés à des problèmes juridiques, par exemple sur l’impact de nos activités sur une communauté, nous nous efforçons de dialoguer pour fournir l’information la plus claire possible, par des dispositifs comme l’assistance téléphonique. Cette approche semble efficace, et elle réduit les coûts pour toutes les parties concernées.Bien agir n’est pas toujours évident, et semble parfois même impossible. Les cas où nous n’avons pu agir correctement sont bien connus. Mais agir dans l’intérêt des deux parties peut apporter beaucoup à l’entreprise et à la population locale, en diminuant les coûts, en améliorant le rendement des exploitations et en contribuant à la notoriété de l’entreprise.Shell s’efforce aussi de bien agir à l’intérieur de la société. La création d’une force de travail reflétant les communautés au sein desquelles Shell opère nous aide à avoir un meilleur dialogue et de meilleurs rapports avec ces communautés, et à optimiser l’impact économique et social de notre présence. Environ 90 % de nos activités suivent des objectifs précis de perfectionnement, contrôlés suivant des critères de diversité et d’intégration. Ceci nous aide à développer un environnement qui suscite le meilleur chez nos employés. Par exemple, nous avons mis en place des programmes pour développer la carrière des femmes dans notre entreprise, et organisé des événements de haut niveau sur les femmes et l’entreprise aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et aux États-Unis.Récemment, le débat autour de la responsabilité sociale a été centré sur les obligations et les responsabilités des entreprises, ce qui est normal dans un monde où les activités industrielles et commerciales ont un impact majeur sur les populations locales. Mais il faut aussi envisager la responsabilité sociale des entreprises sous un angle qui, à mon avis, sera plus convaincant pour beaucoup d’entre elles. C’est celui des bonnes relations de voisinage, qui sont bonnes pour l’entreprise.RéférencesVoir www.shell.com.Travaux de l’OCDE sur la gouvernance d’entreprise : www.oecd.org/daf/corporate/principles-fr L’Observateur de l’OCDE n° 248, mars 2005


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016