Les prédictions selon lesquelles le capitalisme touche à sa fin sont sans doute prématurées. Mais quelle forme de capitalisme va émerger de la crise économique ? Telle est la question.

George Soros Reuters/Stefan Wermuth

Les causes profondes de la crise économique récente ne résident pas dans un manque de courage ou de compétences, mais dans l’échec de certaines idées.

Fiscalité allégée; L’OCDE s’élargit; Le péril jeune ?; Aide au développement en hausse mais…; Verbatim; Économie; Royaume-Uni Projet de loi sur la corruption; La Pologne en deuil; Best of…

Le Club des investisseurs de long terme, de gauche à droite : Ulrich Schröder (PDG de KfW Bankengruppe), Philippe Maystadt (Président de la BEI), Augustin de Romanet (Directeur général du Groupe Caisse des Dépôts et Président du Club), Franco Bassanini (PDG de la Cassa Depositi e Prestiti )

La Caisse des Dépôts a développé avec l’OCDE un partenariat autour du rôle des investisseurs de long terme et fondé, avec trois autres grandes institutions financières publiques européennes – la Cassa depositi e prestiti italienne, la KfW allemande et la Banque européenne d’investissement –, le Club des investisseurs de long terme.

L’un des effets secondaires de la crise mondiale a été une réduction temporaire des déséquilibres des balances des opérations courantes entre les principaux pays et les principales zones économiques du monde. C’est une évolution positive, mais durera-t-elle ? Certaines mesures politiques s'imposent sans doute.

©Faber

Les politiques actuelles sont-elles en train de faire le lit de la prochaine crise ? Ce n’est pas exclu. Certains déséquilibres doivent être corrigés.

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Le chômage devrait atteindre 10 % en 2010 dans la zone OCDE, contre 5,6 % en 2007. Les hommes ont été plus durement touchés que les femmes : à travers la zone OCDE, l’emploi masculin a chuté de 3 % depuis le début de la récession, l’emploi féminin de 0,3 %, soit dix fois moins. D’où le terme de « mancession » (récession masculine) employé par les commentateurs et les blogueurs anglo-saxons.

Toby Melville/Reuters

Les pouvoirs publics peuvent trouver les partenariats public-privé (PPP) particulièrement tentants dans le sillage d’une crise financière, mais comment éviter des choix hâtifs ?

Le printemps est enfin de retour dans la plupart des pays de l’OCDE, où les signes de reprise commencent à se multiplier. C’est une bonne nouvelle, car la récession a été longue et difficile. Mais si le pire de la crise est sans doute derrière nous, la reprise demeure fragile.

Les profondes cicatrices laissées par la crise peuvent être soignées en prenant des mesures adéquates, notamment en matière de concurrence, d’emploi, de fiscalité et de services financiers. De telles mesures stimuleraient également la croissance à long terme.

Bien que la Slovénie soit déjà sortie de la récession au deuxième trimestre de 2009, le déclin précipité des deux trimestres précédents fut assez sévère pour engendrer une chute du résultat en glissement annuel proche de 8 % en 2009. Un faible rebond, imputable à la demande extérieure, a eu lieu, et on s’attend à ce qu’il continue en 2010, avant que la croissance ne gagne en solidité en 2011 grâce au renforcement des investissements. Un écart de production négatif et un chômage élevé devraient contribuer à maintenir une inflation modérée.

Après la forte relance budgétaire de 2009, la politique budgétaire devrait se resserrer en 2010 et 2011 pour des raisons d’assainissement. Une nouvelle réforme des régimes de retraite devrait stimuler cet assainissement budgétaire, alors que les réformes visant à accroître la flexibilité des marchés du travail devraient contribuer à accélérer la reprise de l’emploi.

Quoique faible, la croissance positive du deuxième trimestre de 2009 a marqué le début de la reprise. Les anticipations concernant des hausses de la fiscalité indirecte ont suscité une poussée des ventes automobiles, et les dépenses de l’État ont augmenté rapidement en raison de l’abandon d’une politique restrictive à cet égard. Les taux de croissance de la consommation de biens non durables, de l’investissement et des exportations sont tous redevenus positifs. L’activité économique devrait se ressaisir tout au long de la période considérée. Les pressions inflationnistes sous-jacentes resteront probablement modérées, mais les risques de divergence par rapport à ce scénario s’accroissent. Le dernier budget de l’État limitait la hausse du déficit, mais s’appuyait de manière excessive sur des mesures de court terme pour atteindre les objectifs de déficit et de dépenses, et les allègements fiscaux prévus pour les personnes morales et physiques en 2010 sont inopportuns. La Banque d’Israël a précocement adopté une position moins expansionniste, mais la persistance de ses interventions sur le marché des changes risque de créer des pressions inflationnistes supplémentaires et de détériorer la crédibilité et la cohérence de l’action publique.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le deuxième et le troisième trimestre de 2009 ont vu la croissance du PIB se reprendre nettement, grâce principalement à la consommation privée. L’investissement, ayant rebondi fortement au cours du troisième trimestre, continue de pâtir d’une insuffisance de crédit. Les exportations croissent plus vite que les importations, soutenant l’excédent commercial et l’excédent des opérations courantes. L’inflation a affiché un recul rapide au premier semestre. L’activité devrait s’accélérer quelque peu à la faveur d’une hausse des investissements et d’un assouplissement des conditions de crédit. Le cycle d’assouplissement des conditions monétaires s’est terminé en septembre. Les baisses des taux d’intérêt et les mesures de renforcement des liquidités prises plus tôt dans l’année en réaction à la crise mondiale ont allégé la pression exercée sur le marché interbancaire. La mise en oeuvre du plan de relance budgétaire est retardée par des insuffisances de capacités de production. Il ne serait cependant pas souhaitable, puisque la reprise semble avoir véritablement commencé, d’assouplir davantage la politique budgétaire.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le PIB réel devrait chuter de 14,4 % cette année, pour se stabiliser à peu près en 2010 et se redresser en 2011, avec une croissance attendue de 3,9 %. Cette prévision dépend pour une large part de l’évolution des grands marchés tournés vers l’exportation, de la réaffectation des ressources à l’expansion des activités correspondantes et l’attrait que saura exercer le pays à l’égard de flux nouveaux d’IDE au profit du secteur des exportations lorsque la reprise s’installera. Le maintien de la caisse d’émission dans l’optique d’adopter l’euro dès que possible reste l’objectif premier de la politique économique. Il faudra, pour satisfaire au critère de Maastricht plafonnant le déficit public à 3 % du PIB, conserver une politique budgétaire très stricte. Les évaluations externes de la crédibilité des politiques économiques de l’Estonie, et notamment de ses perspectives d’adhésion à l’euro, seront aussi décisives pour les flux d’investissement direct étranger et les coûts du crédit.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Petite économie ouverte fortement dépendante de ses exportations minières et agricoles, le Chili a été lourdement frappé par l’effondrement des échanges mondiaux et des prix des produits de base. La production a fortement reculé, et la croissance annuelle moyenne devrait être négative en 2009. Toutefois, une bonne partie de la baisse des prix du cuivre observée jusqu’à la fin de 2008 a été annulée, et le milieu d’année a marqué le creux de la vague de l’activité, grâce à des mesures substantielles de relance macroéconomique. La croissance devrait s’accélérer progressivement tout au long de 2010 et atteindre en 2011 un taux supérieur au potentiel.

Sans tergiverser, la banque centrale a abaissé les taux d’intérêt de 775 points de base depuis le début de l’année, et pris quelques mesures non classiques lorsque les taux directeurs sont tombés en juillet à 0,5 %. Le ministère des Finances a mis en oeuvre sans délai un plan de relance budgétaire bien ciblé. Ces mesures devraient disparaître graduellement si, comme prévu, le Chili s’engage sur la voie du retour à une solide croissance.

La croissance du PIB réel sera négative en 2009, mais devrait redevenir positive au quatrième trimestre et connaître au premier semestre de 2010 une accélération due en partie à la Coupe du monde de football. Grâce à un écart de production important et aux effets de l’appréciation passée du rand, l’inflation devrait revenir dans la fourchette visée en 2010. Le déficit de la balance courante s’atténuera cette année, mais devrait se creuser ensuite lorsque les importations distanceront les exportations.

La fragilité de la reprise devrait inciter à la mise en oeuvre de l’augmentation des dépenses publiques prévue pour 2010. Cette augmentation doit toutefois s’inscrire dans un cadre à moyen terme préservant la viabilité de la dette, qui obligera probablement les autorités, lors du retournement de conjoncture qui arrive, à restreindre nettement leurs dépenses. La récession et son cortège de déficits importants ont aussi rendu plus pressante la nécessité d’accroître l’efficience de la dépense publique.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Après un fort rebond initial qui fait suite à la profonde récession de l’année dernière, le PIB réel devrait converger vers son potentiel. Le recul de l’inflation observé depuis le début de 2009 devrait se poursuivre dans les premiers mois de 2010, puis se tasser. L’excédent de la balance courante augmentera en 2010 du fait d’une amélioration des termes de l’échange, mais il diminuera en 2011 lorsque la forte croissance tendancielle des importations se rétablira. Les flux nets de capitaux privés devraient progresser, permettant ainsi la reconstitution de réserves.

Si la reprise pointe à l’horizon, l’ampleur de l’écart de production et la modération de l’inflation suggèrent de ne pas mettre fin trop rapidement aux mesures de relance. La politique budgétaire devrait veiller à éviter que l’enchaînement d’une forte augmentation des dépenses fin 2009 et d’une contraction de celles-ci en 2010 n’ait un effet destructeur sur la demande. Les mesures anticrise discriminatoires destinées à protéger les industries nationales sont contreproductives et devraient être annulées sans délai.


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L’économie indienne a relativement bien supporté la récession mondiale. Après un fort ralentissement fin 2008, la croissance a repris au premier semestre de 2009, et les indicateurs récents à fréquence élevée font apparaître un raffermissement de ce dynamisme. À court terme, la reprise actuelle ne sera que faiblement entravée par d’insuffisantes pluies de mousson. La croissance devrait dépasser 7 % en 2010, puis atteindre 7,5 % en 2011. L’inflation est à la hausse depuis la mi-2009 et devrait rester élevée au cours de la période considérée.

Compte tenu de la résurgence de pressions inflationnistes en tout début de reprise, les pouvoirs publics se trouvent confrontés au défi majeur que constitue le retrait en temps utile des mesures budgétaires et monétaires de relance. La tâche consistant à juguler un déficit budgétaire élevé qui s’est encore creusé en 2009 sera particulièrement ardue, étant donné à la fois l’ampleur de ce déficit et la permanence des hausses récentes de dépenses.

Grâce à une vaste relance monétaire et budgétaire, la Chine a retrouvé le chemin d’une vigoureuse croissance. Ce dynamisme s’est manifesté au deuxième trimestre ; la croissance annuelle du PIB devrait dépasser 8 % en 2009 et 10 % en 2010. La forte hausse de la demande intérieure qui résulte de la relance a attiré les importations, tandis que les exportations ont fait preuve de faiblesse et pourraient ne pas retrouver leur rythme antérieur à la crise. L’excédent de la balance courante devrait donc reculer fortement à quelque 5 % du PIB en 2010 avant de s’accroître légèrement en 2011, lorsque la croissance de la demande intérieure faiblira. Les pressions inflationnistes, quant à elles, resteront probablement modérées.

La relance budgétaire n’a pas mis en danger la viabilité des finances publiques. Nanties à la veille de la crise d’un excédent de taille et d’une dette publique nette négative, les autorités peuvent se permettre de maintenir un niveau élevé de dépenses. La composition de la dépense publique devrait toutefois être modifiée en faveur des services sociaux, notamment l’éducation, la santé et les retraites. À l’inverse, il faudra mettre un frein à l’expansion du crédit afin d’éviter une nouvelle accumulation de prêts de mauvaise qualité.

Après avoir reculé pendant deux trimestres, le PIB a progressé au deuxième trimestre. L’activité a connu un solide rebond grâce à la résistance de la consommation privée et à la poursuite de la reprise de la production industrielle, qui s’était fortement contractée les mois précédents. Dans plusieurs secteurs manufacturiers, l’utilisation des capacités de production n’est plus très loin des niveaux antérieurs à la crise. La reprise de l’investissement ne s’est toutefois pas encore manifestée. La demande intérieure devrait connaître au dernier trimestre de 2009 et en 2010 une croissance vigoureuse soutenue par une combinaison de politique budgétaire et monétaire accommodante.

Le cycle d’assouplissement des conditions monétaires s’est interrompu en septembre après une baisse cumulée de 500 points de base du taux directeur en 12 mois. L’affaiblissement continu des résultats budgétaires est imputable à des facteurs conjoncturels, à la hausse inexorable des dépenses récurrentes – notamment de la masse salariale de l’administration centrale – et aux mesures discrétionnaires qui ont été prises en réponse à la crise mondiale. Il est donc peu probable que l’objectif budgétaire de fin d’année soit atteint. Il serait souhaitable de rapporter judicieusement les mesures de relance à compter de début 2010 si, comme escompté, la reprise se confirme.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

La production suit une trajectoire qui laisse prévoir en 2009 un déclin sans précédent de 6,5 % par rapport à l’année précédente. Cependant, après quatre trimestres de croissance négative, le deuxième trimestre de 2009 a été marqué par une reprise vigoureuse. L’inflation s’est repliée de 11,9 % en octobre 2008 à 5,3 % en septembre 2009, et le déficit de la balance des opérations courantes devrait passer de 5,5 % du PIB en 2008 à 2 % environ en 2009. Même s’il se redresse plus modérément sur le reste de l’année, le PIB devrait progresser, selon les prévisions, de 3,75 % en 2010 et 4,5 % en 2011.

Les responsables devraient se donner pour but de préserver le renforcement de la confiance des investisseurs, qui a permis un repli des primes de risque et des taux d’intérêt réels. Dans ce contexte, il est indispensable d’aller encore plus loin dans l’amélioration de la transparence budgétaire et de conforter la règle budgétaire par des mesures d’assainissement spécifiques. Des réformes structurelles de nature à doper la compétitivité du secteur des entreprises contribueraient à améliorer la performance de l’économie pendant la phase de reprise.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

La croissance devrait se rétablir à compter de la fin de 2009, grâce à une augmentation de la demande chez les partenaires commerciaux de la Suisse et à l’affermissement de l’activité sur les marchés des capitaux. Le chômage pourrait grimper à environ 5 %, alors que, selon les prévisions, l’inflation devrait être faible, mais positive. Les indicateurs précurseurs du cycle d’activité se sont sensiblement améliorés ces derniers mois, puisqu’ils sont redevenus favorables alors qu’ils se situaient à de faibles niveaux au deuxième trimestre de 2009. Les commandes dans le secteur manufacturier ont enregistré une progression permettant d’escompter une expansion au quatrième trimestre. Après une accélération en 2011, la croissance devrait atteindre 2,1 % à la fin de l’année.

Une fois que la reprise se sera installée, les mesures de stimulation monétaire devraient être levées, mais il conviendra de veiller à éviter tout risque de déflation. Si le dispositif de relance budgétaire devra être maintenu en 2010, il faudra étudier comment réduire les dépenses à compter de 2011, afin de se conformer aux règles budgétaires.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

L’économie suédoise a connu une sévère contraction, sous l’effet de la crise économique mondiale. Une reprise graduelle a commencé, mais la sous-utilisation des ressources économiques est très importante, et le chômage restera élevé pendant quelque temps. La confiance des consommateurs et des entreprises s’est améliorée au cours des six derniers mois, et les ventes au détail se sont redressées. Les conditions sur les marchés des capitaux se sont aussi améliorées, les marges sur les taux interbancaires et hypothécaires revenant à des niveaux plus normaux. Une accélération des prêts aux ménages s’est amorcée, tandis que le ralentissement des prêts aux entreprises se poursuit.

L’orientation de la politique monétaire est très dynamique et devrait le rester pour le moment. Les réponses budgétaires automatiques et discrétionnaires à la crise continueront de soutenir la demande, tout comme les mesures récentes visant à limiter le chômage de longue durée. Avec l’affermissement de la reprise, toutefois, des efforts d’assainissement budgétaire seront requis pour atteindre l’objectif d’un excédent budgétaire à moyen terme.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

La baisse de l’investissement et la récession frappant les grands marchés d’exportation ont contribué à un fort ralentissement de l’activité au début de l’année. Le PIB réel est devenu légèrement positif au deuxième trimestre, en grande partie grâce à un redressement des exportations et à la poursuite de la croissance de la consommation, à un rythme peu soutenu cependant. Une reprise progressive est prévue pour 2010 et 2011, sous l’effet d’un raffermissement de l’investissement et de la demande d’exportation, mais la faiblesse de la consommation continuera de peser sur la croissance. L’inflation est restée négative durant une partie de 2009, mais devrait remonter progressivement pour atteindre environ 2 % en 2011. Les autorités ont réagi à la baisse de l’activité en mettant en oeuvre deux plans de relance, alors que des facteurs conjoncturels creuseront encore le déficit des administrations publiques. Il n’y a donc guère de marge pour d’autres mesures discrétionnaires d’assouplissement budgétaire, et le parlement a déjà approuvé un plan d’assainissement pour réduire le déficit public. Pour inscrire l’effort d’assainissement dans le long terme, il faudra résoudre de graves problèmes du côté des dépenses, en particulier dans les secteurs de la santé, de la protection sociale et des pensions, dans le cadre d’une nécessaire stratégie de sortie.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

L’activité économique s’est redressée au deuxième trimestre après la forte baisse enregistrée au cours de la période précédente. Indépendamment de la poursuite de la croissance au troisième trimestre, le PIB annuel devrait être en recul de près de 6 % en 2009. L’activité reprendra progressivement en 2010, grâce à une amélioration des perspectives de croissance du commerce mondial et à une reprise des entrées d’IDE, et la croissance devrait atteindre un taux annuel supérieur à 4 % en 2011. La forte progression du chômage devrait peu à peu se tasser. Compte tenu de l’importante sous-utilisation des ressources dans l’économie, l’inflation des prix à la consommation devrait rester assez faible.

La situation budgétaire se dégradera sensiblement cette année et l’an prochain, en raison, pour l’essentiel, de la hausse conjoncturelle des dépenses au titre des prestations sociales et de la diminution des recettes fiscales, mais aussi du fait des deux programmes de stimulation budgétaire adoptés au début de 2009. En 2010, l’aggravation du déficit sera circonscrite par une série de mesures ambitieuses d’amputation des dépenses. À moyen terme, d’autres mesures d’assainissement budgétaire seront nécessaires pour assurer la viabilité des finances publiques. Si l’élimination automatique des mesures de relance à la fin de 2010 sera utile à cet égard, il faudra également adopter des dispositions complémentaires.

La croissance a repris au deuxième trimestre de 2009, mais restera faible, car le désendettement du secteur privé pèse sur la reprise. Dans ces conditions, le chômage devrait augmenter, pour atteindre 10 % environ en 2010. Le déficit budgétaire devrait s’élever davantage en 2010 et 2011, après une augmentation sensible en 2009 sous l’effet conjugué des mesures de stimulation budgétaire et de la récession. L’inflation sous-jacente, après avoir diminué pour atteindre un niveau proche de zéro, pourrait connaître une croissance faible au cours de la période considérée. Les déséquilibres de la balance des opérations courantes, qui se sont traduits par une augmentation de l’endettement, limitent le rythme de la reprise, qui pourrait être un peu plus faible que celle de la zone euro. Malgré une croissance anémique, la conception et la mise en oeuvre graduelles de la consolidation budgétaire est une toute première priorité. Les réformes structurelles destinées à encourager la compétitivité sont indispensables à la réalisation d’une plus forte croissance par le biais d’exportations plus dynamiques, alors que la poursuite des réformes dans le secteur de l’éducation devrait contribuer à encourager la croissance potentielle.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Malgré la profonde récession touchant l’ensemble de la zone OCDE, l’économie polonaise a continué de croître en 2009 sous l’effet de plusieurs facteurs, notamment un assouplissement monétaire, une dépréciation du taux de change, une dépendance relativement limitée par rapport aux échanges internationaux, un solide secteur bancaire et un secteur privé peu endetté, des baisses d’impôts ainsi que d’autres mesures fiscales, et les investissements en infrastructure liés aux transferts de l’Union européenne et au championnat de football de 2012. L’activité devrait se redresser, grâce essentiellement à l’investissement, mais la croissance restera bien inférieure à son potentiel pendant quelque temps. Si l’inflation globale a été jusqu’à récemment supérieure à l’objectif officiel, elle devrait diminuer régulièrement à mesure que la sous-utilisation des ressources économiques s’accentuera.

Le déficit des administrations publiques devrait atteindre des niveaux sans précédent depuis le début du processus de transition. Cependant, aucune mesure d’assainissement budgétaire n’a été annoncée pour 2010 par les autorités. Le risque de non-respect de la limite d’endettement public, fixée par la constitution à 60 % du PIB, est essentiellement géré via un programme de privatisation ambitieux. Ce programme ne fera néanmoins que retarder jusqu’en 2011 l’assainissement nécessaire des finances publiques. Les autorités monétaires devraient s’abstenir de toute modification des taux d’intérêt, sauf si les circonstances changent.

Plongée dans une profonde récession, l’économie semble montrer des signes de reprise, grâce à un redressement des échanges mondiaux, à une action de relance budgétaire et à un assouplissement des conditions monétaires. Cependant, la croissance sera trop faible pour empêcher de nouvelles augmentations du taux de chômage, l’un des plus bas de l’OCDE jusqu’à la fin de 2010. Devant restaurer leur rentabilité, les entreprises continueront de diminuer leur effectif en 2010. L’amélioration de la rentabilité devrait préparer le terrain à un regain de croissance de l’investissement et, partant, à une reprise plus durable en 2011.

La relance budgétaire a contribué à un déficit d’environ 4,5 % du PIB en 2009. Pour rétablir la viabilité budgétaire, les autorités devraient maintenir les objectifs d’assainissement qu’elles ont fixés pour 2011. Le relèvement en deux étapes prévu de l’âge de la retraite facilitera le retour à l’équilibre, mais serait plus efficace avec une période de mise en place. L’octroi d’une plus grande priorité aux politiques actives du marché du travail et à l’assouplissement de la législation de la protection du travail stimulerait la croissance de l’emploi.

La Nouvelle-Zélande voit finalement le bout d’une récession longue de cinq trimestres, bénéfi ciant de vigoureuses mesures de relance budgétaire aux niveaux national et mondial. Les indicateurs récents, notamment l’amélioration des anticipations de production dans les entreprises et des ventes au détail, donnent à penser que le troisième trimestre devrait être marqué par une croissance légèrement positive. Mais la reprise pourrait être compromise par un endettement excessif du secteur privé, la contraction continue du crédit, la vigueur récente de la monnaie et l’aggravation du chômage. Le chômage augmente sensiblement et, en tant qu’indicateur retardé, se maintiendra sur cette tendance à la hausse. Ce facteur pourrait peser sur les revenus et, conjointement avec la nécessité d’alléger la charge de la dette des ménages, pourrait augmenter la propension à épargner.

Compte tenu de la faiblesse et de la fragilité de la demande privée, il convient que les politiques monétaire et budgétaire restent expansionnistes pour le moment. Cependant, si la reprise s’installe comme prévu, l’action de relance devrait commencer à être retirée au milieu de 2010, afin de favoriser la restructuration des bilans et, conjointement avec les réformes structurelles, d’orienter l’activité vers la production échangeable, et non vers l’investissement dans le logement, en tant que principale source de revenu et de richesse.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

La reprise économique a déjà commencé en Norvège, l’important programme de relance budgétaire et monétaire dopant la consommation et soutenant l’emploi. Le rebond des prix de l’immobilier montre que cette relance encourage les ménages à dépenser plutôt qu’à assainir leurs bilans. L’investissement privé augmentera l’an prochain, une fois que la progression de la consommation sera bien établie, et que les marchés du crédit reviendront à la normale. Le chômage n’a que très légèrement augmenté, grâce en partie à des mesures spécifiques de l’État, mais aussi en raison d’une inversion des flux migratoires, dont l’ampleur reste à déterminer.

Compte tenu de l’important écart observé par rapport à la « règle des 4 % » en 2009 et 2010, un resserrement budgétaire important et soutenu dans le temps est souhaitable, à la fois pour des raisons de gestion macroéconomique et pour assurer la viabilité budgétaire à moyen terme. Le resserrement de la politique monétaire a déjà commencé et devrait se poursuivre pendant quelque temps, à mesure que l’économie se redresse, que le marché du travail se tend, et que les anticipations d’inflation dérivent à la hausse. Les politiques visant à améliorer l’effi cacité des dépenses publiques devraient être poursuivies, contribuant à l’assainissement budgétaire dans les années à venir.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

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