Marcelo Del Pozo/Reuters

Trois éléments clés aideront les leaders mondiaux et les représentants des entreprises, des organisations syndicales et de la société civile à conclure un nouvel accord efficace sur le changement climatique lors du sommet décisif des Nations Unies à Paris, et à accélérer l’action en faveur du climat en 2015 et au-delà. 

En 2015, de nombreux pays ont souffert de graves sécheresses et d’inondations. L'Afrique du Sud n'avait pas vu de telle sécheresse depuis 30 ans, l'Éthiopie pourrait connaître une crise alimentaire majeure, et la canicule a sévi en Californie pour la quatrième année consécutive. Les inondations ont fait plus de 2 000 morts en Inde l’été dernier, et causé des dégâts sans précédents en Angleterre, au Paraguay et en Caroline du Sud. Or, le changement climatique devrait accroître la fréquence et la gravité des événements météorologiques extrêmes dans les années à venir.

©Rickey Rogers/Reuters

Saviez-vous que le Brésil possède l’une des plus riches biodiversités de la planète ? On y trouve un dixième des espèces animales et végétales connues et la plus vaste forêt tropicale du monde. 

Les dirigeants mondiaux présents à la Conférence des Nations Unies sur le climat à Paris savent qu’ils ont une occasion unique de forger un nouvel accord international pour combattre le changement climatique et tracer la voie vers un monde décarboné. Tous les acteurs devront relever leurs ambitions pour éviter que le réchauffement global ne dépasse 2°C, seuil convenu au-delà duquel le changement climatique serait catastrophique. Au-delà de cet objectif, un avenir sobre en carbone présente aussi d’autres avantages, en termes de santé, de coût et de développement durable.

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Il devient de plus en plus évident que l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre n’est pas seulement l’affaire de nouvelles politiques climatiques. Il faut aussi s’assurer que les mesures et réglementations en place ne contredisent pas les objectifs visés : à cet égard, les subventions aux combustibles fossiles sont le meilleur exemple. 

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Depuis des décennies, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) progressent. Un petit groupe de grands pays est responsable de l’essentiel de ces émissions mondiales.

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L’économie florissante de l’Asie du Sud-Est représente un défi majeur pour l’environnement : durant les dernières décennies, son modèle de croissance a reposé sur une exploitation intensive des ressources. Son capital naturel représente plus de 20 % de sa richesse totale, contre 2 % en moyenne pour les pays de l’OCDE.

Cliquer pour agrandir. ©StiK pour L'Observateur de l'OCDE.

L'Observateur de l'OCDE n°304, novembre 2015

Les transports produisent 23 % des émissions mondiales de CO2 liées aux combustibles fossiles et sont donc le deuxième secteur émetteur, après la production d’électricité et de chaleur (42 %). Ses émissions de CO2 ont augmenté de 57 % entre 1990 et 2012, et la décarbonation du secteur est à la traîne. Dans l’UE, les émissions dues au transport ont augmenté de 36 % entre 1990 et 2007, alors que les autres grands secteurs réduisaient les leurs d’environ 15 %. Les baisses récentes des émissions de CO2 du secteur sont davantage dues à la crise économique qu’à une transition écologique. 

La Conférence sur le changement climatique tenue à Paris en novembre et décembre marque le point d’orgue d’une année où plusieurs jalons ont été posés pour assurer un meilleur avenir à tous. La prise en charge du changement climatique occupe une place déterminante dans les 17 objectifs de développement durable (ODD) convenus à New York en septembre 2015 ; la signature d’un accord à Paris pourrait non seulement appuyer les efforts qui ont conduit à ces ODD historiques, mais aussi redonner espoir à tous les habitants de la planète, surtout les plus vulnérables.

©David Rooney

Les nouvelles entreprises innovantes sont indispensables pour intensifier la lutte contre le changement climatique. Il faut donc de nouvelles politiques favorisant le dynamisme des entreprises, en particulier dans le secteur de l’énergie.

Les responsables politiques doivent faire davantage pour encourager les fonds de pensions et autres investisseurs institutionnels à investir leurs actifs considérables dans des infrastructures d’énergies renouvelables. Les gains seraient significatifs. Reste à savoir comment faire.

La Conférence des Nations Unies (COP21) qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre offre une occasion unique de parvenir à un nouvel accord international pour combattre le changement climatique et accélérer notre transition vers une économie bas carbone. Les participants à ce sommet sont conscients de l’urgence de la situation. Cependant, au vu des contributions nationales annoncées jusqu’ici, il nous faudra redoubler d’ambition pour que la hausse des températures mondiales ne dépasse pas la limite convenue des 2ºC. L’« imbroglio du carbone » dont sont tributaires nos économies menace de nous faire entrer en collision avec la nature. 

Phil Noble/Reuters

Au moment de la création de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en 1974, on commençait à peine à se soucier du changement climatique. Si l’effet de serre était un phénomène connu, il n’était pas encore largement admis, et le débat sur les impacts à long terme des émissions de CO2 restait circonscrit à la communauté scientifique.

©John Macdougall/AFP

Dans la réalisation de leurs objectifs d’atténuation, nos pays accusent un retard qu’il leur faudra rattraper. Pourtant, nous connaissons la solution au problème du changement climatique. Qu’attendons-nous donc pour l’appliquer ?  

Droits réservés

Entretien avec SEM Jeannot Ahoussou-Kouadio, Président de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) 

Quel rôle l’énergie nucléaire peut-elle jouer dans la lutte contre le changement climatique ? Pour l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE, ce rôle est tout à fait central. 

L’évolution structurelle vers une économie bas carbone créera des emplois mais en supprimera aussi, et les premiers touchés ne sont pas ceux auxquels on pense en premier. Une transition énergétique juste devra être opérée, mais de quelle façon ? 

Olivier Martin-Gambier

En permettant à des générations de femmes et d’hommes d’accéder à la mobilité, l’automobile a ouvert la voie de la modernité, de la liberté et de l’indépendance. Mais ces avancées ont eu leur revers. Le transport individuel représente 15 % des émissions de gaz à effet de serre. En développant une gamme de véhicules électriques « zéro carbone » à l’usage, Renault et Nissan disposent aujourd’hui de la solution la plus efficace pour diminuer les émissions de CO2. Une solution à l’origine de nouvelles sensations de conduite. Explications... 

Les politiques qui ne sont pas alignées sur les efforts de lutte contre le réchauffement planétaire risquent d’entraver la transition vers une économie bas carbone et d’aggraver le changement climatique. Il faut s’y attaquer.

Une usine géothermique en Indonésie Reuters/ Beawiharta Beawiharta

Le changement climatique est le plus grand défi de notre temps. Il faut mobiliser des financements pour l’atténuer et s’adapter à ses conséquences. 

Est-il possible de remplacer les combustibles fossiles par des sources renouvelables comme le solaire et l’éolien ? La route est encore longue, et devra notamment passer par une utilisation différente de l’énergie.

©Reuters/Stringer

L’économie fait partie intégrante de notre société, elle-même ancrée dans un écosystème mondial pourvu de limites. Son principal objectif devrait être de subvenir aux besoins humains et sociaux essentiels actuels et futurs, sans porter atteinte aux services écosystémiques mondiaux dont toute vie dépend. Comment y parvenir ?

©REUTERS/Paul Darrow

Pour atteindre l’objectif de 2oC, il faut passer à une économie sobre en carbone en réduisant l’investissement dans les options très carbonées pour privilégier les actifs infrastructurels et les technologies bas carbone, résilients au changement climatique. Plus de 90 000 milliards USD seront nécessaires dans les 15 prochaines années pour répondre aux besoins mondiaux d’infrastructures de réseaux de transport, d’énergie et d’eau, indépendamment du changement climatique, selon la Commission mondiale sur l’économie et le climat. Celle-ci estime cependant que « décarboner » ces investissements ne coûtera que 4,5 % de plus que la poursuite des politiques actuelles, et procurera des avantages tels qu’une réduction de la pollution atmosphérique locale, l’amélioration de la sécurité énergétique et moins d’encombrements. 

©Carole Bellaïche

À la perspective d’une destruction radicale de l’homme et de son environnement, nous devons opposer une prise de conscience tout aussi radicale du lien qui unit l’homme et la nature.

Jackie Naegelen/Reuters

Confrontée à des problèmes de pollution et de congestion automobile, la capitale a fait de la mobilité électrique son cheval de bataille pour la reconquête d’une bonne qualité de l’air. Sa politique incitative sur tous les modes de transport a de quoi inspirer de nombreuses villes du monde entier.

Les combustibles fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), qui représentent encore environ 80 % des dépenses énergétiques mondiales, sont à l’origine de la grande majorité des polluants, gaz ou particules. Ils sont notamment utilisés pour le transport, l’industrie, le chauffage et se concentrent donc en toute logique dans les agglomérations urbaines.

©AFP/Tripelon-Jarry

« Nous devons apprendre à produire sans détruire, à consommer sans consumer, à recycler sans rejeter. » Anne Hidalgo, Maire de Paris.

Vectuel-Studiosezz-PBA

À Paris, l’ambition environnementale inédite du grand projet d’aménagement urbain du quartier Clichy-Batignolles ouvre des pistes pour une meilleure intégration des questions énergétiques et climatiques dans l’édification de la ville contemporaine.

©Charlotte Moreau

Le chantier de la rue Saint-Charles (XVe arrondissement) a été la première opération de réhabilitation conduite par la RIVP dans le cadre du Plan Climat de la Ville de Paris. Retour sur cette opération qui s’est révélée complexe mais aussi exemplaire, tant sur le plan de la mise en œuvre que sur le plan humain.

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