L’économie prend le chemin de la reprise, soutenue par une amélioration des conditions financières, une politique monétaire expansionniste et un raffermissement de la croissance internationale. Néanmoins, le redressement sera lent, puisque le PIB devrait augmenter d’à peine plus de 1 % en 2010 en raison des forts vents contraires liés à l’assainissement des bilans, d’un affaiblissement continu du marché du travail et du resserrement de la politique budgétaire. En 2011, la reprise s’accélèrera, mais l’utilisation des ressources restera faible et le taux de chômage devrait atteindre 9,5 %. L’inflation restera sans doute inférieure à l’objectif de 2 % pour une période prolongée.

Les aides apportées au secteur financier, l’assouplissement de la politique monétaire et les mesures de relance budgétaire ont amorti l’impact de la récession. La politique monétaire devrait conserver son orientation expansionniste sur la période des prévisions, mais il faudra probablement que le processus de normalisation des taux d’intérêt débute en 2011. La fragilité de la situation budgétaire rend nécessaires de nouvelles mesures d’assainissement : l’annonce préalable d’un programme d’assainissement concret et complet améliorerait la stabilité macroéconomique. Un renforcement de la régulation et de la surveillance financières étaierait également cette stabilité, et empêcherait la formation de nouveaux déséquilibres alors que les taux d’intérêt sont à un point bas historique.

La grave récession que traverse l’Italie a débuté plus tôt qu’ailleurs, mais l’activité s’est redressée au troisième trimestre. L’amélioration des conditions financières a contribué à restaurer la confiance et à doper la demande intérieure. Le taux d’épargne, dont on estime qu’il a augmenté sensiblement en 2009, ne devrait se contracter que légèrement ; la consommation jouera un rôle plus important dans la croissance en 2011. Les exportations seront également étayées par le redressement des échanges mondiaux. L’augmentation des coûts unitaires de main-d’oeuvre, observée en dépit de certaines baisses des coûts salariaux, et le redressement des cours du pétrole, auront pour effet de modérer le recul de l’inflation, alors même que la montée du chômage va se poursuivre quelque peu.

Étant donné le niveau élevé de sa dette publique, l’Italie n’a pas adopté de plan de relance budgétaire de grande ampleur. Néanmoins, compte tenu de la faiblesse conjoncturelle des recettes, le déficit est supérieur à 5 % du PIB, et la dette devrait atteindre 120 % du produit intérieur brut d’ici à 2011. Des efforts importants d’assainissement budgétaire s’imposeront donc à partir de 2011, lorsque la croissance sera de retour.



©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Après une baisse de 2,2 % en 2009, le PIB réel devrait enregistrer une croissance lente, de 1,4 % en 2010 et 1,7 % en 2011, tirée par l’investissement des entreprises et les exportations. Cela ne sera pas suffisant pour empêcher le taux de chômage d’augmenter jusqu’au début de 2011, et l’inflation devrait être inférieure à 1 % par an. Les ménages ont réagi à la montée de l’incertitude sur les marchés de l’emploi et des capitaux en accroissant leur épargne, compensant du même coup les répercussions positives de l’augmentation des transferts publics et de l’amélioration des termes de l’échange.

Des mesures discrétionnaires opportunes, conjuguées au jeu des stabilisateurs automatiques, ont amorti l’impact de la crise. La suppression de la taxe professionnelle dans le projet de budget 2010 est également bienvenue, mais les autorités devraient maintenant se garder d’engager des dépenses supplémentaires. L’élaboration d’une stratégie pluriannuelle crédible de sortie de crise, communiquée clairement, revêt une importance prioritaire. L’assainissement budgétaire qui s’impose offre l’occasion de rééquilibrer les finances publiques grâce à une réduction des dépenses inefficaces, à un relèvement des impôts sur les successions, sur les biens immobiliers et sur les émissions de carbone, ainsi qu’à la poursuite de la réforme du système de retraite.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Après avoir enregistré un recul marqué au premier trimestre de cette année, le PIB a commencé à se redresser en volume au deuxième trimestre, sous l’impulsion d’une hausse temporaire de la croissance de la consommation privée, ellemême le fruit des mesures de relance adoptées. La reprise s’est poursuivie au troisième trimestre à la faveur du redressement des échanges mondiaux et de la constitution de stocks. A l’avenir, l’amélioration de l’activité pourrait être relativement lente, en particulier jusqu’à la mi-2010. Le chômage reste exceptionnellement faible, notamment grâce au dispositif de chômage partiel indemnisé par l’État qui permet aux entreprises de réduire leur utilisation de la main-d’oeuvre sans licenciement. Le chômage devrait certes augmenter rapidement en 2010, mais au total, les pertes d’emplois devraient être modestes au regard de l’ampleur de la récession.

Le solde budgétaire va sans doute se dégrader fortement en 2009 et 2010, sur fond d’atonie des recettes et d’augmentation des dépenses, notamment du fait de la montée du chômage. En outre, le plan de relance budgétaire creusera également le défi cit en 2010. Une fois que l’activité économique aura retrouvé une trajectoire de croissance viable, le déficit structurel devra être réduit, surtout compte tenu des futures dépenses liées au vieillissement. La mise en oeuvre des réductions d’impôts en 2011 devrait être subordonnée à la capacité à respecter la règle budgétaire récemment adoptée.

La contraction marquée de l’activité dans la zone euro semble s’être achevée plus tôt que prévu, grâce à la poursuite de l’amélioration des conditions financières, aux mesures de relance budgétaire et à la stabilisation de la demande à l’exportation. Néanmoins, les vents contraires liés au désendettement du secteur financier et à la montée du chômage laissent à penser que la reprise sera progressive. Les conditions d’octroi des prêts bancaires restent rigoureuses, la croissance des crédits aux ménages et aux entreprises est faible, et les prix de l’immobilier sont en recul dans de nombreux pays. Malgré l’amélioration des perspectives, l’inflation sous-jacente devrait continuer à diminuer jusqu’à la fin de l’année 2010 du fait de l’ampleur des ressources inutilisées dans l’économie.

Compte tenu de la faiblesse de l’inflation sous-jacente, des conditions de crédit restrictives et de la persistance d’un écart de production négatif, il serait bon que la politique monétaire conserve son orientation expansionniste actuelle jusqu’à la fi n de 2010. Après quoi, les mesures d’urgence de soutien au crédit devraient être démantelées et les taux directeurs relevés progressivement. Les perspectives de croissance à moyen terme seraient renforcées par des programmes clairs et crédibles d’assainissement budgétaire pour la période à venir, ainsi que par de nouvelles mesures structurelles destinées à approfondir le marché unique, à intensifier les pressions concurrentielles et à renforcer la régulation et la surveillance financières.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le point bas de la grave récession déclenchée par la crise mondiale a été franchi, en partie grâce à un rebond des exportations, même si la production demeure nettement en deçà du niveau des capacités. En outre, les mesures de relance budgétaire compensent en partie les effets de la baisse de l’emploi et des salaires sur la demande intérieure. La croissance devrait se redresser progressivement pour s’établir aux alentours de 2 % en 2011, en partie du fait de l’augmentation des dépenses publiques prévue par le nouveau gouvernement. Néanmoins, le taux de chômage restera probablement de l’ordre de 5,5 % tout au long de l’année 2011, et la déflation perdurera.

La Banque du Japon devrait lutter contre cette déflation en s’engageant fermement à maintenir les taux d’intérêt à leur très bas niveau actuel et à agir efficacement par des mesures quantitatives, jusqu’à ce que l’inflation sous-jacente soit solidement ancrée en territoire positif. De nouvelles mesures de relance budgétaire ne se justifient pas, compte tenu du redressement attendu de la croissance de la production, ainsi que de l’ampleur du déficit budgétaire du Japon et du niveau élevé de son ratio d’endettement public. Le gouvernement devrait donc financer l’augmentation prévue des dépenses publiques en pratiquant des coupes dans d’autres programmes de dépenses. Il est essentiel d’élaborer un programme d’assainissement budgétaire à moyen terme qui soit crédible et précis, et de le mettre en oeuvre une fois que la reprise sera fermement engagée. Un tel programme devrait inclure une refonte de la fiscalité, accompagnée de réformes structurelles, en particulier dans le secteur des services, afin d’améliorer les niveaux de vie malgré la diminution de la population d’âge actif.

L’économie sort progressivement d’une grave récession. Le recul de la production semble s’être interrompu depuis l’été, même si des problèmes considérables demeurent en souffrance. Le risque de nouvelles faillites d’envergure parmi les établissements bancaires s’est atténué, mais leurs capitaux propres devront être renforcés pour compenser leurs pertes financières. Le secteur du logement connaît également une correction sensible, marquée par une forte réduction de l’endettement et une reconstitution des actifs. La vaste relance macroéconomique et l’assouplissement des conditions financières soutiendront la croissance, qui sera néanmoins un peu plus faible qu’au cours des reprises antérieures. Le chômage refluera lentement.

La Réserve fédérale et le gouvernement doivent commencer à démanteler les dispositifs de soutien de l’activité économique, à mesure que la croissance devient autonome. Il ne sera pas simple de déterminer le moment opportun pour procéder à ce retrait, mais une relance prolongée risque de compromettre l’ancrage des anticipations infl ationnistes et de déstabiliser les marchés d’actifs. Il est certes souhaitable que les autorités fassent preuve de la souplesse requise face à l’évolution des conditions économiques, mais les stratégies de sortie devraient être clairement expliquées.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Une adhésion qui marque un tournant; Alléger la pression fiscale; Économie; Haïti; Investissement; Aide et climat; Verbatim; Nouvel Économiste en chef

La reprise qui s’est amorcée il y a quelques mois dans plusieurs économies nonmembres a désormais gagné l’ensemble des pays de la zone OCDE. Cependant, dans la plupart des pays de l’OCDE, la croissance fluctuera vraisemblablement autour d’un taux tendanciel peu élevé dans la période à venir. Elle est encore freinée en effet par de forts vents contraires, à l’heure où les ménages, les institutions financières, les entreprises non financières et, en fin de compte, les États doivent reconstituer leurs bilans. Dans ces conditions, le chômage devrait progresser et l’inflation, déjà faible, sera encore soumise à des pressions à la baisse. Il faudra attendre quelque temps avant que la reprise ne soit suffisamment forte pour commencer à réduire le chômage.

La crise a-t-elle eu un impact sur les transferts financiers des immigrés vers leurs pays d’origine ? Une étude a révélé que les immigrés latino-américains aux États-Unis continuent d’envoyer de l’argent à leurs familles, même s’ils doivent pour cela réduire leurs dépenses, cumuler plusieurs emplois, travailler plus longtemps, ou, lorsqu’ils ont perdu leur emploi, puiser dans leurs économies.

Le Chili va devenir le 31ème pays membre de l’OCDE. C’est un événement mémorable, comme en témoignent ces extraits des discours prononcés à Santiago du Chili, le 11 janvier 2010, par Michelle Bachelet, Présidente du Chili et Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, après la signature par la République du Chili de l’accord d’adhésion à la Convention de l’OCDE.

Aujourd’hui, la plupart des débats sur la fiscalité et les pays en développement portent sur la fuite des recettes fiscales vers les paradis fiscaux offshore. Mais les pays en développement doivent aussi être attentifs à la question des prix de transfert. Ils éviteraient ainsi des pertes fiscales au niveau des transactions transnationales effectuées par les multinationales. Explication.

Un certain nombre de grandes entreprises commencent à considérer la discipline fiscale comme partie intégrante de leurs responsabilités sociales. D’autres devraient suivre leur exemple.

Les gouvernements des pays asiatiques ont réagi à la crise mondiale en renforçant leurs politiques sociales. L’économie devrait en bénéficier.

Les dernières estimations montrent que les fusions-acquisitions internationales ont diminué de 56 % en 2009 par rapport à 2008. C’est la plus forte baisse de ces dernières années. Une grande partie de cette diminution a été causée par la chute de 60 % des fusions-acquisitions d’entreprises basées dans la zone OCDE, passant de plus de 1 billion de dollars à 454 milliards de dollars.

Réformer les systèmes fiscaux peut favoriser le développement en renforçant l’autonomie des gouvernements. Cela peut aussi susciter des réformes plus vastes.

Les entreprises européennes ont été déçues par l’accord de Copenhague sur le changement climatique. Propositions pour aller de l’avant.

Alors que la tempête financière se calme quelque peu, l’heure est à l’évaluation complète des dégâts. Selon Tendances des marchés de capitaux, entre le début de la crise et octobre 2009, les gouvernements et les banques centrales des États-Unis et d’Europe ont apporté plus de 11 billions de dollars d’aide aux banques et autres entreprises financières, sous forme d’injections de capitaux, d’achats d’actifs, de garanties et facilités d’emprunt etc. Ce chiffre ne tient pas compte des coûts économiques et sociaux plus généraux, comme les pertes d’entreprises, les suppressions d’emplois et les autres retombées de la crise. Il représente néanmoins, selon un journaliste du Dow Jones, un coût de plus 1 600 dollars par personne dans le monde.

Alors que les régulateurs et les décideurs politiques continuent à réfléchir à de nouvelles règles sur les services financiers, les marchés boursiers sont en pleine expansion et les banques recommencent à verser des bonus. 2010 sera-telle l’année des bonnes résolutions ou se dirige-t-on au contraire, faute de mesures correctives, vers une nouvelle crise financière dans les mois ou les années qui viennent ?

Depuis la fin des années 1990, les questions de stabilité financière font l’objet d’une attention croissante. La crise asiatique de 1997, la faillite du fonds d’investissement Long-Term Capital Management (LTCM) en 1998 et la récession mondiale de la fin des années 1990 ont toutes été marquées par une spéculation dangereusement élevée et une mise en péril du fonctionnement des marchés financiers. En conséquence, de nombreuses banques centrales ont mis en place des services spécifiquement chargés de la stabilité financière, les rapports sur ce sujet se sont multipliés, et le Forum de stabilité financière a connu un regain d’intérêt.

L’année 2010 a commencé avec un tremblement de terre dévastateur en Haïti qui a tué plus de 100 000 personnes et a pratiquement détruit le pays. Nous tenons à exprimer notre sentiment de solidarité envers le peuple haïtien. Cette tragédie ravive le triste souvenir du tsunami, survenu juste avant la nouvelle année 2004. Rien ne peut remplacer la perte d’êtres chers.

Les pays producteurs de pétrole du Moyen- Orient et d'Afrique du Nord (MENA) peuvent s'attendre à voir leurs balances courantes chuter fortement en 2009, du fait de la chute des prix du pétrole brut et d'une demande mondiale freinée par la crise économique. D'après des statistiques récentes, les balances courantes des pays non-producteurs devraient demeurer négatives, mais plus stables.

Un « phare sur l'éducation pour sortir de la crise » a récemment été créé sous la forme d'une nouvelle communauté web de l'OCDE, destinée à aider le système éducatif. Ce site collaboratif, nommé educationtoday (voir www.oecd.org/edu/phare), contient aujourd'hui près de 200 articles d'experts de l'OCDE et d'ailleurs, et tout internaute peut s'y inscrire via « monOECD » sur www.ocde.org.

Investir davantage dans tous les modes de transport stimulerait le développement dans la région MENA. Leur interconnexion et leur contribution à la lutte contre des problèmes tels que le changement climatique sont des considérations majeures.

Et si les banquiers, les régulateurs financiers et les investisseurs, malmenés par la crise, regardaient du côté de la finance islamique ?

La Convention contre la corruption de l'OCDE, qui fêtera son 10ème anniversaire en décembre, a été le premier instrument international de lutte contre la corruption dans les entreprises transfrontalières. Aujourd'hui, 30 pays membres de l'OCDE et huit pays non-membres - l'Argentine, le Brésil, la Bulgarie, le Chili, l'Estonie, Israël, la Slovénie et l'Afrique du Sud - ont adopté la convention.

Les gouvernements de la région MENA apparaissent depuis quelques années résolus à lutter contre la corruption dans les marchés publics. Les promesses se réalisent, mais les efforts doivent continuer.

La construction d'un État est l'expression par excellence de la gouvernance. Vus de l'extérieur, les accomplissements d'un État naissant souffrent de la comparaison avec les politiques élaborées d'un gouvernement politiquement et économiquement stable. L'un est un maçon, l'autre un entrepreneur en bâtiment, confiant en la solidité des fondations de son projet.

Après une année éprouvante marquée par le pessimisme, nous entrevoyons les premiers signes d'une reprise économique. Les mesures économiques et financières résolues prises par les gouvernements tout au long de l'année commencent à produire leurs effets.

Un système de réserve de céréales à trois niveaux pourrait protéger les pays pauvres contre l'instabilité et les flambées des prix alimentaires, et aiderait à répondre aux crises alimentaires.

Le 7 septembre 2009, un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a dénoncé le rôle important de la « domination du dollar » dans les déséquilibres globaux récents, notamment des balances commerciales et des comptes des opérations courantes, qui ont contribué à la crise économique mondiale.

Données économiques

PIB +0.6% T2 2018
Échanges exp +2.7% ; imp +3.0% T4 2017
Inflation annuelle 2,9% août 2018
Chômage 5.3% août 2018
Mise à jour: 10 oct 2018

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