Luke MacGregor/Reuters

Depuis le milieu des années 1990, la croissance de l’Irlande a été l’une des plus rapides de la zone OCDE. Elle connaît aujourd’hui l’une de ses plus sévères récessions. Qu’est-ce qui explique ce basculement ? Comment l’économie irlandaise se redressera-t-elle ?

Ces 18 derniers mois ont été difficiles pour l’économie mondiale, mais peu de pays de l’OCDE ont ressenti l’impact de la crise aussi brutalement que l’Irlande. En à peine quelques années, ce pays considéré par beaucoup comme un modèle de croissance rapide et de prospérité confiante est devenu une économie engluée dans la récession et saisie par le doute.

Un désenchantement brutal. Depuis le milieu des années 1990, les performances économiques du pays étaient remarquables : une croissance du PIB par habitant avoisinant les 5 % entre 1995 et 2007 ; un niveau de vie amélioré d’un tiers en une décennie ; une croissance spectaculaire de l’emploi, attirant massivement les travailleurs étrangers. Les Irlandais qui avaient émigré les années précédentes sont revenus au pays et, pour la première fois, on a observé une forte immigration nette : en quelques années, la proportion de travailleurs de pays alors candidats à l’adhésion à l’UE, comme la Pologne, a atteint 8 % de la population active.

Ce rythme d’expansion est pratiquement sans précédent dans les pays de l’OCDE. Le pays que les économistes surnommaient « l’homme malade de l’Europe » dans les années 1980 affichait une santé resplendissante. La vitesse de son développement rappelant certains pays émergents, l’Irlande était devenue le « tigre celte ».

D’autres pays de l’OCDE se tournaient vers l’expérience irlandaise pour renforcer leurs performances économiques. Comment l’Irlande était-elle parvenue à élever si rapidement son niveau de vie ?

Il n’y a pas de réponse unique à cette question, même si la capacité à attirer l’investissement direct étranger (IDE) a été un moteur décisif. Les entrées d’IDE avoisinent aujourd’hui 80 % du revenu national, et les entreprises sous contrôle étranger assurent la majorité des exportations et une proportion substantielle des emplois. Les multinationales ont été attirées par cette économie ouverte, flexible et orientée vers le marché. Autres atouts, une fiscalité favorable et la présence d’une main-d’oeuvre anglophone qualifiée. L’appartenance à l’Union européenne, et donc à l’union monétaire et au marché unique, s’est également révélée cruciale. La montée en puissance de secteurs tels que les technologies de l’information et des communications, les produits pharmaceutiques et les services financiers internationaux favorisait particulièrement cette petite économie ouverte et dynamique. Si ce dynamisme a éclos au bon moment, l’Irlande n’a pas connu le succès du jour au lendemain. Celui-ci a résulté d’années d’efforts des décideurs publics, des chefs d’entreprise et des autres partenaires sociaux pour réorganiser le pays et y instaurer un cadre favorisant l’entrepreneuriat, l’investissement et la croissance de l’emploi.

L’élévation du niveau de vie a fini par récompenser les judicieuses décisions de cette époque. L’enseignement secondaire n’est devenu gratuit en Irlande qu’à la fin des années 1960. D’où une progression tardive mais considérable du niveau d’instruction. Ceci n’a pas eu de retombées visibles pendant la période de résultats macroéconomiques médiocres des années 1980, mais le vaste gisement de productivité ainsi créé a porté ses fruits à partir du milieu des années 1990. La main-d’oeuvre irlandaise jeune et instruite reste d’ailleurs très appréciée des sociétés étrangères.

L’économie avait aussi gagné en résilience. Avec l’éclatement de la bulle informatique au début des années 2000, l’activité a ralenti, mais le PIB national ne s’est jamais réellement contracté en termes annuels, contrairement à beaucoup d’autres pays de l’OCDE, et le chômage n’a que très légèrement augmenté. La vigoureuse reprise qui a suivi s’est traduite par une croissance moyenne du PIB supérieure à 5 % entre 2002 et 2007.

Alors pourquoi la machine s’est-elle enrayée ? La récession irlandaise est l’une des plus sévères de la zone OCDE. Selon les prévisions de l’OCDE, la baisse du revenu national brut, du pic au creux, sera probablement proche de 13 %. Le taux de chômage est passé d’un peu plus de 4 % à 13 % en moins de deux ans. Comment la situation a-t-elle pu se détériorer si brutalement ?

Un élément de réponse tient au fait que, ces dernières années, l’expansion a été beaucoup plus tirée par la demande intérieure que ce n’était le cas avant 2000. Après avoir rapidement augmenté, les exportations se sont modérées. La croissance de la productivité a aussi fortement ralenti, alors que l’inflation, les salaires et les coûts de main-d’oeuvre ont augmenté plus vite. En bref, l’Irlande perdait de sa compétitivité, et le déficit de la balance courante se creusait.

Le marché immobilier a été au coeur de cette récente poussée de la demande : au pic du cycle, les prix des logements en termes réels étaient près de quatre fois plus élevés qu’en 1995. Alors que ces prix étaient bas au milieu des années 1990, et que la demande de logements était stimulée par la hausse des revenus et l’accroissement de la population, une décennie plus tard les prix des logements avaient atteint des niveaux non-viables à long terme. Ils étaient en outre alimentés par l’expansion du crédit, le montant total des emprunts ayant augmenté de 20 % par an en moyenne au cours de ces dernières années. L’immobilier commercial était lui-même en plein essor : sur Grafton Street, à Dublin, les loyers privés sont rapidement devenus parmi les plus chers du monde, rivalisant avec la Cinquième Avenue, Bond Street et les Champs-Élysées.

Le boom immobilier a eu un puissant effet sur l’ensemble de l’économie irlandaise. La construction de logements s’est envolée pour atteindre 13 % du revenu national, proportion plus élevée même qu’en Espagne, et ce secteur a attiré un grand nombre de travailleurs. La valorisation du patrimoine immobilier a soutenu la consommation. Les banques prêtaient à tour de bras, et les prêts liés à des opérations immobilières sont devenus une composante majeure de leurs engagements globaux.

Les prix des logements ont culminé en 2007. Depuis, ils ont chuté de 25 %, et de nouvelles baisses sont à prévoir. Avec le retournement du marché immobilier, l’activité économique a commencé à ralentir, la construction de logements se contractant fortement. Il était déjà difficile de rééquilibrer l’économie irlandaise en réduisant le poids de la construction au profit des exportations et d’un niveau de demande plus gérable. Mais la crise financière a rendu cette correction encore plus malaisée en érodant les marchés d’exportation et en exerçant de nouvelles tensions sur le système financier. Il en a résulté un effondrement spectaculaire de la demande, l’activité économique accusant l’une de ses plus fortes contractions depuis des décennies.

Comment l’économie irlandaise se rétablirat- elle ? Les pouvoirs publics ont peu de leviers pour étayer la demande. Dans un petit pays intégré à la zone euro, les réductions des taux d’intérêt et les mesures de soutien monétaire prises par la Banque centrale européenne ont été utiles, mais ne peuvent pas être poussées plus loin. Afin d’éviter un effondrement financier systémique, il a fallu s’attaquer en priorité aux pertes massives des banques. Entre autres mesures, les autorités ont créé l’Agence nationale de gestion d’actifs (National Asset Management Agency), qui a pour mission de replâtrer le système bancaire en sortant des bilans des banques un portefeuille d’actifs immobiliers frappés par la crise, pour un montant total évalué à 40 % du revenu national brut.

Tandis que d’autres pays ont lancé des plans de relance budgétaire, le solde budgétaire irlandais, excédentaire en 2007, accusera un déficit d’environ 12 % du PIB cette année, ce qui reflète le poids excessif des recettes liées au secteur immobilier. Ce niveau d’emprunts publics contribue déjà fortement à soutenir les dépenses, mais il exclut toute possibilité d’assouplir davantage la politique budgétaire. De fait, la gravité de la situation a imposé un durcissement de la politique budgétaire qui représente à ce jour quelque 7,5 % du revenu national, et de nouvelles mesures d’assainissement sont programmées pour les prochaines années.

Cette contrainte de politique économique signifie que la voie de la reprise passera surtout par un ajustement de l’économie privée, dans les ménages comme dans les entreprises. En particulier, l’Irlande doit infléchir ses prix pour restaurer sa compétitivité sur les marchés internationaux. C’est ce qui est déjà en train de se produire : l’indice harmonisé des prix à la consommation a reculé de près de 3 % entre novembre 2008 et novembre 2009. Fait remarquable, les salaires nominaux sont en train d’être abaissés, des données partielles faisant état de réductions généralisées de 5 à 10 %. Cette déflation des salaires est sans précédent en Irlande et dans les autres pays de l’OCDE. Elle montre à quel point le marché du travail irlandais sait se montrer flexible et incite à penser que son économie s’ajuste très rapidement. Toutefois, cette déflation comporte des risques, notamment parce que la baisse des revenus permettra plus difficilement d’alléger l’encours des dettes.

Mais si l’on observe des signes d’ajustement économique positif, la récession va probablement persister pendant quelque temps. L’OCDE prévoit une reprise lente. Il est crucial de savoir si des politiques publiques peuvent être mises en place pour éviter que le taux de chômage élevé ne se pérennise. Compte tenu de la déflation, les prestations sociales devront baisser en termes monétaires, juste assez pour conserver la même valeur réelle par rapport au coût de la vie. En même temps, pour les travailleurs faiblement rémunérés, les indemnités chômage atteignent des niveaux élevés par rapport aux salaires. Ce facteur, auquel s’ajoutent les carences des programmes d’activation des sans-emploi, entraîne un risque réel de chômage élevé et durable, à moins que les politiques publiques ne s’ajustent pour encourager davantage le retour à l’emploi en même temps que la reprise.

Bien que la Slovénie soit déjà sortie de la récession au deuxième trimestre de 2009, le déclin précipité des deux trimestres précédents fut assez sévère pour engendrer une chute du résultat en glissement annuel proche de 8 % en 2009. Un faible rebond, imputable à la demande extérieure, a eu lieu, et on s’attend à ce qu’il continue en 2010, avant que la croissance ne gagne en solidité en 2011 grâce au renforcement des investissements. Un écart de production négatif et un chômage élevé devraient contribuer à maintenir une inflation modérée.

Après la forte relance budgétaire de 2009, la politique budgétaire devrait se resserrer en 2010 et 2011 pour des raisons d’assainissement. Une nouvelle réforme des régimes de retraite devrait stimuler cet assainissement budgétaire, alors que les réformes visant à accroître la flexibilité des marchés du travail devraient contribuer à accélérer la reprise de l’emploi.

Quoique faible, la croissance positive du deuxième trimestre de 2009 a marqué le début de la reprise. Les anticipations concernant des hausses de la fiscalité indirecte ont suscité une poussée des ventes automobiles, et les dépenses de l’État ont augmenté rapidement en raison de l’abandon d’une politique restrictive à cet égard. Les taux de croissance de la consommation de biens non durables, de l’investissement et des exportations sont tous redevenus positifs. L’activité économique devrait se ressaisir tout au long de la période considérée. Les pressions inflationnistes sous-jacentes resteront probablement modérées, mais les risques de divergence par rapport à ce scénario s’accroissent. Le dernier budget de l’État limitait la hausse du déficit, mais s’appuyait de manière excessive sur des mesures de court terme pour atteindre les objectifs de déficit et de dépenses, et les allègements fiscaux prévus pour les personnes morales et physiques en 2010 sont inopportuns. La Banque d’Israël a précocement adopté une position moins expansionniste, mais la persistance de ses interventions sur le marché des changes risque de créer des pressions inflationnistes supplémentaires et de détériorer la crédibilité et la cohérence de l’action publique.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le deuxième et le troisième trimestre de 2009 ont vu la croissance du PIB se reprendre nettement, grâce principalement à la consommation privée. L’investissement, ayant rebondi fortement au cours du troisième trimestre, continue de pâtir d’une insuffisance de crédit. Les exportations croissent plus vite que les importations, soutenant l’excédent commercial et l’excédent des opérations courantes. L’inflation a affiché un recul rapide au premier semestre. L’activité devrait s’accélérer quelque peu à la faveur d’une hausse des investissements et d’un assouplissement des conditions de crédit. Le cycle d’assouplissement des conditions monétaires s’est terminé en septembre. Les baisses des taux d’intérêt et les mesures de renforcement des liquidités prises plus tôt dans l’année en réaction à la crise mondiale ont allégé la pression exercée sur le marché interbancaire. La mise en oeuvre du plan de relance budgétaire est retardée par des insuffisances de capacités de production. Il ne serait cependant pas souhaitable, puisque la reprise semble avoir véritablement commencé, d’assouplir davantage la politique budgétaire.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le PIB réel devrait chuter de 14,4 % cette année, pour se stabiliser à peu près en 2010 et se redresser en 2011, avec une croissance attendue de 3,9 %. Cette prévision dépend pour une large part de l’évolution des grands marchés tournés vers l’exportation, de la réaffectation des ressources à l’expansion des activités correspondantes et l’attrait que saura exercer le pays à l’égard de flux nouveaux d’IDE au profit du secteur des exportations lorsque la reprise s’installera. Le maintien de la caisse d’émission dans l’optique d’adopter l’euro dès que possible reste l’objectif premier de la politique économique. Il faudra, pour satisfaire au critère de Maastricht plafonnant le déficit public à 3 % du PIB, conserver une politique budgétaire très stricte. Les évaluations externes de la crédibilité des politiques économiques de l’Estonie, et notamment de ses perspectives d’adhésion à l’euro, seront aussi décisives pour les flux d’investissement direct étranger et les coûts du crédit.


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Petite économie ouverte fortement dépendante de ses exportations minières et agricoles, le Chili a été lourdement frappé par l’effondrement des échanges mondiaux et des prix des produits de base. La production a fortement reculé, et la croissance annuelle moyenne devrait être négative en 2009. Toutefois, une bonne partie de la baisse des prix du cuivre observée jusqu’à la fin de 2008 a été annulée, et le milieu d’année a marqué le creux de la vague de l’activité, grâce à des mesures substantielles de relance macroéconomique. La croissance devrait s’accélérer progressivement tout au long de 2010 et atteindre en 2011 un taux supérieur au potentiel.

Sans tergiverser, la banque centrale a abaissé les taux d’intérêt de 775 points de base depuis le début de l’année, et pris quelques mesures non classiques lorsque les taux directeurs sont tombés en juillet à 0,5 %. Le ministère des Finances a mis en oeuvre sans délai un plan de relance budgétaire bien ciblé. Ces mesures devraient disparaître graduellement si, comme prévu, le Chili s’engage sur la voie du retour à une solide croissance.

La croissance du PIB réel sera négative en 2009, mais devrait redevenir positive au quatrième trimestre et connaître au premier semestre de 2010 une accélération due en partie à la Coupe du monde de football. Grâce à un écart de production important et aux effets de l’appréciation passée du rand, l’inflation devrait revenir dans la fourchette visée en 2010. Le déficit de la balance courante s’atténuera cette année, mais devrait se creuser ensuite lorsque les importations distanceront les exportations.

La fragilité de la reprise devrait inciter à la mise en oeuvre de l’augmentation des dépenses publiques prévue pour 2010. Cette augmentation doit toutefois s’inscrire dans un cadre à moyen terme préservant la viabilité de la dette, qui obligera probablement les autorités, lors du retournement de conjoncture qui arrive, à restreindre nettement leurs dépenses. La récession et son cortège de déficits importants ont aussi rendu plus pressante la nécessité d’accroître l’efficience de la dépense publique.


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Après un fort rebond initial qui fait suite à la profonde récession de l’année dernière, le PIB réel devrait converger vers son potentiel. Le recul de l’inflation observé depuis le début de 2009 devrait se poursuivre dans les premiers mois de 2010, puis se tasser. L’excédent de la balance courante augmentera en 2010 du fait d’une amélioration des termes de l’échange, mais il diminuera en 2011 lorsque la forte croissance tendancielle des importations se rétablira. Les flux nets de capitaux privés devraient progresser, permettant ainsi la reconstitution de réserves.

Si la reprise pointe à l’horizon, l’ampleur de l’écart de production et la modération de l’inflation suggèrent de ne pas mettre fin trop rapidement aux mesures de relance. La politique budgétaire devrait veiller à éviter que l’enchaînement d’une forte augmentation des dépenses fin 2009 et d’une contraction de celles-ci en 2010 n’ait un effet destructeur sur la demande. Les mesures anticrise discriminatoires destinées à protéger les industries nationales sont contreproductives et devraient être annulées sans délai.


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L’économie indienne a relativement bien supporté la récession mondiale. Après un fort ralentissement fin 2008, la croissance a repris au premier semestre de 2009, et les indicateurs récents à fréquence élevée font apparaître un raffermissement de ce dynamisme. À court terme, la reprise actuelle ne sera que faiblement entravée par d’insuffisantes pluies de mousson. La croissance devrait dépasser 7 % en 2010, puis atteindre 7,5 % en 2011. L’inflation est à la hausse depuis la mi-2009 et devrait rester élevée au cours de la période considérée.

Compte tenu de la résurgence de pressions inflationnistes en tout début de reprise, les pouvoirs publics se trouvent confrontés au défi majeur que constitue le retrait en temps utile des mesures budgétaires et monétaires de relance. La tâche consistant à juguler un déficit budgétaire élevé qui s’est encore creusé en 2009 sera particulièrement ardue, étant donné à la fois l’ampleur de ce déficit et la permanence des hausses récentes de dépenses.

Grâce à une vaste relance monétaire et budgétaire, la Chine a retrouvé le chemin d’une vigoureuse croissance. Ce dynamisme s’est manifesté au deuxième trimestre ; la croissance annuelle du PIB devrait dépasser 8 % en 2009 et 10 % en 2010. La forte hausse de la demande intérieure qui résulte de la relance a attiré les importations, tandis que les exportations ont fait preuve de faiblesse et pourraient ne pas retrouver leur rythme antérieur à la crise. L’excédent de la balance courante devrait donc reculer fortement à quelque 5 % du PIB en 2010 avant de s’accroître légèrement en 2011, lorsque la croissance de la demande intérieure faiblira. Les pressions inflationnistes, quant à elles, resteront probablement modérées.

La relance budgétaire n’a pas mis en danger la viabilité des finances publiques. Nanties à la veille de la crise d’un excédent de taille et d’une dette publique nette négative, les autorités peuvent se permettre de maintenir un niveau élevé de dépenses. La composition de la dépense publique devrait toutefois être modifiée en faveur des services sociaux, notamment l’éducation, la santé et les retraites. À l’inverse, il faudra mettre un frein à l’expansion du crédit afin d’éviter une nouvelle accumulation de prêts de mauvaise qualité.

Après avoir reculé pendant deux trimestres, le PIB a progressé au deuxième trimestre. L’activité a connu un solide rebond grâce à la résistance de la consommation privée et à la poursuite de la reprise de la production industrielle, qui s’était fortement contractée les mois précédents. Dans plusieurs secteurs manufacturiers, l’utilisation des capacités de production n’est plus très loin des niveaux antérieurs à la crise. La reprise de l’investissement ne s’est toutefois pas encore manifestée. La demande intérieure devrait connaître au dernier trimestre de 2009 et en 2010 une croissance vigoureuse soutenue par une combinaison de politique budgétaire et monétaire accommodante.

Le cycle d’assouplissement des conditions monétaires s’est interrompu en septembre après une baisse cumulée de 500 points de base du taux directeur en 12 mois. L’affaiblissement continu des résultats budgétaires est imputable à des facteurs conjoncturels, à la hausse inexorable des dépenses récurrentes – notamment de la masse salariale de l’administration centrale – et aux mesures discrétionnaires qui ont été prises en réponse à la crise mondiale. Il est donc peu probable que l’objectif budgétaire de fin d’année soit atteint. Il serait souhaitable de rapporter judicieusement les mesures de relance à compter de début 2010 si, comme escompté, la reprise se confirme.


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La production suit une trajectoire qui laisse prévoir en 2009 un déclin sans précédent de 6,5 % par rapport à l’année précédente. Cependant, après quatre trimestres de croissance négative, le deuxième trimestre de 2009 a été marqué par une reprise vigoureuse. L’inflation s’est repliée de 11,9 % en octobre 2008 à 5,3 % en septembre 2009, et le déficit de la balance des opérations courantes devrait passer de 5,5 % du PIB en 2008 à 2 % environ en 2009. Même s’il se redresse plus modérément sur le reste de l’année, le PIB devrait progresser, selon les prévisions, de 3,75 % en 2010 et 4,5 % en 2011.

Les responsables devraient se donner pour but de préserver le renforcement de la confiance des investisseurs, qui a permis un repli des primes de risque et des taux d’intérêt réels. Dans ce contexte, il est indispensable d’aller encore plus loin dans l’amélioration de la transparence budgétaire et de conforter la règle budgétaire par des mesures d’assainissement spécifiques. Des réformes structurelles de nature à doper la compétitivité du secteur des entreprises contribueraient à améliorer la performance de l’économie pendant la phase de reprise.


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La croissance devrait se rétablir à compter de la fin de 2009, grâce à une augmentation de la demande chez les partenaires commerciaux de la Suisse et à l’affermissement de l’activité sur les marchés des capitaux. Le chômage pourrait grimper à environ 5 %, alors que, selon les prévisions, l’inflation devrait être faible, mais positive. Les indicateurs précurseurs du cycle d’activité se sont sensiblement améliorés ces derniers mois, puisqu’ils sont redevenus favorables alors qu’ils se situaient à de faibles niveaux au deuxième trimestre de 2009. Les commandes dans le secteur manufacturier ont enregistré une progression permettant d’escompter une expansion au quatrième trimestre. Après une accélération en 2011, la croissance devrait atteindre 2,1 % à la fin de l’année.

Une fois que la reprise se sera installée, les mesures de stimulation monétaire devraient être levées, mais il conviendra de veiller à éviter tout risque de déflation. Si le dispositif de relance budgétaire devra être maintenu en 2010, il faudra étudier comment réduire les dépenses à compter de 2011, afin de se conformer aux règles budgétaires.


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L’économie suédoise a connu une sévère contraction, sous l’effet de la crise économique mondiale. Une reprise graduelle a commencé, mais la sous-utilisation des ressources économiques est très importante, et le chômage restera élevé pendant quelque temps. La confiance des consommateurs et des entreprises s’est améliorée au cours des six derniers mois, et les ventes au détail se sont redressées. Les conditions sur les marchés des capitaux se sont aussi améliorées, les marges sur les taux interbancaires et hypothécaires revenant à des niveaux plus normaux. Une accélération des prêts aux ménages s’est amorcée, tandis que le ralentissement des prêts aux entreprises se poursuit.

L’orientation de la politique monétaire est très dynamique et devrait le rester pour le moment. Les réponses budgétaires automatiques et discrétionnaires à la crise continueront de soutenir la demande, tout comme les mesures récentes visant à limiter le chômage de longue durée. Avec l’affermissement de la reprise, toutefois, des efforts d’assainissement budgétaire seront requis pour atteindre l’objectif d’un excédent budgétaire à moyen terme.


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La baisse de l’investissement et la récession frappant les grands marchés d’exportation ont contribué à un fort ralentissement de l’activité au début de l’année. Le PIB réel est devenu légèrement positif au deuxième trimestre, en grande partie grâce à un redressement des exportations et à la poursuite de la croissance de la consommation, à un rythme peu soutenu cependant. Une reprise progressive est prévue pour 2010 et 2011, sous l’effet d’un raffermissement de l’investissement et de la demande d’exportation, mais la faiblesse de la consommation continuera de peser sur la croissance. L’inflation est restée négative durant une partie de 2009, mais devrait remonter progressivement pour atteindre environ 2 % en 2011. Les autorités ont réagi à la baisse de l’activité en mettant en oeuvre deux plans de relance, alors que des facteurs conjoncturels creuseront encore le déficit des administrations publiques. Il n’y a donc guère de marge pour d’autres mesures discrétionnaires d’assouplissement budgétaire, et le parlement a déjà approuvé un plan d’assainissement pour réduire le déficit public. Pour inscrire l’effort d’assainissement dans le long terme, il faudra résoudre de graves problèmes du côté des dépenses, en particulier dans les secteurs de la santé, de la protection sociale et des pensions, dans le cadre d’une nécessaire stratégie de sortie.


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L’activité économique s’est redressée au deuxième trimestre après la forte baisse enregistrée au cours de la période précédente. Indépendamment de la poursuite de la croissance au troisième trimestre, le PIB annuel devrait être en recul de près de 6 % en 2009. L’activité reprendra progressivement en 2010, grâce à une amélioration des perspectives de croissance du commerce mondial et à une reprise des entrées d’IDE, et la croissance devrait atteindre un taux annuel supérieur à 4 % en 2011. La forte progression du chômage devrait peu à peu se tasser. Compte tenu de l’importante sous-utilisation des ressources dans l’économie, l’inflation des prix à la consommation devrait rester assez faible.

La situation budgétaire se dégradera sensiblement cette année et l’an prochain, en raison, pour l’essentiel, de la hausse conjoncturelle des dépenses au titre des prestations sociales et de la diminution des recettes fiscales, mais aussi du fait des deux programmes de stimulation budgétaire adoptés au début de 2009. En 2010, l’aggravation du déficit sera circonscrite par une série de mesures ambitieuses d’amputation des dépenses. À moyen terme, d’autres mesures d’assainissement budgétaire seront nécessaires pour assurer la viabilité des finances publiques. Si l’élimination automatique des mesures de relance à la fin de 2010 sera utile à cet égard, il faudra également adopter des dispositions complémentaires.

La croissance a repris au deuxième trimestre de 2009, mais restera faible, car le désendettement du secteur privé pèse sur la reprise. Dans ces conditions, le chômage devrait augmenter, pour atteindre 10 % environ en 2010. Le déficit budgétaire devrait s’élever davantage en 2010 et 2011, après une augmentation sensible en 2009 sous l’effet conjugué des mesures de stimulation budgétaire et de la récession. L’inflation sous-jacente, après avoir diminué pour atteindre un niveau proche de zéro, pourrait connaître une croissance faible au cours de la période considérée. Les déséquilibres de la balance des opérations courantes, qui se sont traduits par une augmentation de l’endettement, limitent le rythme de la reprise, qui pourrait être un peu plus faible que celle de la zone euro. Malgré une croissance anémique, la conception et la mise en oeuvre graduelles de la consolidation budgétaire est une toute première priorité. Les réformes structurelles destinées à encourager la compétitivité sont indispensables à la réalisation d’une plus forte croissance par le biais d’exportations plus dynamiques, alors que la poursuite des réformes dans le secteur de l’éducation devrait contribuer à encourager la croissance potentielle.


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Malgré la profonde récession touchant l’ensemble de la zone OCDE, l’économie polonaise a continué de croître en 2009 sous l’effet de plusieurs facteurs, notamment un assouplissement monétaire, une dépréciation du taux de change, une dépendance relativement limitée par rapport aux échanges internationaux, un solide secteur bancaire et un secteur privé peu endetté, des baisses d’impôts ainsi que d’autres mesures fiscales, et les investissements en infrastructure liés aux transferts de l’Union européenne et au championnat de football de 2012. L’activité devrait se redresser, grâce essentiellement à l’investissement, mais la croissance restera bien inférieure à son potentiel pendant quelque temps. Si l’inflation globale a été jusqu’à récemment supérieure à l’objectif officiel, elle devrait diminuer régulièrement à mesure que la sous-utilisation des ressources économiques s’accentuera.

Le déficit des administrations publiques devrait atteindre des niveaux sans précédent depuis le début du processus de transition. Cependant, aucune mesure d’assainissement budgétaire n’a été annoncée pour 2010 par les autorités. Le risque de non-respect de la limite d’endettement public, fixée par la constitution à 60 % du PIB, est essentiellement géré via un programme de privatisation ambitieux. Ce programme ne fera néanmoins que retarder jusqu’en 2011 l’assainissement nécessaire des finances publiques. Les autorités monétaires devraient s’abstenir de toute modification des taux d’intérêt, sauf si les circonstances changent.

Plongée dans une profonde récession, l’économie semble montrer des signes de reprise, grâce à un redressement des échanges mondiaux, à une action de relance budgétaire et à un assouplissement des conditions monétaires. Cependant, la croissance sera trop faible pour empêcher de nouvelles augmentations du taux de chômage, l’un des plus bas de l’OCDE jusqu’à la fin de 2010. Devant restaurer leur rentabilité, les entreprises continueront de diminuer leur effectif en 2010. L’amélioration de la rentabilité devrait préparer le terrain à un regain de croissance de l’investissement et, partant, à une reprise plus durable en 2011.

La relance budgétaire a contribué à un déficit d’environ 4,5 % du PIB en 2009. Pour rétablir la viabilité budgétaire, les autorités devraient maintenir les objectifs d’assainissement qu’elles ont fixés pour 2011. Le relèvement en deux étapes prévu de l’âge de la retraite facilitera le retour à l’équilibre, mais serait plus efficace avec une période de mise en place. L’octroi d’une plus grande priorité aux politiques actives du marché du travail et à l’assouplissement de la législation de la protection du travail stimulerait la croissance de l’emploi.

La Nouvelle-Zélande voit finalement le bout d’une récession longue de cinq trimestres, bénéfi ciant de vigoureuses mesures de relance budgétaire aux niveaux national et mondial. Les indicateurs récents, notamment l’amélioration des anticipations de production dans les entreprises et des ventes au détail, donnent à penser que le troisième trimestre devrait être marqué par une croissance légèrement positive. Mais la reprise pourrait être compromise par un endettement excessif du secteur privé, la contraction continue du crédit, la vigueur récente de la monnaie et l’aggravation du chômage. Le chômage augmente sensiblement et, en tant qu’indicateur retardé, se maintiendra sur cette tendance à la hausse. Ce facteur pourrait peser sur les revenus et, conjointement avec la nécessité d’alléger la charge de la dette des ménages, pourrait augmenter la propension à épargner.

Compte tenu de la faiblesse et de la fragilité de la demande privée, il convient que les politiques monétaire et budgétaire restent expansionnistes pour le moment. Cependant, si la reprise s’installe comme prévu, l’action de relance devrait commencer à être retirée au milieu de 2010, afin de favoriser la restructuration des bilans et, conjointement avec les réformes structurelles, d’orienter l’activité vers la production échangeable, et non vers l’investissement dans le logement, en tant que principale source de revenu et de richesse.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

La reprise économique a déjà commencé en Norvège, l’important programme de relance budgétaire et monétaire dopant la consommation et soutenant l’emploi. Le rebond des prix de l’immobilier montre que cette relance encourage les ménages à dépenser plutôt qu’à assainir leurs bilans. L’investissement privé augmentera l’an prochain, une fois que la progression de la consommation sera bien établie, et que les marchés du crédit reviendront à la normale. Le chômage n’a que très légèrement augmenté, grâce en partie à des mesures spécifiques de l’État, mais aussi en raison d’une inversion des flux migratoires, dont l’ampleur reste à déterminer.

Compte tenu de l’important écart observé par rapport à la « règle des 4 % » en 2009 et 2010, un resserrement budgétaire important et soutenu dans le temps est souhaitable, à la fois pour des raisons de gestion macroéconomique et pour assurer la viabilité budgétaire à moyen terme. Le resserrement de la politique monétaire a déjà commencé et devrait se poursuivre pendant quelque temps, à mesure que l’économie se redresse, que le marché du travail se tend, et que les anticipations d’inflation dérivent à la hausse. Les politiques visant à améliorer l’effi cacité des dépenses publiques devraient être poursuivies, contribuant à l’assainissement budgétaire dans les années à venir.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

L’économie a gravement souffert de la crise financière internationale du fait de sa dépendance à l’égard des services financiers et du commerce extérieur. Le nombre de participants aux programmes actifs du marché du travail s’est accru. La diminution de la production a toutefois été absorbée partiellement par un accroissement du pourcentage de salariés travaillant à horaire réduit, qui est passé de pratiquement 0 % avant la crise à 2,8 % de la population active en août. D’après certains signes, l’activité se retourne, toutefois, grâce à un renforcement des marchés boursiers et au soutien apporté par les pouvoirs publics. À terme, une reprise progressive sera favorisée par l’amélioration des conditions financières et la croissance des échanges mondiaux. De nouvelles mesures budgétaires de relance représentant 1,5 % environ du PIB ont été mises en place pour 2010. Les autorités devraient définir un plan crédible d’assainissement budgétaire à moyen terme. Le Luxembourg reste très vulnérable face aux incertitudes entourant la situation financière internationale et l’amélioration du commerce mondial. Mais la principale incertitude concerne l’incidence de la crise financière sur la production potentielle et les perspectives à long terme de l’économie, compte tenu de la spécialisation étroite de celle-ci dans certaines activités financières et formes de production industrielle.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

La récession dans laquelle l’économie islandaise a été plongée après la faillite des trois plus grandes banques du pays en octobre 2008 se poursuit. La demande intérieure s’est effondrée, et l’activité économique continuera probablement de baisser jusqu’au début de 2010. Par la suite, la croissance reprendra probablement, stimulée dans un premier temps par la normalisation attendue des conditions financières, puis par l’investissement dans de grands projets énergétiques. Le taux de chômage pourrait atteindre environ 7 % vers le milieu de 2010 avant de s’orienter à la baisse. Le programme du gouvernement aidera à réduire les déséquilibres dans l’économie, l’inflation tombant aux alentours de 2,5 % en 2011, et le déficit de la balance des opérations courantes ayant été ramené à 1,5 % du PIB en 2011.

Il est impératif de mettre en oeuvre intégralement le programme de consolidation budgétaire qui est prévu de façon à rétablir la viabilité des finances publiques. La politique monétaire devrait rester centrée sur la stabilité du taux de change, et les contrôles de capitaux devraient être progressivement levés et ce, dès que possible, afin de normaliser les relations avec les marchés extérieurs et de permettre aux entreprises d’accéder au crédit étranger.  


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

L’économie est en pleine récession, dans un contexte marqué par la correction des importants déséquilibres intérieurs, mais la contraction de l’activité donne depuis peu des signes de ralentissement. L’Irlande devrait profiter de la reprise du commerce mondial et d’un regain de compétitivité résultant de l’ajustement à la baisse des salaires et des prix. L’ajustement en cours au plan intérieur sera néanmoins prolongé, et le redressement économique peu marqué.

Le déficit budgétaire a enflé, et la dette publique a augmenté énormément. D’importantes mesures d’assainissement budgétaire sont déjà en place, mais il faudra aller plus loin sur une période plus longue, ce qui requerra à la fois de nouvelles augmentations des recettes et de nouvelles compressions des dépenses publiques. Avec l’Agence nationale de gestion d’actifs (National Asset Management Agency), le gouvernement cherche à remettre le système bancaire sur des bases saines en comptabilisant les pertes et en y remédiant rapidement, contribuant ainsi à la reprise. Il faudrait en même temps mettre en oeuvre les nécessaires mécanismes de partage des risques afin de protéger le contribuable.

Après un net fléchissement en 2009, la croissance du PIB devrait reprendre progressivement en 2010 et avec plus de vigueur en 2011, par suite d’un raffermissement de la demande extérieure et d’un assouplissement des conditions de crédit. À moins d’une nouvelle vague de prodigalité budgétaire dans la perspective des élections de l’an prochain, le plan d’austérité prévu devrait brider la demande intérieure. Le taux de chômage marquera un sommet à plus de 10 % en 2010 avant de décroître légèrement. L’important écart de production et l’appréciation récente du taux de change ont tempéré les pressions inflationnistes, qui ne devraient pas se ranimer avant que la reprise ne s’accélère.

Une action macroéconomique restrictive conforme au programme du Fonds monétaire international et l’efficacité initiale des mesures de limitation de la croissance des dépenses ont redonné confiance aux investisseurs, renforcé le taux de change et permis de réduire à plusieurs reprises les taux d’intérêt depuis le milieu de 2009. La poursuite de la détente dépendra de la crédibilité du programme d’assainissement continu des finances publiques et de la situation sur les marchés financiers mondiaux. Afin de maintenir la confiance des investisseurs, le gouvernement doit absolument s’en tenir au cadre budgétaire à moyen terme adopté récemment et soutenir les efforts du nouveau conseil budgétaire.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le PIB réel s’est contracté en 2009, à mesure que les effets de la crise mondiale gagnaient progressivement l’économie grecque. L’activité économique se contractera sans doute encore au dernier trimestre de 2009 et au début 2010, du fait que la demande intérieure continue de se ralentir en raison de conditions de crédit restrictives et d’un manque d’entrain du marché. La récente amélioration des conditions extérieures devrait aider l’activité à se redresser lentement, et la croissance pourrait s’intensifi er en 2011. Le taux de chômage semble devoir augmenter au-dessus de la barre des 10 % au cours des la période de projection. Le déficit de la balance des opérations courantes restera sans doute élevé.

Un engagement crédible à réduire les déséquilibres budgétaires est essentiel pour rétablir la confiance des marchés, créant une marge de manoeuvre budgétaire pour l’avenir et permettant de faire face à l’alourdissement des coûts liés au vieillissement. Pour y parvenir, il est indispensable de limiter strictement les dépenses et d’enrayer la fraude fiscale généralisée. La viabilité à long terme des finances publiques passe aussi par de nouvelles réformes des systèmes de retraite et de santé. Il sera important d’accroître la flexibilité du marché du travail et des marchés de produits si l’on veut atteindre des taux élevés de croissance.


©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277, décembre 2009-janvier 2010

Le déclin de la production s’est poursuivi en Finlande sur les six premiers mois de l’année, du fait de l’effondrement continu des exportations. Une reprise devrait cependant s’amorcer d’ici à la fin de 2009, avec un rebond des exportations, actuellement très faibles, et une importante reconstitution de stocks. L’inflation, mesurée par l’indice des prix harmonisé à la consommation, est restée supérieure à la moyenne de la zone euro en raison de fortes hausses négociées des salaires. Le taux de chômage a grimpé, et cela va sans doute continuer, la situation étant aggravée par de grandes rigidités sur le marché du travail.

La réponse initiale du gouvernement à la récession, notamment l’aide accordée aux banques et aux entreprises et une légère relance budgétaire, ont soutenu concrètement l’activité. Un nouvel assouplissement de la politique budgétaire est prévu mais il pourrait aller à l’encontre du but recherché s’il coïncide avec l’amorce de la reprise. Des mesures de consolidation ont été annoncées, mais il faudrait, dès que possible, élaborer un plan cohérent d’assainissement en profondeur des finances publiques et le mettre en oeuvre une fois que la reprise se sera confirmée. Les prochaines négociations salariales devront tenir compte davantage de la productivité dans les entreprises.

La production diminuera sans doute de 3,5 % en 2009 et de 25 % encore en 2010 avant d’amorcer un lent redressement en 2011. Le taux de chômage pourrait culminer aux alentours de 20 % en 2010. L’inflation, après avoir connu en 2010 une poussée temporaire due à des prix du pétrole plus élevés et à des majorations prévues de la taxe sur la valeur ajoutée, devrait revenir aux alentours de zéro en 2011. Le déclin des transactions dans le secteur du logement marque le pas, et la baisse des prix des logements est enrayée.

Le durcissement prévu de l’action budgétaire devrait être reporté à 2011, afin de permettre à l’économie de se rétablir plus solidement. Cependant, des réformes structurelles, notamment des mesures visant à contenir l’augmentation des dépenses liées à l’âge, doivent être mises en oeuvre de manière à assurer la viabilité à long terme des finances publiques. Il faudrait mettre un terme aux programmes d’aide à la construction de logements sociaux : le soutien accordé aux ménages à faible revenu doit prendre la forme d’allocations calculées en fonction des ressources et destinées à aider les bénéficiaires à faire face à leurs frais de logement. Il faudrait aussi améliorer l’efficacité du service public de l’emploi.

L’économie danoise a été durement touchée, même si elle l’a été tardivement, par la crise économique mondiale, mais elle semble devoir se redresser progressivement sous l’effet de la reprise des échanges mondiaux et du soutien assuré par les stabilisateurs économiques, l’assouplissement notable de l’action budgétaire et le niveau peu élevé des taux d’intérêt. La consommation privée a accusé un très net repli sur les derniers mois de 2008 et les premiers mois de 2009, mais le recul a été moins marqué par la suite, du fait du soutien assuré par les allégements d’impôts, les retraits de fonds accumulés dans le cadre du régime de retraite spécial et d’une légère remontée des cours des actions. Le moral des chefs d’entreprises dans le secteur manufacturier se rétablit, et la production industrielle semble s’être stabilisée à un niveau peu élevé, tandis que le nombre de nouvelles faillites diminue.

Malgré le retrait partiel du programme de relance mis en oeuvre pour faire face à la crise, le déficit budgétaire restera probablement important en 2011. Des mesures de consolidation supplémentaires seront nécessaires le moment venu pour rétablir une position budgétaire conforme aux objectifs à long terme, et mieux vaudrait définir sans tarder les mesures à prendre.

Après la sévère contraction de l’activité observée à la fin de 2008, la Corée connaît l’une des plus précoces et plus fortes reprises dans la zone OCDE, tirée par les exportations et une politique budgétaire expansionniste. Alors que l’impact de la relance budgétaire se dissipera en 2010, un redressement durable des exportations contribuera sans doute à porter la croissance de la production à 4-4,5 % en 2010 et 2011, avec un rebond de la demande intérieure et un net recul du chômage. À mesure que la reprise se confirmera, il faudra freiner l’augmentation des dépenses publiques afin de rétablir l’équilibre du budget, conformément au plan de gestion budgétaire à moyen terme. D’autres mesures exceptionnelles de stabilisation de l’économie, comme l’aide accrue aux petites et moyennes entreprises, devront être supprimées progressivement. Des réformes structurelles visant à améliorer la productivité, notamment dans le secteur non manufacturier, sont nécessaires pour soutenir la croissance sur le moyen terme.

Données économiques

PIB +0.6% T1 2019
Échanges exp +0.4% ; imp -1.2% T1 2019
Inflation annuelle 2.3% mar 2019
Chômage 5.3% mar 2019
Mise à jour: 28 mai 2019

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