Les dirigeants mondiaux présents à la Conférence des Nations Unies sur le climat à Paris savent qu’ils ont une occasion unique de forger un nouvel accord international pour combattre le changement climatique et tracer la voie vers un monde décarboné. Tous les acteurs devront relever leurs ambitions pour éviter que le réchauffement global ne dépasse 2°C, seuil convenu au-delà duquel le changement climatique serait catastrophique. Au-delà de cet objectif, un avenir sobre en carbone présente aussi d’autres avantages, en termes de santé, de coût et de développement durable.

©REUTERS/Kyodo Kyodo

Cinq ans jour pour jour, un violent tremblement de terre d’une magnitude 9 sur l’échelle de Richter frappait l’est du Japon, avec pour conséquence une crise humanitaire et environnementale de grande ampleur. Le tsunami provoqué par ce phénomène sismique a dévasté l’intérieur des terres sur une dizaine de kilomètres et provoqué un accident nucléaire à la centrale de Fukushima. 

©AHMED MUHAMMED ALI / ANADOLU AGENCY / AFP

«La perte de Kenji Goto nous affecte d’autant plus que son épouse a travaillé à l’OCDE entre 2008 et 2012. Nos pensées, notre sympathie et nos prières les accompagnent, elle et ses filles, dans ce moment difficile.»

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Comparé aux autres pays de l’OCDE, le Japon obtient de bons résultats dans plusieurs des 11 dimensions du bien-être retenues par l’OCDE. Comment va la vie ? montre qu’en moyenne, les ménages japonais ont été moins affectés par la crise que ceux des autres pays de l’OCDE. Entre 2007 et 2011, le Japon a enregistré une hausse cumulée du revenu disponible des ménages, en termes réels, d’environ 4 %, contre une baisse annuelle de 1 % en moyenne dans la la zone euro. Toutefois, les inégalités de revenus (avant taxes et transferts) ont augmenté de 4 % au Japon entre 2007 et 2010, bien au-dessus de la moyenne OCDE estimée à 1,2 %.

©David Rooney

Dans tous les pays, il est difficile de concilier activité professionnelle et vie de famille, mais cela est d’autant plus vrai au Japon. Encore plus qu’ailleurs dans l’OCDE, les Japonais et les Japonaises doivent choisir entre famille et travail. Les hommes choisissent le travail, les femmes moins, mais dans l’ensemble, les naissances sont rares et l’emploi des femmes est trop faible. Ces défaillances sont de plus en plus importantes et doivent être redressées.

©Yuya Shino/Reuters

Il est difficile d’accroître la capacité des aéroports des grandes métropoles, le Japon en est un bon exemple. Quelque 33 millions (26 % de la population totale) et 17 millions de personnes (13 %) vivent respectivement dans les agglomérations de Tokyo et d’Osaka. Selon certaines sources, l’aire urbaine de Tokyo-Yokohama est la plus grande au monde, et celle d’Osaka-Kobe-Kyoto, la 12e.

Selon Tax Justice Network, entre 21 000 et 32 000 milliards de dollars sont cachés à l’étranger, soit la somme des PIB des États-Unis et du Japon. Ce chiffre ne prend en compte que les paradis fiscaux, pas la fraude fiscale ni les autres formes d’évasion fiscale. Selon l’OCDE, il est possible de s’attaquer au problème, notamment grâce à la transmission régulière et systématique au pays de résidence de l’essentiel des renseignements sur les contribuables collectés par le pays source, sur plusieurs types de revenus (dividendes, intérêts, redevances, traitements, pensions, etc.). Cet « échange automatique de renseignements » semble fonctionner : le Danemark a ainsi rappelé leurs revenus étranger à 440 de ses citoyens par l’envoi d’une lettre leur annonçant que l’administration avait reçu ce type d’information de l’étranger.

©Brendan McDermid/Reuters

Quand la pire crise depuis plus de 50 ans a frappé les pays de l’OCDE en 2008, les citoyens ont légitimement demandé pourquoi ils n’avaient pas été prévenus. En effet, le monde de l’information ne manque pas d’économistes, d’opérateurs de marché internationaux et d’experts scrutant les marchés, et des organisations internationales comme l’OCDE ou le FMI sont chargées de ce que l’on appelle la surveillance économique. Pourtant, comme l’ancien économiste en chef de l’OCDE Klaus Schmidt-Hebbel l’a écrit dans L’Observateur de l’OCDE (n° 270-271, décembre 2008-janvier 2009), la faillite de Lehman Brothers a pris les économistes et les opérateurs totalement au dépourvu. Pourquoi n’ont-ils rien vu venir ?

Kaori Miyamoto

Bonjour, je m’appelle Kaori Miyamoto et je suis analyste politique senior à la Direction de la coopération pour le développement. Je mène actuellement des recherches sur les politiques permettant de mobiliser des investissements privés en faveur des pays en développement. J’ai rejoint l’OCDE en 1998, après avoir travaillé à la Banque mondiale à Washington, DC. Avec 16 ans à mon actif, je suis le membre du personnel japonais le plus ancien.

Bien que née à Osaka, j’ai grandi et vécu dans de nombreux pays, notamment le Royaume-Uni, les États-Unis, le Sri Lanka et la Thaïlande. J’ai également travaillé dans quelques pays africains, c’est pourquoi je me sens à l’aise dans l’environnement multiculturel de l’OCDE. J’attache également beaucoup de valeur au partage des connaissances et à l’établissement de normes dans des domaines tels que la santé, l’éducation, l’emploi, la fiscalité, les retraites, l’égalité hommes-femmes, la consommation, et bien d’autres.

Je crois que nos pays ainsi que d’autres économies mondiales peuvent apprendre les uns des autres et améliorer leurs politiques nationales. Je pense réellement qu’en permettant une coopération et un dialogue ouverts et francs, cette organisation aide non seulement à améliorer la vie des gens, mais contribue également à la paix et à la stabilité. En d’autres mots, notre travail peut améliorer le bien-être et, espérons-le, empêcher l’éclosion d’une nouvelle guerre mondiale.

Seiichiro Noboru Droits réservés

Entendre que le Japon est membre de l’OCDE depuis 50 ans provoque en moi une profonde émotion. Au cours de ce demi-siècle, j’ai travaillé pour la Représentation permanente du Japon auprès de l’OCDE à deux reprises, soit six ans et demi au total, et l’économie du pays a connu à la fois la croissance et la stagnation. Au cours des 30 premières années, le Japon a beaucoup appris de l’OCDE, et son économie s’est considérablement développée. Le pays a stagné les 20 années suivantes, bénéficiant moins des travaux de l’Organisation. L’OCDE reste à ce jour l’instance internationale la plus importante en ce qui concerne les problématiques économiques et sociales, et le plus grand groupe de réflexion au monde. C’est pourquoi le Japon, tout comme le reste du monde, aurait tort de ne pas l’exploiter pleinement.

©Reuters

Les échanges ont toujours été un pilier de l’économie japonaise, mais une intégration aux marchés mondiaux plus poussée stimulerait la croissance à long terme.

©David Rooney

Après deux décennies de morosité, la reprise est sans doute en cours. Cette fois, elle pourrait être soutenue.

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En 2013, l’aide au développement a augmenté de 6,1 % en termes réels pour atteindre un record, malgré les pressions subies par les budgets des pays de la zone OCDE avec la crise. Les donneurs ont fourni un total de 134,8 milliards de dollars en aide publique au développement (APD) nette, ce qui marque un rebond après deux ans de baisse en volume. L’aide aux pays en développement a régulièrement augmenté dans la décennie 2000, mais a chuté en 2011-12 avec les mesures d’austérité.

Le développement est au cœur de la mission de l’OCDE, et le Japon a toujours été au cœur des efforts de développement déployés par l’OCDE.

Il est essentiel, pour l’OCDE, de renforcer ses liens avec l’Asie de l’Est et du Sud-Est.

©Ministère des Affaires étrangères, Japon

En 1964, le Japon rejoignait l’OCDE et accueillait les Jeux olympiques d’été à Tokyo. Son adhésion à l’Organisation est significative, pour trois raisons principales. La première est historique : cette adhésion, après la signature du Traité de San Francisco en 1951 et l’admission du pays au GATT en 1955, témoignait de sa conversion réussie en une économie totalement industrialisée.

Nous célébrons cette année le cinquantenaire de l’adhésion du Japon à l’OCDE. Le Japon a été le premier pays asiatique à rejoindre notre Organisation le 28 avril 1964, marquant ainsi une étape très importante.

Shinzo Abe, Premier ministre du Japon

L’année  1964,  il  y  a  exactement  50  ans,  a  été  marquée  par deux événements symbolisant l’achèvement de la période de redressement du Japon après la Seconde Guerre mondiale. L’un était – pour la première fois en Asie – la tenue des Jeux olympiques et paralympiques à Tokyo, l’autre l’adhésion à l’OCDE du Japon, premier pays d’Asie à en devenir membre. Le titre d’un quotidien,

« Le Japon entre enfin dans la cour des grands », montrait à quel point l’adhésion à l’OCDE était emblématique de l’accession du Japon au statut de pays développé.

Reuters

Attention aux inégalités –

Selon un rapport de l’OCDE, les inégalités de revenus et les divisions sociales pourraient se creuser encore, faute d’une mobilisation urgente des pouvoirs publics en faveur des plus vulnérables. Dans de nombreux pays, la gestion des retombées sociales de la crise se heurte à des contraintes budgétaires, et met sous tension les dépenses publiques liées au handicap, à la famille et au chômage (celles-ci ont augmenté dès le début de la crise). Les politiques sociales ont aidé nombre d’individus, mais en ont laissé d’autres sans protection ou presque.

©OCDE

L’année 1964 a été riche en événements mémorables dans le Japon d’après-guerre. Je n’étais alors qu’un écolier de 10 ans, mais je revois encore l’animation qui régnait dans les rues lors de la mise en service du train à grande vitesse Shinkansen (une quinzaine d’années avant le TGV français) et des Jeux olympiques de Tokyo, tandis que nos vies étaient placées sous le signe du progrès, abstraction faite de l’odeur nauséabonde des gaz d’échappement et du vacarme de la circulation. C’est aussi l’année où le Japon d’après-guerre a été pleinement reconnu en tant que membre important de la communauté internationale. Il a ratifié l’article 8 du FMI, accueilli pour la première fois l’Assemblée annuelle du Fonds monétaire international et du Groupe de la Banque mondiale, et enfin achevé le processus d’adhésion à l’OCDE. Or, à ce moment-là, le PIB par habitant du Japon ne représentait qu’un quart de celui des États-Unis, et deux tiers de celui de l’Argentine. On peut donc considérer que son admission à l’OCDE (le Japon fut le premier pays membre en dehors des continents européen et américain) était davantage due à une volonté de le considérer comme un partenaire à la hauteur des débats plutôt qu’à sa prospérité économique.

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Aujourd’hui, le Japon est l’une des premières économies mondiales, membre du G7 et pays le plus développé d’Asie. Mais en 1964, la situation était bien différente. C’est l’année où le Japon est devenu membre de l’OCDE, a accueilli les premiers Jeux olympiques d’Asie et inauguré son train à grande vitesse. À l’époque, le PIB par habitant était d’environ 8 000 dollars (en prix de 2005), soit moins de la moitié de celui des États-Unis.

Toutes les publications sont disponibles sur www.oecd.org/librairie et www.OECD-iLibrary.org

©David Rooney

Pour rester parmi les plus modernes et productives du monde, les industries japonaises ont besoin d’accéder aux connaissances, à la technologie, aux compétences et aux ressources d’autres pays.

Carlos Ghosn, patron de Nissan ©Reuters

Des dirigeants étrangers commencent à marquer de leur empreinte quelques grandes entreprises japonaises, mais le reste du pays suivra-t-il ? Le changement pourrait passer par l’éducation.

©Reuters

Le Japon est peut-être à l’orée d’une nouvelle vague d’entrepreneuriat « cool », qui pourrait faire des industries créatives du pays une nouvelle source de croissance.

Angel Gurria ©Reuters

Pour la liste complète des discours et allocutions en français, anglais et autres langues, voir www.oecd.org/fr/presse/discoursdusecretairegeneral

Kumiharu Shigehara

Le Japon et l’OCDE ont fait des efforts pour apprendre à se connaître au cours des 50 dernières années.

©Iain Masterton/Alamy

L’architecture japonaise est depuis longtemps le reflet de l’influence et du développement du Japon. Cette influence a de beaux jours devant elle.

Yuko Sakurai appartient à cette nouvelle génération « mondiale » de peintres japonais de talent. Née à Tsuyama en 1970, Yuko Sakurai a vécu en Amérique du Nord et en Europe avant de s’installer à Paris. Sa peinture chaleureuse, riche, presque tactile, a reçu un accueil enthousiaste dans plusieurs grandes métropoles et a été exposée lors de la célèbre Biennale de Venise en 2011. Yuko Sakurai incarne un Japon détendu, aux influences enrichissantes, au sein d’un village mondial en pleine évolution. Dans cet entretien, elle livre quelques-unes de ses réflexions.

Ouvriers ©AFP

L’adhésion du Japon à l’OCDE a marqué son entrée dansle club des pays développés. En 1964, le Japon connaissait une croissance économique fulgurante, et l’objectif des autorités était de rattraper, puis de dépasser les États-Unis et l’Europe. En octobre de la même année, Tokyo a accueilli les premiers Jeux olympiques organisés en Asie et quatre ans plus tard, en 1968, le PNB japonais dépassait celui de l’Allemagne de l’Ouest, faisant du Japon une puissance économique de premier plan, devancée uniquement par les États-Unis.

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