©Andrew Biraj/Reuters

Alors que les dirigeants du G20 observent, désemparés, une économie mondiale alliant croissance faible, chômage élevé et creusement des inégalités, ils devraient se répéter que cette réalité n’est pas une fatalité. Le FMI, revoyant à la baisse ses prévisions de croissance, a admis que la reprise était trop lente et fragile, tout en reconnaissant le problème des inégalités de revenus. L’OCDE, dans son rapport sur les Nouvelles approches face aux défis économiques (NAEC) et dans son édition 2014 des Perspectives de l’emploi, constate que l’aggravation des inégalités affecte la croissance économique et la cohésion sociale, sapant la confiance dans les marchés et les institutions.

©Kieran Doherty/Reuters

Le temps passe, inexorablement. Six ans après le début de la crise financière mondiale, l’emploi reste, dans de nombreux pays, largement en deçà du niveau observé avant 2008. Même les personnes ayant conservé un emploi ont vu leurs conditions de travail se dégrader. Nous déplorions une reprise sans création d’emplois, il apparaît maintenant que la croissance pourrait être en train de s’éroder dans plusieurs pays. Chacun se sent vulnérable face aux réductions de personnel, à la baisse des salaires, à la contraction de l’activité et à l’insécurité, ainsi qu’à la nécessité de simplement joindre les deux bouts.

Andre Dobroskok/Licence accordée à Shutterstock.com

L’économie mondiale subit encore les conséquences de la plus longue crise de l’histoire moderne, et cela se voit avant tout dans les chiffres du chômage. Plus de 100 millions de personnes sont sans travail dans les pays du G20, et les taux de chômage atteignent des records historiques dans certains pays. Chômage de longue durée, chômage des jeunes et faible taux d’activité des femmes représentent des défis particuliers.

Le bilan des multinationales en matière environnementale, sociale et de gouvernance s’améliore-t-il ? On peut être optimiste, mais il reste beaucoup à faire. 

Les décombres de l'atelier bangladais, avril 2013 ©Andrew Biraj/Reuters

Le 24 avril 2013, le Rana Plaza, bâtiment commercial et atelier de confection de Dacca au Bangladesh, s’effondrait, faisant 1 130 morts et des milliers de blessés. Le choc a été mondial. Comment cela a-t-il pu arriver ? Qui était responsable ? Si le bâtiment n’était pas adapté à cette activité, pourquoi l’abritait-il ? Comment empêcher une telle catastrophe à l’avenir ? 

Lilianne Ploumen, ministre du Commmerce extérieur et de la Coopération pour le développement, Pays-Bas Gouvernement des Pays-Bas

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) a cessé d’être un simple concept  vendeur à la mode pour irriguer les activités commerciales des entreprises du monde  entier. Du « triple résultat » aux indices boursiers récompensant les pratiques sociales et  environnementales responsables, les valeurs des entreprises se calquent toujours plus sur  celles de la RSE. Qu’en est-il dans les chaînes logistiques ? Comment les multinationales  en particulier peuvent-elles être sûres que leurs fournisseurs dans les pays pauvres ne  jouent pas avec des vies humaines ni avec l’environnement ? L’effondrement du Rana  Plaza — qui abritait des ateliers de confection fournisseurs de grandes marques — au  Bangladesh en 2013 et son lourd bilan humain sont venus rappeler de manière tragique  qu’il reste beaucoup à faire pour que la RSE prenne tout son sens.

Pour cette table ronde de L’Observateur de l’OCDE, nous avons demandé aux  représentants de différentes parties prenantes (gouvernements, entreprises, syndicats  et société civile) de répondre aux questions suivantes : « Comment encouragez-vous une conduite responsable des entreprises ? Que faut-il faire selon vous pour renforcer la responsabilité sociale des entreprises à  l’échelle mondiale ? »

©Table ronde de L’Observateur de l’OCDE n° 12 

L’effondrement du Rana Plaza à Dacca, tuant plus d’un millier d’ouvriers, n’a pas été qu’un drame humain. Au Bangladesh, le secteur de l’habillement occupe une place considérable, tant au niveau économique que social. Il est donc d’autant plus important de faire face aux conséquences de cette tragédie. 

L’OIT estime qu’au moins 2,45 millions de personnes dans le monde sont actuellement victimes d’exploitation au travail, et qu’en outre 1,2 million font l’objet d’un trafi c d’êtres humains chaque année, tant au niveau international que dans leur propre pays. Parmi elles, 80 % sont des femmes et des fi lles, selon l’ONU. 

© REUTERS/Andrea Comas

Peu de pays ont aussi durement souffert du chômage des jeunes que l’Espagne. Le taux de chômage des moins de 25 ans y a dépassé 50 % en 2012, près de trois fois la moyenne de l’OCDE. Toutefois, la crise n’en est pas la seule responsable. En réalité, cette situation ne date pas d’hier.

©Blend images/Alamy

Lorsqu’ils ont créé Google, Larry Page et Sergey Brin étaient de jeunes doctorants. Richard Branson, patron de Virgin, a débuté dans les affaires à l’adolescence, en vendant des disques. Ces noms célèbres font partie d’une longue liste de jeunes entrepreneurs ayant réussi, laquelle comporte également les fondateurs de Facebook, e-Bay ou Free.

Les politiques en faveur des jeunes sont déterminantes pour bâtir une société plus forte, plus juste et plus saine après la crise.

La Nouvelle frontière de la performance

En contribuant à mettre en lumière l’importance du « vivre mieux » comme élément incontournable du progrès des sociétés, l’OCDE a considérablement œuvré au cours des dernières années pour faire rayonner un courant de pensée qui place le bien-être des individus au cœur du développement économique. Après avoir abordé la question de la croissance et des gains de productivité, et après avoir reconnu la question du passif environnemental de notre activité économique, il est temps en effet d’avancer sur un sujet tout aussi crucial : celui d’une économie plus humaine.

La crise que nous traversons témoigne des limites de notre modèle.

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©André Faber

Pour un marché du travail inclusif

En période de crise économique et de chômage chronique, on oublie facilement que le marché du travail va subir les effets à long terme d’une bombe à retardement : le péril démographique, engendré par le recul des naissances et le vieillissement des populations dans les pays développés. À l’avenir, le grand défi en matière d’emploi ne sera pas l’excédent, mais la pénurie de travailleurs qualifiés.

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©Guri Dahl/Scanpix–Office of the Prime Minister

Répondre aux défis

Comment renforcer l’emploi et la cohésion sociale ? Le Premier ministre norvégien estime que des actions urgentes sont nécessaires pour éviter l’exclusion du marché du travail de toute une génération de jeunes. Il faut également s’attaquer à la question de la répartition des revenus...

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©Reuters/Eddie Keogh

L’éducation pour tous

Les jeunes des milieux modestes sont cruellement sous-représentés dans l’enseignement supérieur. Cela les expose non seulement leur vie durant à des salaires inférieurs, mais cela fragilise en outre les fondements de la croissance économique. Que faire ?

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©Mario Tama/Getty Images/AFP

Donner leur chance aux jeunes

Les jeunes sont exclus de la vie économique à cause du chômage et des obstacles à la création d’entreprise. Libérer l’énergie, l’esprit d’entreprise et le génie technologique des jeunes n’est pas qu’un impératif moral, c’est une nécessité économique.

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Les pertes d’emploi sont coûteuses pour les individus comme pour la société. Les difficultés financières peuvent se traduire par exemple par des problèmes de santé et de criminalité. Les indemnités de chômage, l’aide à la recherche d’emploi et la formation peuvent contribuer à amoindrir l’impact personnel de la perte d’emploi, mais peuvent être coûteuses. En conséquence, les gouvernements cherchent également à protéger les salariés en amont contre la perte de leur emploi.

©Mike Segar/Reuters

Dans les menaces relayées par les tabloïds, les immigrés occupent une place de choix. Parcourez les pages ou les commentaires en ligne des journaux les plus virulents, et vous verrez les immigrés accusés de voler des emplois, ou encore de fuir le travail et de « vivre aux crochets de l’État ».

D’autres voies sont possibles ©Christopher Furlong/Getty Images/AFP

De plus en plus de décideurs s’intéressent à l’apprentissage comme moyen de renforcer le marché du travail et d’améliorer les perspectives d’emploi des jeunes. Mais toutes les formes d’apprentissage ne se valent pas.

Vous brossez un portrait positif de la situation économique de la Turquie en termes de croissance du PIB et d’emploi (L’Observateur de l’OCDE n° 290-91, T1-T2 2012). Mais votre expert déclare que, pour l’avenir de l’économie turque, « la réforme du marché du travail est primordiale, notamment pour réorienter les ressources du secteur informel vers l’économie formelle : les contrats de travail doivent être assouplis et la fixation du salaire minimum décentralisée ».

Au cours des 50 prochaines années, l’espérance de vie à la naissance dans les pays développés devrait augmenter de plus de sept ans. Cette évolution réjouissante pèsera néanmoins sur les systèmes de retraite, contraignant les gouvernements à relever progressivement l’âge de départ en retraite. Telle est l’une des conclusions clés du nouveau rapport de l’OCDE, Perspectives sur les pensions 2012 (version française à paraître).

©Larry Downing/Reuters

Alors que les États-Unis sortent de la récession la plus profonde qu’ils aient connue depuis la Grande dépression, il est indispensable de prendre les mesures qui conduiront non seulement à la reprise, mais aussi à une croissance économique plus solide, accompagnée d’une progression de l’emploi et de gains de revenu largement partagés.

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Il y a vingt ans, les économistes applaudissaient l’Espagne, nouvelle étoile montante. Cependant, en termes de productivité, ce pays n’a jamais vraiment réalisé son potentiel. Pourquoi ?

©Rune Kongsro

La féminisation de la main-d’œuvre a un  impact décisif sur les résultats d’un pays,  comme le démontre la Norvège.

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… Connaît bien la crise, contrairement au refrain de la célèbre chanson de feu Alain Bashung. C’est en tout cas ce qui ressort du Financement des PME et des entrepreneurs : Tableau de bord de l’OCDE, un rapport inédit couvrant 18 pays, dont le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Suède.

©Reuters/Luke MacGregor

La concurrence mondiale et la crise financière internationale accentuent les pressions pesant sur les programmes éducatifs de nombreux pays. Des approches radicalement nouvelles de l’apprentissage sont désormais nécessaires.

OCDE/Hervé Cortinat

Voici les conclusions adoptées lors de la Réunion du Conseil au niveau des ministres, le 24 mai 2012. Le Résumé de la présidence et d’autres informations sur la réunion sont disponibles sur www.oecd.org/rcm

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« Travailler plus pour gagner plus » préconisait l’ancien Président français Nicolas Sarkozy durant la campagne électorale de 2007. Mais le surplus de travail améliore-t-il la situation économique ? Pas nécessairement.

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