Les moteurs de l’innovation et du développement

Ministre de l’Industrie et du Commerce de la République de Turquie et président de la deuxième conférence ministérielle de l’OCDE sur les PME

La Turquie est pleinement consciente du potentiel que représentent les petites et moyennes entreprises (PME) pour la croissance et le développement, d’autant qu’elles constituent, comme dans la plupart des autres pays, la forme d’organisation dominante. Représentant plus de 95 % des entreprises turques, elles jouent un rôle moteur essentiel en termes de croissance économique durable et de création d’emplois.

Étant donné le grand nombre de PME en Turquie et le fait qu’elles emploient une large partie de la population active, les pouvoirs publics turcs ont mis en place depuis plusieurs années un large éventail de programmes et de mesures afin de favoriser leur développement. Le nombre et le champ d’application de ces programmes se sont nettement amplifiés à partir du 1er janvier 1996, date de l’entrée en vigueur de l’union douanière entre l’Union européenne (UE) et la Turquie. Candidate à l’adhésion à l’UE, la Turquie a notamment ratifié la Charte européenne pour les petites entreprises en juin 2002, et elle participe au Programme pluriannuel pour l’entreprise et l’esprit d’entreprise 2001-2005.Nous prenons donc très au sérieux la question de l’avenir des PME. Et, sa participation à la deuxième conférence ministérielle de l’OCDE, qui s’est déroulée à Istanbul du 3 au 5 juin 2004 sur le thème « Promouvoir l’entreprenariat et les PME innovantes dans une économie mondialisée », en témoigne. Organisée conjointement par le ministère de l’Industrie et du Commerce de la Turquie et l’OCDE, cette conférence constitue également une reconnaissance du rôle pilote que joue l’OCDE pour sensibiliser les responsables politiques, par ailleurs fort occupés, aux questions touchant les PME, et ce dans tous les pays.Réunissant des participants des pays de l’OCDE, d’environ57 économies non membres et des représentants d’organisations internationales, la conférence était axée en particulier sur l’entreprenariat et l’innovation. La Turquie avait déjà participé activement à la première conférence ministérielle sur les PME, qui s’était déroulée à Bologne en 2000, en contribuant à l’adoption de la Charte de Bologne sur les politiques à l’égard de ces mêmes entreprises.Susceptibles d’être les premières affectées par les changements économiques et politiques, les PME sont très sensibles aux évolutions de leur environnement. C’est pourquoi le ministère de l’Industrie et du Commerce de la Turquie a créé la KOSGEB (Organisation de développement de la petite et moyenne industrie) en 1973. Elle a pour objectif d’aider les PME à accroître leur part dans l’économie turque, de moderniser leurs structures et, plus généralement, de favoriser leur intégration dans l’industrie nationale.Le profil moyen des PME turques diffère sensiblement de celui de la plupart des pays européens de l’OCDE. Elles ont, certes – comme presque partout ailleurs – des difficultés à trouver des financements, mais il n’en reste pas moins que leurs effectifs et leurs chiffres d’affaires sont beaucoup plus faibles. De plus, la part du secteur agricole turc et le niveau de la population rurale employée par l’agriculture sont, en moyenne, plus élevés que dans la zone OCDE. Toutefois, cette situation évolue rapidement en raison d’une urbanisation croissante, qui se rapproche de la moyenne des autres pays développés.Le huitième Plan quinquennal de développement constitue le principal document qui régit actuellement l’action des pouvoirs publics vis-à-vis des PME. La stratégie poursuivie, tout comme les politiques envisagées dans le cadre du Programme national d’adhésion à l’UE, vise à accroître l’efficience des PME, leur apport en termes de valeur ajoutée, ainsi que leur compétitivité internationale. À l’heure actuelle, les pouvoirs publics mettent au point des politiques et des programmes dont l’objectif est de permettre aux PME d’évoluer dans un environnement plus propice à l’investissement. Tout en identifiant les domaines d’intervention de l’État et ses responsabilités en termes de régulation du marché, ils élaborent également des recommandations visant à définir le rôle du secteur privé et à renforcer l’efficacité de ces politiques et programmes.Les PME turques rencontrent de nombreux problèmes lorsqu’elles s’efforcent de se développer et d’améliorer leur compétitivité internationale. Elles doivent tout d’abord faire face à l’insuffisance du savoir-faire et le faible niveau technologique, l’environnement financier défavorable, et enfin le niveau insuffisant de formationPour résoudre ces problèmes, nous avons lancé, en 2003, un programme d’action qui vise à accroître la valeur ajoutée, la capacité concurrentielle et le niveau technologique des PME. Il les aidera également à accéder aux marchés internationaux et à créer leurs propres marques. Grâce à ce processus, le nombre d’instruments de soutien de la KOSGEB est passé de 8 à 38. Les lourdes procédures bureaucratiques de candidature ont été simplifiées. Le montant des aides destinées aux PME opérant dans des régions moins développées a augmenté beaucoup plus que celui des aides distribuées dans les régions plus avancées.Ce dispositif a été complété par une autre série de mesures : création de quelque 12 zones de développement technologique et technoparcs en vue d’encourager la coopération entre les universités et l’industrie ; développement des échanges entre PME dans le but de renforcer leur situation financière et, enfin, établissement de sociétés de capital-risque, chargées de soutenir les jeunes entrepreneurs.Considérées isolément, ces initiatives peuvent sembler modestes mais, prises globalement, elles ont un impact considérable. Nous nous réjouissons de l’occasion qui nous a été donnée de partager les leçons tirées de nos expériences avec nos collègues et des experts du monde entier et de découvrir de nouveaux moyens pour améliorer notre action. Vu le potentiel des PME dans nos économies et nos sociétés, notre collaboration sera incontestablement utile.© L’Observateur de l’OCDE, N°243, Mai 2004


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