La situation en Afrique

Les opérations de privatisation sont-elles valables pour des pays qui comptent parmi les plus pauvres de la planète ? Privatisation en Afrique subsaharienne : un état des lieux fait le point sur les progrès de la privatisation en Afrique depuis une dizaine d’années et se penche sur ses réussites et ses échecs en termes de finances publiques, d’efficience économique, de prix et de marchés locaux.

La privatisation des télécommunications au Mali, l’approvisionnement en électricité au Mozambique ou encore des services relatifs à l’eau en Gambie donnent à penser que les efforts de privatisation se sont parfois traduits par un pas en avant et deux en arrière. Une partie du problème tient au fait que les opérations de privatisation sont souvent perçues comme étant préjudiciables aux pauvres du fait de la perte des subventions publiques accordées aux services de base, aussi inefficaces qu’ils puissent être. Qui plus est, si un objectif théorique de la privatisation est d’accroître la productivité, ce qui devrait entraîner une diminution des prix en termes réels et une augmentation de l’emploi et de la croissance, on constate dans la pratique que des emplois ont été supprimés et que les prix ont atteint des niveaux qui sont peut-être faibles au regard des prix internationaux, mais élevés pour la région.La privatisation en Afrique a commencé en Côte d’Ivoire en 1960. Elle s’est considérablement accélérée au cours de la dernière décennie et à la fin des années 1990, la majorité des pays africains avaient reçu une aide de la Banque mondiale au titre de programmes de privatisation. En fait, 67 % de l’ensemble des prêts à l’ajustement ont concerné la réforme des entreprises publiques.Cependant, le produit cumulé des privatisations a représenté seulement US$8 milliards contre US$46 milliards dans les économies en transition durant la même période. En 2002, l’eau, les services de téléphone fixe, les transports ferroviaires, les transports aériens et la distribution de produits pétroliers étaient encore aux mains de l’État dans au moins la moitié des 48 pays subsahariens. Les efforts de privatisation se poursuivent, 2 535 opérations de privatisation ayant eu lieu à ce jour en Afrique subsaharienne et 332 étant en cours en 2002, nombre d’entre elles dans le domaine des services d’utilité publique. Cela annonce de nouvelles hausses brutales des prix mais le niveau des fonds propres pourrait s’améliorer si les investissements progressent.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004


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