Un vert plutôt pâle

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L’aide au développement contribue-t-elle à la protection de l’environnement ? Tel devrait être logiquement le cas, d’autant qu’un environnement durable constitue l’un des Objectifs du millénaire pour le développement que les gouvernements ont réaffirmé, en 2002, dans le cadre du Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg.

Pour assurer un environnement durable, il faudra relever un formidable défi car cela signifie s’attaquer à des problèmes comme le reboisement, la biodiversité, la gestion des ressources, la misère urbaine, l’assainissement et le réchauffement planétaire. Dans cette optique, l’intégration des principes du développement durable dans tout un éventail de politiques nationales revêt une importance primordiale.Chaque année, les pays membres du Comité d’aide au développement de l’OCDE (DAC) octroient près de US$6 milliards d’aide publique au développement (APD) bilatérale à des fins environnementales. Le suivi de cette aide peut être délicat car les systèmes de notification sont susceptibles de changer d’une année sur l’autre. Cela dit, on estime que, sur ce montant, environ US$3 milliards sont affectés à des projets dont l’objectif « principal » est environnemental, telle la création de réserves naturelles pour préserver la biodiversité ou la modernisation de centrales électriques pour les rendre plus « propres ». Le reste est affecté à des projets dans lesquels l’environnement joue un rôle « significatif » mais non principal. Il peut s’agir, par exemple, de la création d’un laboratoire de recherche au sein d’une université dans le cadre d’un programme plus général, tourné vers l’éducation.Malheureusement, la part de l’APD liée à l’environnement a baissé depuis 2000. Qui plus est, il se peut qu’une activité considérée comme poursuivant des objectifs environnementaux « significatifs » ne soit que partiellement axée sur la viabilité écologique alors que l’intégralité des fonds affectés à cette activité sera comptabilisée. Autre problème : l’aide sectorielle destinée à l’éducation, la santé, l’industrie, l’agriculture, etc., représente quelque 65 % à 70 % de l’APD bilatérale totale, soit environ US$30 milliards, le reste étant constitué d’allégements de dette et d’autres apports. Or, on ne dispose d’informations détaillées sur les objectifs environnementaux que pour la moitié de cette somme.Du côté positif, il faut tout de même souligner que l’APD destinée aux projets dont l’objectif principal est environnemental a légèrement progressé entre 2001 et 2002, passant de US$2,4 milliards à US$2,5 milliards. Néanmoins, ce niveau reste inférieur de plus de 40 % à celui de 2000. L’inversion de cette tendance à la baisse doit devenir une priorité si l’on veut atteindre les objectifs internationaux. Les Lignes directrices du CAD, énoncées dans Les Stratégies de développement durable visent à encourager une évolution dans ce sens.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004


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