Bioadversité

Les campagnes en faveur de l’environnement n’accordent pas à la « biodiversité » la place qui devrait normalement lui revenir. La raison pourrait en être la connotation positive attachée au terme.

L’opinion publique se sent, de ce fait, moins concernée que lorsqu’on lui parle de pollution, réchauffement planétaire, déchets dangereux ou appauvrissement de la couche d’ozone, thèmes qui fleurissent dans les journaux et qui arrivent, semble-t-il, en tête des préoccupations des citoyens. Il ne faudrait pas, pour autant, sous-estimer les conséquences de la réduction de la biodiversité sur notre planète.Il est difficile d’évaluer de manière précise l’ampleur que prend l’extinction des espèces. Cela dit, la déforestation, la désertification ou la surexploitation des ressources provoquent, chaque jour, la disparition de 137 espèces au minimum. L’homme est responsable, chaque année, de la suppression de 12 millions d’hectares de forêt tropicale ombrophile. Selon les Perspectives de l’environnement de l’OCDE, dans la seule Asie du Sud-Est, une superficie forestière équivalant à celle de la Suisse disparaîtrait chaque année.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004 Si l’extinction du papillon Xerces bleu ou du charençon Fort Ross n’affecte qu’un petit nombre d’entre nous, la disparition de l’habitat de l’emblématique éléphant d’Afrique et d’Asie ne peut passer inaperçue. L’influence d’un seul éléphant sur le milieu est considérable, un éléphant consommant, en moyenne, entre 150 et 300 kg de végétaux et 200 litres d’eau par jour. De plus, l’éléphant sauvage déracine et éparpille autant de végétaux qu’il en mange et, ce faisant, disperse des graines et de la nourriture dont des herbivores plus petits profiteront. Par ailleurs, il ouvre des passages et laisse sur son chemin des bouses riches en éléments nutritifs. La disparition de l’éléphant entraînerait donc celles de toutes les espèces macro et microscopiques qui en dépendent pour leur existence, du modeste mammifère à la feuille minuscule, susceptible de posséder des vertus médicinales encore insoupçonnées.En définitive, au lieu et place du terme biodiversité, il serait plus juste d’employer celui de biodestruction pour désigner le véritable enjeu. En effet, ce sont les activités humaines qui menacent l’équilibre de la biosphère, notre capital naturel, mettant ainsi en péril notre avenir à tous.


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016