Construire la société du savoir

L’éducation revêt aujourd’hui, dans tous les pays membres de l’OCDE, une importance majeure. La quête incessante de l’avantage concurrentiel dans une économie du savoir mondialisée a conduit les responsables de l’action gouvernementale à en faire un facteur clé du renforcement de la compétitivité, de l’emploi et de la cohésion sociale.

L’éducation revêt aujourd’hui, dans tous les pays membres de l’OCDE, une importance majeure. La quête incessante de l’avantage concurrentiel dans une économie du savoir mondialisée a conduit les responsables de l’action gouvernementale à en faire un facteur clé du renforcement de la compétitivité, de l’emploi et de la cohésion sociale. Cette évolution est une conséquence inévitable de la complexité grandissante de notre économie. En fait, le rythme des changements technologiques dans le monde est tel qu’il nous contraint dans une large mesure à prévoir l’imprévisible. Notre seule certitude est que l’éducation doit être le moteur des transformations à opérer. Faute de quoi nous nous retrouverons tous dans une situation difficile et nous manquerons à nos engagements envers les citoyens de nos pays.Toute la tâche des responsables de la politique de l’éducation consiste à dépasser la tendance au cloisonnement de l’action gouvernementale. Nous devons tenir compte des points de rencontre entre les différentes politiques ayant des effets sur les apprenants de tous âges, tout en restant attentifs aux initiatives et innovations positives qui se produisent dans d’autres domaines d’action. En clair, nous ne pouvons pas, et nous ne devons pas, ignorer le changement.Quant aux décideurs chargés d’autres secteurs que celui de l’éducation, qui peuvent être tentés d’appréhender celle-ci dans une optique purement économique, il leur faut admettre que son but est avant tout de donner à chacun les moyens d’exploiter pleinement ses capacités, aussi bien en tant qu’individu que comme membre de la collectivité. Nous vivons certes désormais dans une société dite du savoir, mais les travailleurs intellectuels ne sont évidemment pas seuls à la construire. Loin s’en faut. Outre les compétences requises en matière technologique, le développement de la créativité, de l’esprit de tolérance, du respect de la diversité et des aptitudes sociales, font partie intégrante de tout système éducatif de qualité.L’Irlande exerce actuellement la présidence de l’Union européenne. Or, je me suis laissé dire par mes collègues des autres États membres et des pays candidats à l’adhésion, que l’un des défis majeurs que les responsables de la politique de l’éducation devront relever d’ici 10 ans consiste précisément à trouver un juste équilibre entre les besoins de l’économie et les objectifs sociaux plus généraux des systèmes d’enseignement. C’est cette imbrication du rôle économique et de la vocation sociale de l’enseignement qui ressort dans le thème que nous avons retenu pour le volet de la présidence irlandaise de l’Union européenne relatif à l’éducation, à savoir la construction d’une Europe compétitive et sans exclus.Cette évolution a pour corollaire la transformation de l’éducation en un bien marchand. Chaque jour, les apprenants ont à choisir entre différents programmes d’enseignement qui leur seront dispensés hors des frontières nationales par des prestataires très divers, souvent à l’aide de supports technologiques. Ce phénomène a des conséquences fondamentales sur la reconnaissance mutuelle des diplômes, l’assurance de la qualité et l’homologation des formations. Le monde bouge, il ne va pas rester tranquillement à attendre que les responsables du secteur de l’éducation aient décidé de la meilleure voie à suivre.L’OCDE continue d’apporter dans ce domaine une contribution déterminante aux responsables de l’élaboration des politiques. Elle s’attache depuis de nombreuses années à réaliser des études de qualité qui donnent lieu à des discussions collectives et des analyses à visée politique qui lui valent un immense capital de respect et de confiance auprès du public. En Irlande, les ouvrages qu’elle publie sont attendus avec beaucoup d’impatience et connaissent toujours un grand retentissement dans la presse nationale. Je sais qu’il en est de même dans bien d’autres pays. En créant, récemment, une Direction de l’éducation distincte, l’OCDE a encore souligné la contribution essentielle que l’enseignement apporte aujourd’hui au développement économique et social. Peu après la mise en place de cette instance, l’Irlande a accueilli la première réunion des hauts responsables de l’éducation, en vue de débattre du rôle de celle-ci dans le contexte des pays de l’OCDE. J’assure la présidence de la réunion des ministres de l’Éducation des pays de l’OCDE à Dublin, dont le thème principal est l’amélioration de la qualité de l’enseignement pour tous. Liée au programme d’activités que nous avons défini dans le cadre de la présidence irlandaise de l’Union européenne, cette manifestation souligne le caractère très étroit des relations de travail que la Commission européenne entretient aujourd’hui avec l’OCDE dans le domaine de l’éducation. L’Irlande appuie avec beaucoup de vigueur le renforcement des liens entre les deux organisations, qui nous paraît essentiel pour relever les immenses défis auxquels l’enseignement va être confronté.La société du savoir en est encore à ses balbutiements. Aussi l’attention que portent toutes les parties concernées à l’enseignement ne fera-t-elle que croître au cours des années à venir. Les responsables de la politique de l’éducation auront la délicate mission de mettre en place des systèmes d’enseignement capables de favoriser durablement le bien-être économique sans perdre de vue les conséquences sociales plus générales qui en découlent. La meilleure façon de parvenir à cet équilibre est d’examiner ces questions en commun, de resserrer les liens entre l’OCDE et d’autres organisations et de continuer à privilégier fortement l’action fondée sur la recherche.* Cet article a été écrit à la veille de la réunion des ministres de l’éducation des pays de l’OCDE qui s’est tenue à Dublin le 19 mars 2004. La réunion avait pour thème « Améliorer la qualité de l’enseignement pour tous ». Elle était précédée, le 18 mars, d’un Forum sur l’éducation et la cohésion sociale.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004


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