Ouvrir la voie

Secrétaire général de l’OCDE

Le calendrier politique mondial en 2004 ne semble guère spectaculaire, comparé à celui des toutes dernières années. Pas de sommet de Monterrey, pas de Johannesburg, ni de Cancún en perspective, pas de conférences sur l’eau ou la société de l’information non plus. Pourtant, il faut se méfier de l’eau qui dort. En fait, c’est précisément à l’heure où il faut agir que nos dirigeants politiques doivent ouvrir la voie. Nous avons pris des engagements et nous devons travailler dur pour les honorer.

Une prise en main s’impose dans plusieurs domaines fondamentaux de l’action gouvernementale, qu’il s’agisse de l’emploi, des sciences et technologies, de l’éducation, de l’environnement, de la santé ou du commerce international, sans oublier bien sûr l’économie mondiale. Aussi n’est-il pas surprenant que les ministres des pays de l’OCDE aient choisi l’année en cours pour exercer leur rôle de pilotage et faire réellement avancer nos sociétés, grâce aux ressources de notre organisation.Le chômage reste beaucoup trop élevé dans la zone OCDE, les travailleurs relativement âgés, les migrants, les personnes appartenant à des groupes ethniques, les populations aborigènes, les handicapés et les jeunes issus de milieux défavorisés payant à cet égard le plus lourd tribut, sans parler des femmes dont la moitié seulement de celles qui sont en âge de travailler ont un emploi. Et c’est ainsi qu’en septembre 2003, les ministres de l’emploi et du travail des pays de l’OCDE, sous la présidence de François Fillon, alors ministre français des affaires sociales, du travail et de la solidarité, ont sollicité l’Organisation. Ils souhaitaient en effet que nous les aidions à concevoir et mettre en place une stratégie globale pour améliorer la situation de l’emploi sur le plan quantitatif mais aussi qualitatif, notamment par un réexamen de la stratégie de l’OCDE pour l’emploi.Lorsque les ministres de la science de l’OCDE se sont réunis en janvier dernier, sous la présidence du ministre australien de la science, Peter McGauran, ils ont débattu sans détours d’une série de sujets préoccupants et en particulier du désintérêt que manifestent les jeunes pour des études de sciences et d’ingénierie. Là encore, les ministres ont invité l’OCDE à les aider à développer leurs activités dans des domaines comme l’interface sciences-innovation, les ressources humaines affectées à la science et à la technologie, et les biotechnologies.Nous attendons avec grand intérêt la réunion des ministres de l’éducation à Dublin, en mars, où il sera question des moyens d’améliorer la qualité et l’équité des systèmes éducatifs. Comme le montre le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA 2000), certains pays affichent de bonnes performances sur ces deux fronts, mais ce n’est pas le cas de tous. Beaucoup sont confrontés à d’immenses défis, comme la pénurie d’enseignants, une situation sociale difficile et une diversité sans cesse plus grande des populations d’élèves. En avril, ce sera au tour des ministres de l’environnement des pays de l’OCDE de se réunir. Le lancement d’urgence d’une action complémentaire pour mettre en œuvre la stratégie de l’OCDE pour l’environnement figure parmi les points importants inscrits à l’ordre du jour.En mai, se déroulera la toute première réunion des ministres de la santé des pays de l’OCDE, qui sera l’occasion d’examiner les résultats du projet en trois ans de l’OCDE sur la santé. Étant donné l’accroissement rapide des dépenses de santé et que le coût des systèmes de santé semble devoir s’alourdir encore à l’avenir, l’impulsion des responsables politiques sera cette fois aussi nécessaire si l’on veut obtenir de bonnes performances et préserver la qualité. Cette manifestation aura lieu au même moment que la réunion annuelle du conseil de l’OCDE au niveau des ministres qui tâchera d’insuffler un nouvel élan au Programme de Doha pour le développement et de soutenir la reprise de l’économie mondiale. Force vitale pour la santé de l’économie, le secteur des petites et moyennes entreprises est confronté à des défis qui feront l’objet d’une autre grande réunion ministérielle en juin, à Istanbul.J’apprécie beaucoup ces réunions ministérielles, surtout lorsqu’elles portent sur des questions de fond précises ; les participants baignent totalement dans le domaine considéré, connaissent parfaitement les questions traitées, et sont capables de dialoguer et de débattre utilement et en connaissance de cause avec leurs collègues. Plus important, le pilotage politique que ces réunions nécessitent est indispensable pour mettre en œuvre les recommandations pratiques de l’OCDE et pour savoir comment l’Organisation peut aider les gouvernements à l’avenir. Je constate en définitive qu’il y a un domaine absolument fondamental de l’action gouvernementale qui sous-tend toutes nos activités : l’éducation !Bien entendu, l’éducation a toujours joué un rôle primordial dans la réussite économique et le progrès social. Mais dans le monde actuel, elle est déterminante pour que la situation de l’emploi s’améliore qualitativement et quantitativement, pour que les systèmes scientifiques soient efficaces, pour la gestion de l’environnement, pour la médecine préventive et la santé publique, pour que les investissements dans les marchés financiers soient judicieux et profitent des échanges et des investissements multilatéraux.Voilà pourquoi il faut investir massivement et efficacement dans l’éducation. Les Bill Gates de demain pourraient dépérir dans un monde qui ne leur offrirait aucune chance. Avons-nous les moyens de gaspiller ce potentiel ?Cette multitude exceptionnelle de réunions ministérielles, en cours à l’OCDE, arrive à point nommé, d’autant plus que les responsables politiques doivent ouvrir la voie, en nous aidant à appréhender tout cet ensemble complexe d’analyses et de recommandations. Chacune de ces manifestations traitera d’importantes questions auxquelles les sociétés sont confrontées dans la zone OCDE et au-delà. Mais toutes se rattachent à un thème commun – l’éducation.© L’Observateur de l’OCDE, N°242, Mars 2004


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