De l’énergie pour le futur

Pour utile qu’elle soit, la prospective ne nous dit pas combien il nous en coûtera de continuer à faire tourner les moteurs dans le monde. Cette publication est la toute première tentative d’analyse exhaustive des besoins d’investissement futurs, à l’échelle mondiale et à tous les points de la chaîne d’approvisionnement énergétique. Selon le World Energy Investment Outlook Perspectives de l’investissement énergétique mondial), la demande mondiale d’énergie augmentera de deux tiers dans les 30 prochaines années, ce qui exigera US$16 000 milliards d’investissements pour empêcher que l’économie mondiale ne soit ébranlée. Est-il possible de trouver pareil financement ? La libéralisation des marchés a progressivement accru l’exposition des régions vulnérables aux pénuries d’électricité. En particulier, l’investissement privé diminue depuis 1977.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE), organisation représentant les pays les plus gros consommateurs d’énergie du monde, signale que 60 % des investissements futurs dans le domaine énergétique devront être affectés à l’électricité, au lieu de l’être au pétrole ou au gaz. De surcroît, les défaillances récentes des réseaux encouragent à ne pas financer uniquement de nouvelles centrales, mais aussi et surtout la construction de réseaux de transport et de distribution.L’investissement futur profitera aussi au monde défavorisé. Le World Energy Investment Outlook annonce que la croissance prévue des investissements et des approvisionnements permettra de réduire le nombre de personnes privées d’électricité de 1,6 milliard aujourd’hui à 1,4 milliard en 2030. C’est assurément une bonne nouvelle pour les 200 millions de personnes qui seront alors desservies, mais les auteurs font valoir que les gouvernements pourraient, s’ils augmentaient de 7 % seulement les financements alloués à l’électricité, en procurer une fourniture minimum aux 1,4 milliard d’habitants qui en seraient encore dépourvus. Cela supposerait toutefois de mobiliser US$665 milliards de plus dans des régions qui ont déjà le plus grand mal à réunir des capitaux.Dans un scénario différent, le World Energy Investment Outlook montre que la mise en œuvre des politiques d’environnement actuellement envisagées dans les pays de l’OCDE bouleverserait les tendances de l’investissement et réduirait les besoins énergétiques totaux. Dans ce cas de figure, l’investissement dans les installations de transport et de distribution de l’électricité diminuerait de presque 40 % et les énergies renouvelables absorberaient la moitié de l’investissement destiné à la production d’électricité – il en résulterait cependant des prix de l’électricité relativement élevés. En outre, les progrès technologiques concernant, par exemple, la séquestration du carbone et les piles à combustible à l’hydrogène pourraient aussi modifier les perspectives d’investissement à long terme.


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